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Le blog de garde de Gérald Kierzek

Le blog de garde de Gérald Kierzek

La chaîne de survie... ce n'est pas qu'un concept !

Rédigé le 17/02/2012 / 1

Lors de ma dernière garde, le concept de la chaîne de survie est devenu réalité pour le plus grand bien d'un patient de 60 ans venu chercher la fameuse pilule bleue revigorante (oui, le Via....!) dans sa pharmacie de quartier.

La chaîne de survie dans l'arrêt cardio-respiratoire est un concept inventé et publié en 1991 par Cummins. Pour résumer, devant un arrêt cardiaque, quatre maillons sont indispensables pour améliorer la survie : alerter les secours, prodiguer les premiers gestes (massage cardiaque essentiellement), défibriller précocement et enfin les soins de réanimation spécialisés.

Cette chaîne s'est parfaitement mise en route quand cet homme a commencé à raconter au pharmacien:

- "Ne le dites pas à ma femme, elle ne sait pas que j'en prends ! Au fait, j'ai une douleur dans la poitrine, ça me brûle..."

Devant cette demande et les symptômes inquiétants (douleur thoracique), le confrère pharmacien décide de demander conseil au SAMU Centre 15 (premier maillon). Le médecin régulateur envoie un véhicule de premiers secours des pompiers et nous déclenche en parallèle pour rejoindre les pompiers et effectuer un électrocardiogramme.

A peine arrivé sur place, et pendant que le collègue pompier m'explique la situation : homme dans l'ambulance, 60 ans, tabagique, douleur thoracique,...

- " Il est en arrêt, vite..."

L'homme vient de faire un arrêt cardio-respiratoire (le coeur vient de s'arrêter dans l'ambulance des pompiers) : massage cardiaque immédiat (deuxième maillon), pose du défibrillateur (troisième maillon).

La suite de la prise en charge médicale relève de la réanimation spécialisée (quatrième maillon) : intubation pour oxygéner, mise en place d'une perfusion pour injecter les médicaments (adrénaline, anti-arythmiques,..) et poursuite des chocs. Après 25 minutes de réanimation, six chocs électriques, de bonnes doses de médicaments, le coeur redémarre...

Bilan au médecin régulateur : une place nous attend en "salle de cathé" (salle de cathétérisme cardiaque) pour que les cardiologues réalisent une angioplastie (ou coronarographie – la "coro" dans le jargon) et débouchent l'artère coronaire obstruée, responsable de l'infarctus et de l'arrêt cardiaque.

La chaîne ne s'arrête donc pas là : elle continue sur la route avec l'escorte de police qui emmène le "convoi" en 8 minutes à l'hôpital... installation sur la table d'intervention, transmission au cardiologue.

Résultat :

Avant "coro", aucun flux sanguin ne circule dans une des artères coronaires totalement obstruée. Après "coro", l'artère est débouchée et le flux sanguin réapparaît !

La chaîne a ici parfaitement fonctionné : du premier témoin au cardiologue, en passant par les secouristes pompiers, notre équipe du SAMU et l'escorte de police. Et comme le disait mon confrère cardiologue : "on n'est pas cher payés, mais au moins on sert à quelquechose" !

Pour en savoir plus :

Et toutes les associations et initiatives de formation aux gestes d'urgence.

 

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