Ch@t : Troubles des conduites alimentaires
Ch@t du 9 novembre 2009 Avec les réponses de Laurence Haurat, psychologue et diététicienne.
Par La rédaction d'Allo Docteurs
Rédigé le , mis à jour le
Les réponses de Laurence Haurat, psychologue-diététicienne
En mangeant des féculents, des produits protéinés, des fruits à chacun des repas pour éviter les hypoglycémies.
La question est de savoir pourquoi ces grignotages vous font plaisir et si ces prises alimentaires "décalées" ne correspondent pas à une horloge biologique qui n'a pas le même tempo que les autres...
C'est souvent en fin de matinée et fin de journée que nous subissons de légères hypoglycémies. En général, on n'y répond pas et quelques heures plus tard, ça laisse la place à une furieuse envie de manger. Le mieux pour éviter cela, est de manger lorsqu'on a faim en faisant bien attention à manger des produits contenant des glucides complexes (produits céréaliers type pain, féculents sous toutes leurs formes). En fin de journée en plus, on a une sorte de moment un peu difficile (qui correspond aux crises d'angoisse des bébés et qui tend à chercher un peu de sérénité dans l'alimentation).
Il faut bien distinguer la faim et les envies de manger (ou appétit). La faim, c'est une sensation très physique, très organique qui se situe au niveau de l'estomac (vide, gargouillis, fatigue, tiraillements, tremblements...). L'envie de manger, c'est différent, beaucoup plus élaboré au niveau intellectuel et psychologique. Par ailleurs, la télé est un support qui absorbe (assez hypnotisant !) et qui ne permet pas de faire attention à ses sensations alimentaires... Donc difficile de discriminer la faim de l'envie quand on regarde la télé !
Ne rien faire, surtout si elle va très bien. Il ne faut pas l'obliger à manger.
Votre régime important vous a sans doute mise en situation de "restriction cognitive" : depuis, vous mangez pour ne pas prendre du poids ou pour en perdre. Cela implique que votre regard sur votre alimentation est très rationnel. Vous avez sans doute aussi éliminé beaucoup de sources de plaisirs alimentaires pour ne pas reprendre de poids... tout cela fait le lit d'une restriction au quotidien, donc de frustrations, donc de désinhibitions (craquages), donc de culpabilité et du souhait de faire mieux dès le lendemain donc de se remettre en restriction. Et ainsi de suite... Pour votre aménorrhée, il faut voir si votre masse grasse est suffisante pour vous permettre d'avoir des règles.
La boulimie se caractérise par des prises alimentaires irrépressibles, impossibles à contrôler pendant au moins 6 mois. Le grignotage consiste plutôt à manger de petites quantités en dehors des repas, de manière répétée.
Le problème des régimes à répétition, c'est qu'ils dérégulent le corps et que vous ne savez plus de quoi il a besoin : à force de penser l'alimentation, on finit par ne plus la ressentir. Même si sur le papier, votre alimentation semble "bien", il faut savoir si elle répond bien à tous les besoins de votre corps, au moment où vous les ressentez.
Non, absolument pas obligé. On ne peut pas avoir faim et donc il ne faut surtout pas manger. En revanche, prévoyez de quoi manger en cours de matinée avec un "petit déj portatif" type boule de pain ou crackers au blé complet ou biscotte ou pain au lait + fruit (clémentines, c'est de saison !) ou compote en gourde (facile à boire !)
Mangez-vous assez lors de votre petit-déjeuner et du déjeuner ? Si la réponse est oui, prévoyez une petite collation (une pomme, une barre de céréales,...).
Il ne faut pas confondre la faim et l'ennui : les enfants montrent ça très bien. Quand ils s'ennuient, ils disent qu'ils ont faim car ça leur fait une occupation concrète. Essayez de trouver d'autres sources de divertissement ET de plaisir (prenez une douche, passez un coup de fil, dansez sur une musique adorée, faites une pause café/collègue...)
On croit souvent que l'alimentation est un problème de volonté, mais si le fait de manger moins ou de bouger plus n'était qu'un problème de volonté, il n'y aurait plus beaucoup d'obèses dans le monde !!! C'est beaucoup de facteurs (sociologiques, professionnels, vie quotidienne, psychologiques,...) qui nous incitent à manger. Il faut faire le tri...
La volonté a parfois du mal à prendre le pas sur les émotions ! Donc essayez d'analyser le contexte dans lequel surviennent vos grignotages (quand vous vous ennuyez, quand vous avez un stress ou que vous êtes anxieuse) et améliorez votre gestion de ce contexte (occupez-vous, faites du sport, appelez quelqu'un, mangez une pomme,...).
