Tchat : l'anorexie
Ch@t du 8 novembre 2011 Avec les réponses d'Hélène Pennacchio, psychothérapeute et de Didier Perrin, diététicien.
Par La rédaction d'Allo Docteurs
Rédigé le , mis à jour le
Les réponses d'Hélène Pennacchio, psychothérapeute
Pour aider un proche qui souffre d'anorexie, il faut le mettre en confiance. L'obliger à manger ne sert à rien. Ne pas lui parler de son comportement alimentaire déviant pendant les repas, mais hors des repas. Lui demander quel but il veut atteindre par son comportement. Lui poser toute une série de questions qui lui permettra de se rendre compte qu'il fait fausse route.
Oui, il s'agit dans ce cas d'anorexie mentale de forme boulimique.
Les troubles du comportement alimentaire sont nombreux. Il n'y a pas que l'anorexie mentale ou la boulimie. Votre fille souffre peut-être de phobie alimentaire. Il faut consulter votre pédiatre ou un pédo-psychiatre.
Il faut s'en inquiéter à n'importe quel âge. Il faut consulter un spécialiste pour comprendre pourquoi le refus des aliments de telle ou telle couleur. Attention aussi si la suppression de ces aliments entraînent une perte de poids.
La boulimie ne se soigne pas tout seul. il faut consulter un spécialiste. La thérapie cognitive et comportementale donne de bons résultats sur le sevrage des crises de boulimie.
Vous semblez souffrir de compulsions alimentaires. Surtout ne vous faites pas vomir. Vous sombriez alors dans l'enfer de la boulimie. Ce serait pire. Osez aller en parler à un spécialiste. Il n'y a pas honte. Vous ne le faites pas exprès. Il s'agit d'une maladie, dont vous pouvez tout à fait guérir.
Malheureusement personne ne s'en sort seul. En revanche, aidé par des spécialistes, vous pourrez complètement vous en sortir. N'ayez pas honte d'être simplement malade. Vous vous seriez cassé une jambe, vous n'auriez pas honte d'aller vous faire soigner. L'anorexie et la boulimie, c'est pareil. Les spécialistes ont tout vu, tout entendu. Bon courage.
Oui, cela peut être un début d'anorexie, mais ce n'est pas suffisant pour en faire le diagnostic. Votre poids baisse t-il ? Pourriez-vous changer ce comportement alimentaire déviant ?
Je pense qu'il s'agit plutôt d'orthorexie. Consultez le site de l'association Autrement, vous en saurez plus sur cette maladie.
Oui, il faut toujours croire en soi et en sa guérison. Mais ceci seulement si vous êtes encadré par des spécialistes. Vu l'ancienneté de la maladie, il faudrait envisager une hospitalisation dans un service spécialisé, où vous seriez activement pris en charge. N'en ayez pas peur. C'est à votre portée.
8 kg en si peu de temps, je pense que c'est suffisant pour consulter un spécialiste des troubles alimentaires. Il y a peut-être d'autres examens à faire pour comprendre pourquoi vous ne gardez pas vos repas ? Avez-vous la pensée de vouloir maigrir ? Si oui, alors il peut s'agir d'anorexie.
Ne restez pas seule et soyez épaulée par un spécialiste qui vous rassurera.
Oui on peut totalement guérir. Mais souvent la dernière marche est difficile à monter. Il semblerait que chez vous il y ait encore quelques résistances. Peut-être n'avez vous pas bouclé la boucle et libéré toute votre souffrance.
La prise en charge d'un trouble alimentaire est pluridisciplinaire. Il manque, dans votre parcours de soins, la prise en charge nutritionnelle et comportementale.
Celui de l'addiction.
L'anorexie mentale commence toujours par une phase de déni. Malheureusement cette phase peut durer longtemps : 1 ou 2 an. Mais arrivera le jour où elle reconnaîtra qu'elle est malade et acceptera de se faire soigner. Continuez à l'aider comme vous le faites, c'est-à-dire lui parler et lui dire que ça ne va pas, que vous l'aimez et que vous êtes inquiète. Demandez-lui d'aller consulter. Vous ne serez pas entendue aujourd'hui, mais à force de lui dire, elle en prendra acte.
Oui, il existe une autre méthode. Elle consiste à vous poser une sonde nasogastrique. Celle-ci marche très bien dans le sevrage des crises de boulimie. La sonde n'exclut pas pour autant la prise en charge psychothérapeutique. Pour en savoir plus : Association Autrement.
Le retour des règles est physiologique. Il faut atteindre un indice de masse corporel de 18,5 pour qu'elles reviennent. Mais parfois, il faut atteindre 6 mois pour qu'elles se redéclenchent. Si vous ne les retrouvez pas d'ici quelques mois, alors parlez-en à votre médecin.
