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Prématurés : vers un allongement du congé paternité ?

Chaque année, 60.000 nouveau-nés naissent prématurément et sont hospitalisés pendant des semaines. Leurs pères, faute de congé paternité suffisamment long, ne peuvent rester à leur chevet.

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Entretien avec Charlotte Bouvard, présidente de l'association SOS Préma

Camille n'est pas encore connue, mais tous les députés se souviendront d'elle aujourd'hui. Ils recevront à l'Assemblée une carte postale au nom de ce bébé né prématurément, à à peine plus de cinq mois de grossesse. Alors qu'elle se battait pour vivre, cette petite fille n'a pas pu profiter de son père, contraint d'aller travailler. Et elle n'est pas la seule. 60.000 nourrissons prématurés ont vécu cet éloignement.

Trois jours à la naissance, puis onze dans les mois qui suivent... Voilà à quel congé paternité ont droit en France les nouveaux pères. Et quand leur enfant naît prématurément, qu'il est hospitalisé des semaines en réanimation ou en soins intensifs, ils n'ont pas droit à un jour de plus. Ce que dénoncent les associations de parents.

Charlotte Bouvard, présidente de l'association SOS PREMA était notre invitée. Elle répond à nos questions.

  • Une proposition de loi pour allonger le congé paternité a déjà été déposée. Pourquoi lancer aujourd'hui cette action ?

Charlotte Bouvard, présidente de l'association SOS Préma : "Pour faire venir le terrain sur le bureau des députés. Ils ont un emploi du temps surchargé. Mais la situation, sur le terrain, c'est cette petite Camille qui est dans les bras de sa mère pour la première fois alors qu'elle pèse 780 grammes. Nous leur demandons d'être sensible au sujet. Aujourd'hui, les pères n'ont droit à rien. Ils sont obligés d'aller travailler alors que leur enfant est entre la vie et la mort."

  • Que souhaitez-vous obtenir exactement ?

Charlotte Bouvard : "Nous aimerions que le père puisse rester aux côtés de sa famille. De l'enfant, de la mère, pendant toute la durée de l'hospitalisation."

  • Quelles sont les conséquences pour les pères ?

Charlotte Bouvard : "Les conséquences sont psychologiques bien sûr pour toute la famille. Elles impactent aussi l'enfant puisque les dernières études prouvent que la présence continue des deux parents auprès de l'enfant favorise son développement moteur, sensoriel, et affectif."

  • À quoi ressemble la vie d'un père d'enfant prématuré ?

Charlotte Bouvard : "Le père de la petite Camille par exemple faisait 140 km le matin pour accompagner son épouse, embrasser son enfant, lui dire « bats-toi je suis à tes côtés ». Puis il allait travailler, gérait son aîné le soir, retournait à l’hôpital et roulait 140 km aller et retour pour passer un minimum de temps avec son enfant. Il existe seulement 65 centres de réanimation en néo-natologie sur le territoire. Cela pose un problème logistique évident. Mais les conséquences sont aussi sociales. On a beaucoup de témoignages de pères qui perdent leur travail après l'hopitalisation de leur bébé. C'est la double peine. Cette situation peut plonger une famille dans la précarité."

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