Enfants et écrans : il n'est jamais trop tard pour arrêter !

La consommation des écrans chez les enfants ne cesse d’augmenter. Ils ont un impact sur leur santé et souvent, les parents se font piéger par l'apparence pédagogique des dessins animés.

Géraldine Zamansky
Rédigé le , mis à jour le

Depuis 3 mois, au goûter, il n’y a plus jamais de télévision devant les jumeaux Jahid et Jannah. C’est l’ordonnance d’une pédiatre spécialisée que la famille a appelée à l’aide pour Jahid. Contrairement à sa sœur, il ne parle presque pas. A 3 ans, il pouvait passer plusieurs heures par jour devant les écrans, souvent plus dangereux pour les garçons. 

Amin, père de Jannah et Jahid : "La pédiatre m’a vraiment bien dit que c’est plus les garçons qui pâtissent des écrans parce que ça les rend gaga ! Ils sont posés devant une télévision, ils regardent comme ça, ils écoutent que des dessins animés. Ca donne l’impression d’être éducatif mais en vrai non pas du tout". 

Les dangers des écrans sur les enfants

Dr Sylvie Dieu Osika Pédiatre, consultation surexposition aux écrans, hôpital Jean Verdier, AP/HP (93) : "Si on vous fait croire que c’est pédagogique d’utiliser telle ou telle plateforme ou telle ou telle application avant 3 ans, ça n’intéresse et n’enrichit que celui qui a mis en place cette appli et vous parents vous allez vous retrouver dans une situation où votre enfant va rentrer dans des troubles de l’apprentissage voire dans le handicap, je le dis clairement, parce que vous aurez cru bien faire ! "     

Désormais, les heures passées chaque jour devant d’écrans sont remplacées par des jeux, des dessins… En 3 mois Jahid a progressé, il est plus attentif à ce que lui explique son père.       

Dr Sylvie Dieu Osika Pédiatre, consultation surexposition aux écrans, hôpital Jean Verdier, AP/HP (93) : "Les enfants n’apprennent que d’une seule façon : on apprend dans le regard de l’autre, dans le regard du père, dans le regard de la mère, dans le regard de la personne qui s’occupe de l’enfant... et ce pendant les premiers mois, en continu. Donc on doit être disponible pour son enfant pour répondre à tous ses besoins et c’est par la réponse que l’on va donner, que le langage va s’installer, que la gestion des émotions va s’installer et ainsi de suite".

Changer les habitudes de la famille

Amin, père de Jannah et Jahid : "Avec la nouvelle génération, quand un enfant pleure, on a tendance à lui passer le téléphone, lui mettre des dessins animés, allumer la télé pour le calmer... mais ça n'est pas ça, ils demandent de l’attention. Ça nous a même aidé nous à passer moins de temps sur le téléphone devant les enfants. Je pense que ça a été un travail pour eux mais aussi pour nous les parents parce que c’est à nous de montrer les bonnes choses aux enfants".    

Jahid récupèrera encore plus vite lorsqu’il aura l’aide d’une orthophoniste, mais il reste au moins 4 mois d’attente avant le premier rendez-vous.       

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