Votre soeur se sent impuissante, avec le sentiment qu'elle n'a pas la clé pour guérir. Ne la jugez pas. Ne la forcez pas, mais continuez à lui demander d'aller consulter. Dites-lui qu'elle peut téléphoner à une association spécialisée dans les troubles alimentaires. Dites-lui que ça ne l'engage qu'à un coup de fil. Ensuite ce sera à l'association d'essayer de gagner sa confiance et de la mettre dans le circuit de soins.
Non, pas seulement. Associés à la perte de poids, il y a le manque de confiance, la peur du regard de l'autre, voire un état dépressif.
Ce comportement ressemble à un trouble du comportement alimentaire. commencer par aller voir un pédiatre. Si ce n'est pas suffisant, alors voir un pédo-psychiatre.
Non, la guérison c'est autre chose !
Vous êtes dans la spirale infernale du trouble alimentaire : le jeûne alimentaire prépare la crise de boulimie qui va suivre. Faites-vous aider par des spécialistes. Vous ne pouvez rester comme ça. Vous pouvez totalement guérir.
Pour 49 kg et 1,68 m, votre indice de masse corporelle est de 17,36 ce qui correspond à un état de dénutrition modérée. Apprenez à lâcher prise et acceptez de combler les carences nutritionnelles. Le fait de vous sentir gros disparaîtra quand vous aurez un indice de masse corporel minimum à 18,5, soit 52-53 kg.
Oui, votre comportement alimentaire peut être en rapport avec le harcèlement subi. Vous devez vous faire aider. Vous souffrez indiscutablement d'un trouble alimentaire.
A partir du moment où le patient est pris en charge, en moyenne, il faut 3 à 5 ans pour guérir complètement.
Peut-être faut-il changer de thérapeute ? Etes-vous suivie et par un nutritionniste, et par un psychologue, tous deux spécialisés dans les troubles alimentaires ?
Oh que oui ça pourrait venir de ça. Si vous ne pouvez en parler à votre famille, alors parlez-en à des thérapeutes. Ne restez pas seule.
Association AUTREMENT : tél 03 80 66 83 47
Oui, le fait de ne plus s'alimenter met le corps en danger. L'organisme le sent et ne peut donc plus lâcher prise dans le sommeil.
Les réponses de Didier Perrin, diététicien
L'anorexie s'accompagne d'une volonté de perdre du poids au delà du poids physiologique ; à priori vous gérez vos émotions par des compulsions alimentaires. En ne mangeant pas pendant la phase suivante, vous favorisez la survenue de compulsions futures. Le mieux est d'avoir une alimentation équilibrée, régulière.
Cela peut être lié, surtout si elle a eu des crises de boulimie avec vomissements. L'anorexie entraine des carences qui se répercutent sur tout l'organisme.
Oui, on peut sortir et guérir de l'anorexie. Il faut se faire aider, il est difficile de s'en sortir seul. L'idéal étant d'associer une prise en charge psychologique et diététique.
Si ce n'est déjà fait il faut vous faire aider par un(e) diététicien(ne) spécialisé(e) dans les TCA afin de vous aider à avoir un meilleur regard sur les aliments, ils sont nos amis, indispensables pour notre corps, ne l'oubliez pas.
Vous n'avez pas d'autre moyen que la prise de sang pour vérifier votre taux de potassium. Il faut consulter pour vous faire aider.
Plus la maladie s'installe, plus la guérison est difficile et longue, mais elle est possible, il ne faut donc pas baisser les bras et se battre.
Un signe de la guérison est d'accepter de manger avec les autres, avoir des repas réguliers et variés, et ne plus avoir de pensée anorexique (c'est-à-dire, vouloir faire un poids inférieur au poids minimum pour ne plus être en dénutrition). Enlever de la culpabilité est déjà un pas important, cela permet d'enlever de la souffrance et de mieux agir pour sa guérison.
Vous n'avez pas à être gênée d'un comportement qui vous dépasse. Cela fait partie de la boulimie de ne pas se contrôler. C'est une maladie, votre médecin est là pour vous aider et vous proposer un parcours de soin. Consultez-le.
Mangez doit rester naturel. Vous avez perdu du poids, votre IMC indique que vous êtes en dénutrition, il faut que vous consultiez un médecin et/ou un diététicien afin de retrouver une relation normale avec la nourriture.
Ce comportement est associé à de la boulimie s'il y a volonté de perdre du poids. Sans volonté de perdre du poids (sans pensée anorexique) il s'agit de compulsion sévère qui est également un TCA et qui nécessite une prise en charge.