Parfois, la question du poids est une question émergente, à la façon d'un iceberg dont on voit le haut dépasser mais dont l'eau dissimule la plus grande partie. Il faut peut-être envisager, en parallèle de vos efforts, une prise en charge psychologique pour pouvoir cohabiter avec cette histoire ancienne mais encore très présente dans vos cauchemars.
Le chrome a en effet une action contre les compulsions sucrées en rentrant dans le métabolisme des glucides. Mais son action reste marginale, les études ne sont pas unanimes et les résultats marginaux.
Oui ça fait des glucides et des lipides supplémentaires pourquoi pas.
Oui.
Parfois, le problème de la trop grande maigreur peut engendrer autant de souffrances que le surpoids mais souvent mal perçu... Il faut déjà savoir si ce problème de maigreur est lié à un dysfonctionnement alimentaire ou si c'est une maigreur constitutionnelle... La prise en charge n'est pas la même.
La prise en charge est souvent complexe et nécessite plusieurs intervenants : nutritionniste ou diététicien, psychologue ou/et psychiatre... Chaque intervenant, avec son approche éclaire différemment le problème ; c'est pour cette raison qu'il est important de voir différents spécialistes. C'est aussi un long chemin, complexe.
Au contraire, cela évite de grignoter mais attention, il ne faut surtout pas se servir de la cigarette pour s'empêcher de grignoter. Il faut plutôt rechercher les causes psychologiques du grignotage.
Vous avez raison de bien manger et de prendre un goûter, ça n'est pas grave que vous ne perdiez pas vos kilos tout de suite, vous les perdrez après votre allaitement.
Difficile de ne pas transférer ses propres problèmes alimentaires sur ses enfants. Vous ne voulez pas qu'ils vivent ce que vous avez vécu. Cependant, il est important de leur laisser faire leur chemin alimentaire en mettant l'accent sur leur faim, leur rassasiement, leurs goûts, leurs dégoûts ; de les faire parler de ce qu'ils ressentent plutôt que de s'axer sur le contenu des placards et sur les horaires des repas. C'est en leur apprenant à mieux appréhender leurs besoins physiologiques ET psychologiques que vous les aiderez à devenir des mangeurs autonomes et lucides.
Oui, vous pouvez prendre RDV avec une psychologue-diététicienne.
En cas de compulsion alimentaire de ce type, vous pouvez essayer de différer votre prise alimentaire. Au début de 3 minutes puis gagner de plus en plus de temps : en effet, il semblerait que lorsqu'on diffère de 20 ou 25 minutes une grosse envie, elle disparaisse !
Il ne faut surtout pas utiliser de coupes faim médicamenteux mais rechercher la place de ces excès. Pourquoi il y a ces excès.
Pour moi il faut se faire un goûter. Vous avez parfois 8 h entre le repas du midi et celui du soir alors oui, oui, oui.
C'est très judéo-chrétien de culpabiliser lorsqu'on prend du plaisir : le plaisir est une des premières sensations que l'on ressent lorsqu'on est bébé. Le bébé, lorsqu'il manifeste la faim ressent du déplaisir et de la tension. Lorsqu'il est repu, il ressent du PLAISIR, de la sérénité et il peut être en harmonie avec les autres. En aucun cas, il ne ressent pas de la culpabilité... Pensez-y...
Ce tchat n'est pas une consultation. Il est difficile de répondre ne sachant pas ce que vous avez fait auparavant. Mangez quand vous avez faim, des produits protéinés, des fruits, des féculents à chacun des repas si vous pouvez et vous perdrez du poids.
Vous êtes peut-être en "maigreur constitutionnel", ce qui veut dire que vous êtes fait pour être maigre...
Oui avec beaucoup de souffrance. Je vous conseille donc d'aller déposer cette souffrance chez des professionnels qui vous aideront.
Pas toujours, en revanche il existe une culture alimentaire dans les familles.
C'est normal d'avoir envie de chocolat et ça ne fait pas partie de troubles alimentaires.
Ce sont deux spécialités différentes : le psychiatre est un médecin qui n'a pas forcément une approche psychothérapeutique mais plus médicamenteuse. L'approche psychologique va vous aider à comprendre non pas les origines de la boulimie mais ce qui se passe entre vous et votre placard ou votre assiette. Si ce comportement alimentaire est un symptôme, le spécialiste travaille avec vous sur ce que ça cherche à dire.
Les réponses de Laurence Haurat, psychologue-diététicienne (suite)
Cela peut en faire partie. Vous pouvez également ouvrir un livre, passer un coup de téléphone....
