L’anesthésiste Frédéric Péchier autorisé à exercer en tant que médecin

Le Dr Péchier, mis en examen pour 24 empoisonnements et soupçonné d'en avoir commis huit autres, est de nouveau autorisé à pratiquer la médecine. Sa spécialité, l'anesthésie, lui reste néanmoins interdite.

Mathieu Pourvendier avec AFP
Rédigé le , mis à jour le
Mis en examen à Besançon pour 24 empoisonnements qu'il a toujours niés, l'anesthésiste est soupçonné depuis septembre dernier de huit nouveaux cas d'empoisonnements potentiels de patients, dont quatre mortels.
Mis en examen à Besançon pour 24 empoisonnements qu'il a toujours niés, l'anesthésiste est soupçonné depuis septembre dernier de huit nouveaux cas d'empoisonnements potentiels de patients, dont quatre mortels.  —  Shutterstock

Nouveau rebondissement dans l’affaire Frédéric Péchier. L'anesthésiste, mis en examen à Besançon pour 24 empoisonnements et soupçonné de huit autres, et dont le contrôle judiciaire lui interdisait d'exercer la médecine, pourra à nouveau la pratiquer. Sa spécialité lui reste cependant "interdite", a annoncé mercredi 11 janvier le parquet général de Besançon. 

La décision finale revient au Conseil de l'ordre

"L'interdiction d'exercer la médecine ne concern(e) que la spécialité de médecin anesthésiste" et ne porte pas"sur la globalité de l'exercice professionnel", a indiqué dans un communiqué le parquet général de Besançon selon l'AFP. Toutefois, c'est le Conseil de l'Ordre des médecins qui devra décider in fine si le docteur Péchier pourra ou non de nouveau exercer, précise le parquet.

Sans attendre l'avis du Conseil de l'Ordre, le procureur de la République de Besançon a annoncé dès le lendemain de l’annonce du parquet qu'il allait contester sa décision. "Je vais saisir le magistrat instructeur d'un alourdissement du contrôle judiciaire", a annoncé lors d'une conférence de presse Etienne Manteaux, estimant qu'il n'était à ses yeux "pas un seul instant envisageable" que le Dr Péchier, certes "présumé innocent" mais mis en examen, "soit autorisé à exercer la profession de médecin".

La cour d'appel de Besançon a également "modifié le contrôle judiciaire auquel" le docteur Péchier "est astreint depuis le 6 mars 2017, en supprimant l'interdiction de paraître" dans le Doubs, département où résident notamment ses enfants et où il pourra donc revenir, selon le parquet général. Les autres modalités du contrôle judiciaire sont en revanche "maintenues", notamment l'obligation "de fixer sa résidence" dans la Vienne, où le Dr Péchier réside chez ses parents.      

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Résultats en attente pour huit cas

Le Dr Péchier est accusé d'avoir pollué les poches de perfusion de patients âgés de quatre à 80 ans pour provoquer des arrêts cardiaques puis démontrer ses talents de réanimateur, mais aussi discréditer des collègues avec lesquels il était en conflit. Mis en examen à Besançon pour 24 empoisonnements qu'il a toujours niés, l'anesthésiste est soupçonné depuis septembre dernier de huit nouveaux cas d'empoisonnements potentiels de patients, dont quatre mortels.

"Le magistrat instructeur attend désormais que l'ensemble des résultats des expertises en cours, attendus pour janvier 2023, soient rendus pour entendre le Dr Péchier, puis décider si elle le met en examen pour ces huit nouveaux cas", avait indiqué fin septembre le procureur de la République de Besançon, Étienne Manteaux.

A faible dose, le chlorure de potassium est fréquemment utilisé par les médecins anesthésistes.
A faible dose, le chlorure de potassium est fréquemment utilisé par les médecins anesthésistes.  —  Allodocteurs.fr

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