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Le blog de Michel Cymes

Le blog de Michel Cymes

Bonjour l'ambiance...

Rédigé le 30/11/2009 / 67

Au cas ou ça vous aurait échappé, il y a en ce moment en France, une pandémie d'une ampleur telle qu'elle entrera sûrement dans l'histoire de la médecine dans notre pays.

Et que se passe-t-il dans notre pays réputé comme ayant une des meilleures médecines du monde ? Des queues de plusieurs heures pour se faire vacciner. Des personnes malades, ne pouvant sortir de chez elles, et donc ne pouvant se rendre dans un gymnase. Et des médecins généralistes qui ne sont pas sollicités pour vacciner la population.

Et le patron de la CFDT qui nous explique qu'il est normal que les médecins ne soient pas appelés à participer à l'effort national car ils ne pensent qu'à l'argent !

Alors deux solutions. Soit les médecins font part de leur mécontentement par l'intermédiaire de leurs syndicats ( ce qu'ils font en ce moment ), soit ils s'organisent pour mettre la pression. Si des milliers de médecins se pointent dans les centres de vaccination et qu'on s'aperçoit qu'il n'y a ni assez de places, ni assez de doses sur place pour qu'ils puissent vacciner les personnes qui attendent , on s'apercevra que, finalement, les cabinets c'est pas si mal !

Cette dernière solution leur permettrait de retrouver une image plus proche de celle que doit avoir le médecin de famille.

A une condition, qu'ils soient, eux -mêmes, persuadés de l'utilité de la vaccination... quand j'entends le nombre de personnes à qui le médecin a déconseillé le vaccin, on peut se demander si, finalement, la suspicion sur leur implication désintéressée, n'est pas un juste retour de bâton !

La bise aux dames et la mimine aux messieurs

Bonjour à tous !

Rédigé le 26/11/2009 / 12

Pardon de ne pas avoir blogué depuis quelques jours cause emploi du temps un peu chargé. Juste un mot aujourd'hui pour vous faire remarquer que, malheureusement, nous avions raison. Quand on disait que dès le premier pic d'épidémie de grippe A on se précipiterait sur les vaccins, on ne s'était pas trompé...

C'est dommage que les Français réagissent si tardivement et n'aient pas (tous) compris le sens du mot prévention. Ceux qui se sont fait vacciner dès les débuts de la campagne sont tranquilles.

Ce matin, j'étais interviewé sur NRJ, et des auditeurs disaient "on a fabriqué le vaccin en deux mois sans faire les tests, il est donc dangereux" ! Rumeur, rumeur, quand tu nous tiens !

Un mot encore pour vous proposer de visionner une petite nouveauté. Vous l'avez peut-être vu sur la page d'accueil de Bonjour-Docteur, nous vous proposerons toutes les semaines un "Blog-notes vidéo", je sais je sais, pas mal comme nom !

Avec Benoît comme présentateur vedette (il a beaucoup insisté, que voulez-vous), Marina et Christian Gerin, notre ami producteur du "Magazine de la santé", nous allons dire ce que nous ne pouvons pas toujours exprimer dans l'émission, neutralité oblige.

On arrive chacun avec un sujet qui nous plaît ou nous énerve et on cause. C'est court (15 mn maxi) et, dans tous les cas je trouve, assez sympa. Cela nous permet de nous lâcher un peu ! Vous allez voir Marina elle n'est pas contente, mais pas contente du tout après Pierre Bergé !!

Je compte sur vous pour regarder ça et nous dire ce que vous en pensez...

Allez, la bise aux dames et la mimine aux messieurs !

 

J'adore la transparence

Rédigé le 16/11/2009 / 40

La transparence c'est bien, on l'a vu avec cette histoire de Guillain-Barré survenu chez une femme qui a été vaccinée quelques jours plus tôt mais, surtout, qui a eu un syndrome grippal avant de se faire vacciner... Et ce syndrome survient beaucoup plus souvent après une infection virale qu'après une vaccination...

Moi je dis, chère Roselyne, la transparence oui, mais alors il faut être honnête et la jouer à fond.

Par exemple, il y a eu statistiquement, et comme tous les ans à cette époque, des dizaines de milliers de personnes qui ont eu un rhume et qui se sont mouchées. Parmi les gens qui ont fait ces rhumes, un certain nombre a été vacciné la semaine dernière ! Il y a eu aussi, et c'est plus grave, des personnes qui se sont cassées un ongle parmi celles qui ont été vaccinées, il faut le dire. Sinon c'est de la rétention d'informations. Et on peut vous le reprocher un jour... Bon d'accord, je suis un peu cynique. Mais franchement, cette suspicion permanente et franco-française devient fatigante. On ne peut rien reprocher aux patients qui ne savent plus à quel saint se vouer, mais il y a une telle désinformation dans les médias qu'on a envie de baisser les bras.