Tant que vous n'avez plus vos règles, c'est un signe de dénutrition. Votre IMC est encore inférieur à un IMC = 18,5 donc vous êtes toujours en dénutrition. Si votre pensée est de ne pas prendre de poids au poids actuel et que vous n'arrivez pas à manger suffisamment c'est que vous êtes toujours dans l'anorexie. Les parents ont parfois du mal à prendre conscience de la maladie, la souffrance qu'elle engendre est difficile aussi pour eux car ils se sentent impuissant. Le mieux est de vous faire suivre par spécialiste.
Etre anorexique et victime de TCA c'est la même maladie. L'anorexie se caractérise par une volonté de faire un poids bien inférieur à ce poids de forme, et notamment un poids qui nous place en dénutrition. L'aménorrhée est un signe de dénutrition et caractéristique de l'anorexie pour les femmes. Si vous êtes en aménorrhée c'est que vous êtes en dénutrition et qu'il vous faut reprendre du poids. Et si reprendre du poids est inacceptable pour vous, c'est que vous souffrez d'anorexie.
Oui il faut consulter, l'idéal étant de consulter un diététicien/nutritionniste et un psy. Les carences nutritionnelles liées à la dénutrition doivent être prises en charge, le comportement alimentaire doit se modifier, d'où la nécessité de consulter un diététicien. Mais il y a également une souffrance psychologique qui doit être prise en charge.
Pour en sortir, il faut travailler avec un spécialiste pour rétablir un rapport sain avec l'alimentation. Vos expériences passées ont été difficiles, mais il y a une autre solution que les régimes restrictifs ou les vomissements. C'est un travail de fond qu'il faut faire, avec parfois des rechutes mais il faut persévérer.
Il ne faut pas que la perte de poids s'installe durablement. Vous avez un chagrin d'amour, il vous faut le gérer c'est bien normal, mais attention à ce que la perte de poids ne se poursuive pas. Si c'est le cas, consultez.
Le retour des règles peut être long parfois jusqu'à 6 mois après le retour à un poids de normalité. Si cela dure trop longtemps, consultez un gynécologue.
Le mieux est de suivre l'évolution de son poids avec votre pédiatre ou votre médecin et juger si cela est inquiétant ou non. Je n'ai pas de connaissance d'anorexie si jeune, c'est une maladie qui apparait plus tardivement.
Ce n'est pas forcément pathologique, si vous avez toujours eu un poids plutôt faible par rapport à votre taille. En revanche, si votre poids a été plus élevé et que vous avez perdu du poids à un moment donné, cela peut être pathologique. Il faudrait voir comment a évolué votre IMC au cours de votre vie. S'il a toujours été bas, pas d'inquiétude, en revanche s'il a chuté à un moment de votre vie, c'est peut être signe d'une pathologie. Demandez l'avis de votre médecin.
La boulimie est une forme d'anorexie quand le poids est une obsession. Il est rare de passer de la boulimie à de l'anorexie restrictive. En revanche le passage de l'anorexie restrictive à la boulimie est beaucoup plus fréquent avec peu de retour en arrière vers la restriction. Quoi qu'il en soit, cette maladie est à prendre en charge, quelque soit sa forme.
Le déni est normal en début de maladie. Le désarroi que vous vivez est le même que celui des parents qui voient leurs enfants se détruire par la maladie avec le sentiment de ne rien pouvoir faire. Rapprochez-vous d'associations de malades pour mieux comprendre les ressorts de la maladie.
Essayez d'autres prises en charge, avez-vous déjà eu une approche nutritionnelle, ou par thérapie comportementale et cognitive, ce type de thérapie ayant de bons résultats sur les crises de boulimie.
La peur de grossir reste normale si vous êtes à votre poids de forme. Si en revanche vous êtes encore à un poids de dénutrition et que vous avez peur de grossir, c'est qu'il reste une pensée anorexique qu'il faudrait idéalement pouvoir traiter.
En savoir plus
Les troubles du comportement alimentaire peuvent revêtir plusieurs aspects, l'anorexie en est une des facettes. Cette maladie touche 2 % des femmes, le plus souvent des adolescentes et depuis quelques années les médecins doivent prendre en charge des patients de plus en plus jeunes. De nombreuses idées reçues circulent sur l'anorexie mentale : mauvaise acceptation de soi, mésentente familiale sont les causes les plus évoquées.
Ces problèmes sont en tout cas toujours la conséquence d'une détresse, d'un traumatisme ou d'un malaise profond. Ce refus de s'alimenter peut avoir des conséquences dramatiques sur la santé.
Comment reconnaître ce trouble du comportement alimentaire ? Comment devient-on anorexique ? Quelles sont les solutions pour sortir de cette souffrance ? Quelles sont les conséquences de l'anorexie mentale ? Guérit-on de l'anorexie mentale ?
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