De la réalité virtuelle pour réduire l'anxiété des enfants autistes

Au centre hospitalier régional universitaire de Tours, les équipes soignantes testent un dispositif de réalité virtuelle pour aider les enfants autistes à mieux appréhender les situations de la vie quotidienne.

Alexandra James
Rédigé le , mis à jour le


Aller au cinéma, prendre le métro ou faire ses courses... ces actes de la vie quotidienne qui paraissent simples, peuvent relever du parcours du combattant pour les personnes autistes

Un besoin de routine et de rituel

Il est primordial pour Raïth d'avoir son papa près de lui. Le garçon de 13 ans est atteint de troubles autistiques qui impactent sa compréhension du monde et ses émotions.

Sa chambre, ses jouets... sont en quelque sorte son refuge. Pour lui, chaque petite perturbation dans son environnement peut être une source de stress

"Quand ces enfants ne comprennent pas quelque chose, ils ne l'expriment pas, donc ils sentent de la frustration. Lui va être bloqué, et donc il passe à une situation de repli ou d'énervement. Si le quotidien change, c’est très dur, il faut en général un rituel, il ne faut pas que ça change pour qu’il se sente un petit peu en confiance", explique Yassine Mofid, père de Raïth.

Réalité immersive pour réduire l'anxiété

"C’est très important qu'il affronte des nouvelles situations aussi, pour qu’il avance dans la vie, il ne faut pas toujours faciliter les choses, il ne faut pas trop le protéger", déclare Yassine.

Pour cela, Raïth participe à une expérimentation unique, menée par l’hôpital de Tours. 

Le Cube est un dispositif de réalité immersive. Équipé de lunettes 3D, le garçon découvre un jardin, projeté sur les écrans tout autour de lui.  

"Tu viens ? On va aller s’amuser un peu. Attention au bord, on ne tombe pas dans l’eau...". La voix du dispositif guide Raïth.

Très vite, il se prend au jeu. L’équipe médicale le confronte à un paysage plus animé. L’objectif est d’habituer le garçon, pas à pas, à des stimulations visuelles et auditives de plus en plus importantes. 

Une étude menée sur trois ans

Face à un match de volley, où le bruit et la foule sont omniprésents, Raïth manifeste des signes de nervosité. L’équipe met fin à la séance.

"Cette séance permet de vérifier les difficultés, qui vont être retravaillées par les thérapeutes. Ils établiront de façon progressive, un programme d'accompagnement sur 12 semaines de l'enfant à des situations qui vont être peut-être de moins en moins plaisantes", explique Rémi Claire, cadre de santé au CHRU de Tours.

C’était une première séance pour Raïth, qui reviendra régulièrement. Comme lui, une quarantaine d’enfants vont participer à cette étude, qui va durer trois ans. 

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