La bataille de la communication pour expliquer l'intérêt de la vaccination est perdue. En même temps, les Français sont grands, adultes, responsables, à eux de choisir de se faire vacciner ou pas. On ne peut pas prendre tout le temps tout le monde par la main. Cela reste une liberté, un choix personnel. On a le droit de penser que c'est une "petite" grippe , qu'on peut y échapper. Chacun (à part le personnel soignant, mais j'en ai déjà parlé) fait ce qu'il veut. On ne m'empêchera pas de penser que ne pas se faire vacciner contre une maladie qui peut tuer, c'est jouer à la roulette russe... La balle ne part pas toujours mais... on n'a pas toujours de la chance !

Et puisqu'on parle de désinformation, vous verrez sur les photos jointes comment on peut transformer une information au départ neutre en titre accrocheur et mensonger. D'un côté, le communiqué de l'AFFSAPS à propos du cas de cette femme qui a développé un syndrome de Guillain-Barré, annonce faite jeudi soir. De l'autre, le titre du journal Le Parisien le lendemain. C'est sûr qu'avec cette façon de relayer les informations, les Français ne risquent pas d'avoir confiance dans le vaccin !

La bise aux dames et la mimine aux messieurs...

 

On se calme, Monsieur !

Rédigé le 12/11/2009 / 16

Mon état spasmodique s'étant, en partie, estompé... J'ai pu reprendre quelques activités normales, et mardi soir, j'étais invité à l'enregistrement de l'émission "Le plus grand cabaret du monde" présentée par Patrick Sébastien (et qui, pour info, sera diffusée le 21 novembre 2009, sur France 2).

D'abord, même si ça n'est pas le thème de ce blog, je vous avoue avoir été étonné par celui que les "intellos de la télé" (dont j'ai fait partie...) décrivent comme le beauf de service... Le Bigard du petit écran... Eh bien, Patrick Sébastien est un type remarquable ! Sensible, intelligent, et surtout passionné !

C'est la première fois que je vois un présentateur enregistrer une émission pareille, les mains dans les poches, quasiment sans papier, sans oreillette... et s'amusant autant que les invités, alors qu'il a déjà vu tous les numéros. On sent l'artiste, l'homme de scène. Il a besoin du contact avec le public. D'ailleurs, il demande sans arrêt aux spectateurs si le spectacle leur plaît.

Pendant les numéros, il est à côté de vous en vous disant : "c'est incroyable, hein, tu trouves pas ?" Bref un gamin au cirque... Tout comme moi d'ailleurs.

Côté spectateurs, il y a eu un petit gag qui m'a un peu énervé. Vers la fin de l'émission, interruption, car une spectatrice fait un malaise. Je vois deux pompiers à ses côtés. Ils ont l'air de maîtriser la situation. J'observe de loin. Et puis, finalement, mes neurones de médecin mettent en action mes membres inférieurs et les dirigent vers l'attroupement. La dame est assise. Son visage a la couleur de la banquise après une tempête de neige. Le jeune pompier lui parle. "Restez avec nous, Madame, comment vous vous sentez ? Décrivez moi ce que vous ressentez, quel jour sommes-nous ?" La pauvre, déjà quasiment inconsciente ne répond plus. Et le pompier insiste : "Restez avec nous, Madame"...

Discrètement, je me place derrière la dame et lui prend le pouls. Le pompier n'a pas levé la tête. Son pouls est quasi imprenable, ce qui , associé à sa pâleur ne nécessite pas d'être Prix Nobel de Médecine pour faire le diagnostic : malaise vagal. Autrement dit, chute de tension. Le cerveau n'est plus suffisamment irrigué.

Dans ce genre de situation, quand un sauveteur, quel qu'il soit, est sur place, je reste toujours très discret. J'observe, je le laisse faire (sauf si, bien sûr il y a un risque vital), et je propose mes services.

J'ai horreur des médecins qui arrivent tels des "superdoc" et qui hurlent : "poussez-vous, je suis médecin". Je glisse doucement à destination du pompier : "Il faudrait l'allonger par terre et surélever ses jambes, c'est un malaise vagal"... Aucune réaction. Le pompier ne lève toujours pas les yeux. Il ne voit que la manche d'un smoking (le mien ) en train de tenir le poignet de la dame... et continue à lui poser des questions auxquelles elle ne répond pas.

