J'ai des glaires qui obstruent ma gorge, comment m'en débarrasser ?

Il existe sûrement des questions que vous n'avez jamais osé poser, par pudeur, crainte, voire même honte... Aujourd'hui, il est question des glaires qui obstruent et irritent la gorge.

Mélanie Morin
Rédigé le
Crédits : Le Magazine de la Santé

Elles font partie des sécrétions peu ragoûtantes dont vous vous passeriez bien : les glaires qui grattent la gorge et donnent envie de cracher. Certains ne se gênent pas et d’autres les ravalent discrètement, ce qui est très désagréable. Mais d'où viennent ces glaires ? Cette matière visqueuse provient du nez : il s'agit initialement de mucus, de la morve en somme, sécrétée par la muqueuse du nez. 

Un nez bouché favorise les glaires

Même s’il vous embête, ce mucus vous rend service. Il réchauffe l’air inspiré, il l’humidifie et capte au passage toutes les petites poussières et particules invisibles. Il évite ainsi que vous ne les respiriez, ce qui protège vos poumons. 

C’est un processus naturel, vous pouvez même avaler près d’un litre de mucus par jour sans vous en rendre compte ! Mais parfois, ce mécanisme bien rodé se dérègle et fabrique des glaires. 

Il faut imaginer une machine qui s’emballe. Si vous avez une infection ou un rhume, la muqueuse de votre nez va gonfler pour sécréter plus de mucus afin de chasser le virus ou la bactérie. Votre nez coule ou se bouche parce que les tuyaux d’évacuation rétrécissent sous l’effet de l’inflammation.

Du coup, le mucus ne s’écoule plus par le nez mais il est chassé vers l’arrière-gorge, par les petits cils présents dans le nez. Le mucus s’épaissit et génère des glaires qui viennent obstruer la gorge. 

Translucides, jaunâtres ou verdâtres ?

Et pour savoir à quelles glaires on a affaire, il faut les observer ! C'est comme pour la couleur de l’urine ou des selles : il est pertinent de les regarder car leur aspect est un indice intéressant pour le médecin. Généralement les glaires sont translucides mais il arrive qu’elles soient jaunâtres ou verdâtres.

Dans ces cas-là, cela peut être un signe d’infection mais ce n’est pas toujours vrai. L’ORL tient surtout compte de la répétition, de la quantité et de la durée de ces sécrétions de glaires.

Le médecin va bien regarder la gorge pour vérifier si elle est irritée et il peut prescrire un scanner des sinus pour rechercher une éventuelle sinusite chronique si les symptômes se répètent. 

Glaires et mal de gorge, un cercle vicieux

Et qui dit glaires dit souvent mal de gorge, car la muqueuse est irritée. Elle accumule des glaires qui se collent sur sa paroi, vous vous raclez la gorge pour les décoller, ça la "décape"... c’est un cercle vicieux. C’est pour cela que vous pouvez trouver parfois de légères traces de sang dans vos glaires, notamment le matin.

Ce n’est pas inquiétant s’il s’agit de petites traces. Là encore, c’est la répétition des symptômes, qui va mettre la puce à l’oreille du médecin.

Moucher, cracher et laver le nez

Pour se débarrasser de ses glaires, il y a deux choses à faire, traiter l’infection s’il y en a une et "réparer" la muqueuse de cette gorge envahie par les glaires.

Il faut consulter votre médecin si l’apparition des glaires dure plus de 15 jours, si cela s’aggrave avec de la fièvre par exemple ou si ces épisodes se répètent trois fois dans l’année.

Il faut également laver le nez avec des sprays d’eau de mer, se moucher régulièrement, cracher ses glaires si vous le pouvez. Le maître-mot, c’est l’évacuation. Les médicaments fluidifiants vendus en pharmacie peuvent aider à évacuer les glaires. La prise de soufre sous forme de sirop ou de comprimés favorise la protection et la restauration des muqueuses.

Enfin, évitez surtout de fumer, car le tabac paralyse le mouvement des petits cils que vous avez dans le nez, ce qui gêne l’évacuation du mucus et favorise les glaires.