La maigreur constitutionnelle existe et c'est aussi difficile de grossir quand on n'est pas programmé pour que de maigrir dans l'autre sens... Il faut parfois travailler sur l'acceptation de ce qu'on est car c'est une forme de respect de soi, très important dans l'alimentation.
Il n'est pas normal de réguler son alimentation de la sorte, je vous conseille en effet de consulter quelqu'un.
On nait comme ça, ce n'est pas une pathologie c'est de "constitution".
La période de la ménopause est une période compliquée : baisse des hormones, augmentation de la masse grasse, dépression, insomnies... Autant d'éléments qui font que le corps répond de manière inhabituelle... C'est une période pendant laquelle il faut s'armer de patience. Votre comportement alimentaire n'est que l'écho de cela. C'est comme si vous étiez dans un avion qui est en train de tanguer. Vous allez retrouver votre cap, dans quelques temps.
Il faut privilégier les végétaux riches en fibres, je ne conseille pas de médicaments coupe faim.
L'anorexie est une pathologie très complexe et très composite qui ne peut certainement pas être réduite à une seule cause...
Plus que les espacer, il faut les différer dans le temps : "j'ai envie, je tiens quelques minutes de plus que la dernière fois avant de craquer".
Cela dépend mais pourquoi voulez-vous maigrir ? On ne peut pas répondre à cette question sans vous connaitre et sans savoir si vous avez déjà essayé des régimes.
Je pense qu'il faut que vous consultiez un gynéco. Heureuse de savoir que vous avez eu un fils ! Félicitations :)
La question est de savoir si vos repas contiennent assez de glucides, surtout sous forme complexe : céréales, féculents, légumineuses... Si pour des raisons de poids, vous essayez de limiter l'apport de ce type d'aliments, vous mettez votre organisme dans l'urgence et il va vers ce qui est le plus évident : les sucreries, les bonbons...
Le problème est la crise de boulimie plus que le fait de la compenser ou pas. Pourquoi, quelle place dans son économie personnelle...
Dans certains cas ce n'est pas une fatalité mais une "marque de fabrique". Cela dépend si c'est récent, s'il a toujours été là si c'est, comment s'est installé ce surpoids ?
Efficaces à quel niveau ? Pour modérer l'appétit momentanément, oui mais vous ne réglez rien de comportemental avec un régulateur d'appétit ni d'ailleurs avec une pilule qui empêche l'absorption des graisses.
Du poisson, des oeufs, du fromage, des protéines d'origine animales.
Très mauvaise idée : votre corps à l'intérieur et à l'extérieur a besoin du gras. Un régime sans lipide peut d'ailleurs s'avérer parfaitement inefficace pour maigrir. C'est ce qui a été démontré dans une étude récente aux Etats-Unis car les lipides laissent alors la place à plus de glucides et de protéines...
Je pense que la réponse est dans votre question : vomir altère les dents de manière définitive, fragilise l'oesophage et est dangereux pour le cœur.
Des produits céréaliers sont une bonne chose.
Vos enfants agissent par mimétisme : vous leur servez d'exemple et il est difficile de leur dire d'arrêter si vous n'y arrivez pas non plus. Néanmoins, faire une éducation alimentaire, c'est imposer des limites et faire comprendre à ses enfants que tout n'est pas faisable, n'est pas possible.
Vous avez tout compris si ce n'est que le grignotage est une prise alimentaire sans faim et sans fin, intempestive, souvent subie. Un goûter ou un en-cas planifié s'en différencie parce qu'il est planifié et qu'il répond à une sensation de faim à laquelle on répond.
Non, c'est mauvais pour le moral et peut jouer sur la santé en vous faisant regrossir car le grignotage est souvent composé de produits ultra-sucrés et ultra-gras.
Il s'agit de méthodes locales, des massage, des drainages, à faire en continu, bon courage à vous.
Un repas équilibré est un repas qui répond aux besoins spécifiques du corps au moment de CE repas, en quantité et en qualité. Ce qui veut dire que la notion de "repas équilibré" ne veut rien dire en tant que tel et que vous ne les trouverez pas en vente... Globalement, un repas qui répond à vos besoins, c'est quand vous mangez en ayant faim, jusqu'à ce que vous n'ayez plus faim et que dans votre repas, pour atteindre le rassasiement, il y a des protéines, des féculents et une ou deux sources de végétaux.
Merci de votre question qui prouve bien que la question de l'alimentation est une question complexe et très individuelle. Dans chacune de toutes les questions du chat, on voit bien la dimension individuelle. C'est pourquoi il peut être bon, pour faire le point et savoir où on en est, de consulter quand on se pose trop de questions. Merci de votre intérêt et de vos questions. A la prochaine, Laurence Haurat.
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