Deuxième essai. Un poil plus fort : "Il faut l'allonger !" Là, le pompier me fait un geste auguste de la main, toujours sans me regarder, un geste que l'on fait aux gens à qui on demande de la fermer. Du style : "calmez-vous Monsieur !". Là, j'avoue , qu'il me gonfle sérieusement le pompier !

Je dis, beaucoup plus fort : "Je suis toubib, alors on l'allonge et on lève les jambes !" Enfin, le jeune homme en rouge, dérouille ses vertèbres cervicales, et grâce à un mouvement de rotation de la tête, me regarde, comprend que je ne plaisante pas et s'exécute ! En moins d'une minute, la dame reprend des couleurs, ouvre les yeux et nous parle... Je donne les consignes pour la suite, répond (aimablement ) aux questions du pauvre pompier qui n'en mène pas large et reprend ma place pour la suite de l'émission.

Ce pauvre pompier ne faisait qu'appliquer à la lettre ce qu'on lui avait appris, mais rien ne remplace la pratique... Et la prochaine fois, je suis sûr qu'il pensera au malaise vagal !

Allez, la bise aux dames et la mimine aux messieurs...

 

Vous avez deux minutes ?

Rédigé le 10/11/2009 / 20

Ce qu'il y a de bien dans un blog, c'est qu'on peut parler de soi, le publier, juste pour se faire plaisir. Alors si vous avez deux minutes je vais vous raconter mon week-end...

Il est prévu depuis un mois que je participe à la Foire du livre à Brive. Grand salon où il "faut être" quand on a sorti un bouquin... et justement ma dernière "œuvre littéraire" est en ce moment dans les librairies.

Je dois prendre le train samedi matin à 7h54 précisément, et comme Brive, la SNCF n'a pas l'air de connaître, il faut se taper 4 heures de Corail.

Vendredi, de retour de vacances d'un pays dans lequel le simple fait de respirer une salade vous déclenche des crampes dans le ventre, je commence à me sentir un peu barbouillé. Je mets mon réveil à 6h30 (je vous avais prévenu que ça allait être passionnant !). La nuit de vendredi à samedi est juste un enfer... Je la passe en alternance dans mon lit à regarder les heures passer et là où vous imaginez... Et toute la nuit je me dis mais comment je vais faire ?

Je finis par m'endormir et je rêve... Je suis dans le train, j'ai des nausées... Je fonce aux toilettes... J'y reste probablement très longtemps car quand j'en sors il y a 5 personnes qui attendent leur tour... Elles me font toutes un grand sourire en me disant en chœur : "bonjour docteur, super vos émissions". Grand moment de solitude que chacun a connu un jour en sortant de toilettes publiques après avoir été un peu malade.

J'arrive à Brive, l'attaché de presse de l'éditeur m'accompagne directement au stand où je dois signer mon livre. Je m'installe, livide. Des dizaines de personnes font la queue. C'est la folie. Mais tout le monde est de dos. Je ne comprends pas. C'est la première fois que je vois autant de gens qui veulent me serrer la main. Mais pourquoi sont-ils tous de dos ?

En face de moi, un autre stand, un homme grand, les mains écartées saluent la foule, les doigts écartés. Sa tête me dit vaguement quelque chose. Je vais vraiment mal, de plus en plus de nausées, de crampes. Je fonce vers les toilettes. Dans un tel salon, elles sont toujours à l'autre bout... J'arrive, quinze personnes font la queue... Je demande s'il n'y a pas de toilettes pour les auteurs, des toilettes VIP... On me rit au nez.

Je retourne à mon stand. De plus en plus de monde. Des gens debout sur ma table. C'est l'hystérie. Mais toujours... de dos !

L'attaché de presse semble mal à l'aise. Il me dit : "Vous n'avez pas l'air bien. Si vous voulez allez vous reposer..." Mais je ne lui réponds que je ne peux pas, avec tous ces admirateurs qui sont venus me voir... "Euh... dit l'attaché de presse, en fait ,euh, ils attendent tous de serrer la main de... Jacques Chirac, là en face de vous".

Je me réveille. Il est 5h30 du matin. J'ai de la fièvre. Je laisse un SMS à l'attaché de presse qui m'attendait à Brive : "Je suis trop malade. Impossible de venir."

 

 

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