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La médecine scolaire en crise

Malgré plusieurs rapports nationaux dénonçant la crise actuelle, les médecins scolaires attendent toujours des mesures urgentes pour leur permettre de réaliser leurs missions auprès des élèves. Des missions cruciales comme l’intégration du handicap ou le diagnostic des troubles du langage et de l’apprentissage.

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La médecine scolaire en crise

"Des mesures urgentes sont nécessaires pour revaloriser la profession de médecins scolaires", "le marasme des médecins de l’éducation nationale", "une accumulation incontrôlée de tâches à accomplir", "un rôle irremplaçable"… Tel est le sombre tableau dressé dans deux rapports nationaux par les députés Gérard Gaudron (UMP), Marc Bernier (UMP) et Martine Pinville (PS). Bien sûr, les premiers concernés confirment la gravité de la situation qui les conduit à se mobiliser aujourd'hui : un appel signé par trois syndicats de la profession - le SNMSU-UNSA Education, le SNAMSPEN-UCSMF et le SMEDEN-FO.

En voie de disparition...

"Nous sommes en voie de disparition", constate le Dr Sophie Brunhes-Perez, secrétaire générale du SNAMSPEN-UCMSF (Syndicat national autonome des médecins de santé publique de l’Education nationale – Union confédérale des médecins salariés de France). "Des lois récentes nous attribuent pourtant un rôle crucial dans l’intégration des élèves en situation de handicap ou le dépistage des troubles d’apprentissage. C’est très important, mais cela prend beaucoup de temps, une heure par enfant pour dépister une dyslexie ou une dyspraxie par exemple." Des missions qui sont donc aujourd’hui en péril tant la charge de travail est démultipliée par le manque de médecins. En Mayenne, par exemple, chacun doit suivre 25 900 élèves !

Même la fameuse visite médicale de 5-6 ans concernerait en réalité moins d’un enfant sur deux. "Avant, nous pouvions au moins cibler les écoles des zones les plus en difficultés par exemple et y voir tout le monde mais cela devient impossible, poursuit le Dr Brunhes-Perez. Alors même qu’il y a pour les familles concernées un vrai problème d’accès aux soins." Une de ses collègues de Seine-Saint-Denis a ainsi diagnostiqué un souffle au cœur, un grave problème de strabisme et des caries chez un enfant de 9 ans qui n’avait pas vu de médecins depuis plusieurs années.  

Un salaire plus faible que celui des internes en médecine

En dix ans, les syndicats déplorent le départ de presque tous les médecins extérieurs qui participaient au suivi des élèves, au point de représenter près de 40 % de l’effectif global ! A 17 euros de l'heure, le salaire payé pour une vacation est devenu beaucoup trop faible. "C'est pratiquement celui d'une femme de ménage !", dénonce le collectif mobilisé aujourd'hui. Une faible attractivité qui touche de plein fouet les titulaires : "comment voulez-vous qu’un ancien interne en médecine générale qui touche en moyenne 2 000 euros à la fin de ses études accepte de gagner seulement 1 700 euros l’année d’après ?", interroge le Dr Brunhes-Perez.

Résultat, 200 postes de titulaires sont aujourd’hui vacants ce qui augmente encore la charge de chacun. La profession travaille donc avec le ministère depuis un an pour préparer des décrets de revalorisation qui ne sont toujours pas publiés… Il y a pourtant urgence, "42 % des médecins de l’éducation nationale devraient partir à la retraite d’ici à 2019", annoncait  Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes, en présentant son rapport sur la médecine scolaire aux députés. Et d'appeler à une "inévitable adaptation statutaire si les pouvoirs publics veulent assurer la continuité des prestations données à la population scolaire."

En savoir plus

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Ailleurs sur le web :

  • Assemblée nationale
    - Rapport d'information sur la médecine scolaire déposé par le Comité d'évaluation et de contrôle des politiques publiques présenté par Gérard Gaudron, député UMP, et Martine Pinville, député PS, le 17 novembre 2011.
    - Avis présenté par Marc Bernier, député UMP, et Gérard Gaudron, député UMP, au nom de la Commision des affaires culturelles et de l'éducation sur le projet de loi de finances pour 2011 concernant l'enseignement scolaire et la médecine scolaire, le 14 octobre 2010.