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La chronique du handicap

La chronique du handicap

Handicap : les enfants repoussent leurs limites

Rédigé le 25/02/2016 / 0

Malgré le handicap, certains se lancent parfois dans des défis no limit. Mais ce qui est plus surprenant, c'est lorsque les enfants s'en mêlent… Dans cette chronique, je vous convie donc à un tour du monde sur les traces de ces enfants handicapés qui, contre toute attente, ont réussi à repousser leurs limites.

Il n'y a pas d'âge pour être audacieux, voire complètement fou. Moi j'ai tenté la traversée de la Manche à 40 ans passés mais finalement je n'étais pas si précoce que ça. Certains juniors me battent à plate couture…

Le Trail de Bourbon à La Réunion

Personnellement, en 2014, je me suis lancé dans le « Trail de Bourbon », sous la houlette de deux associations, Run Handi Move et Handicap 2000. C'est une course de 95 km sur l'île de La Réunion, menée en parallèle de la légendaire « Diagonale des fous » qui rassemble les coureurs les plus insensés au monde. Cette épreuve est totalement extrême mais nous avons choisi de nous compliquer un peu la vie en emmenant une vingtaine d'enfants handicapés dans des joëlettes, sortes de chaises à porteur munies de deux roues. Imaginez le tracé : des sentiers de crête, des cirques vertigineux, des précipices… Une trentaine de porteurs bénévoles se sont relayés pour nous accompagner. Ces enfants réunionnais n'avaient jamais randonné et ne connaissaient pas leur île hors des sentiers battus.

Le défi de Théo

On poursuit ce voyage insensé en prenant un peu de hauteur avec mon petit protégé, Théo Curin. Quadri-amputé, phobique de l’eau, Théo s'est pourtant lancé dans la natation de haut-niveau il y a deux ans. Il y a quelques mois, il a répondu à une invitation un peu gonflée, sauter en parachute dans le cadre d’un stage qui rassemblait douze sportifs handicapés à Vichy. Il était le seul junior et s’est jeté dans le vide avec une belle assurance… Je lui tire vraiment mon chapeau.

L'association Fly n’kiss fait voler les enfants handicapés

L'association Fly n’kiss a pour particularité de faire voler des enfants handicapés. Parrainée par le rugbyman Sébastien Chabal, elle offre à des enfants malades, handicapés ou défavorisés des baptêmes de l'air personnalisés en avion léger, au départ de l'aérodrome de Saint-Cyr-l'Ecole, dans les Yvelines. Les enfants repartent avec des souvenirs plein la tête et des cadeaux plein les bras. 800 ont déjà pu savourer cette sensation incroyable.

L'exploit de Bailey en triathlon

Bailey, 8 ans, a accompli un exploit sur un triathlon junior. En juillet 2015, ce jeune Anglais a déclenché une vague d'émotion dans son pays. Atteint de paralysie cérébrale, il se lance dans un triathlon junior. 100 mètres de nage, 4 km à vélo et 1,3 en course. Sous les applaudissements, il chute dans la dernière ligne droite, se relève, rechute, se relève, toujours avec la banane !

Ce moment magique l’a propulsé au rang de star en Grande-Bretagne... Tout au long de l'épreuve, il a pu compter sur le soutien inconditionnel de son papa, Jonathan, lui-même triathlète amateur. C'est ce dernier qui a conçu un cadre de marche et un vélo adaptés, équipés de stabilisateurs, et a entraîné son fils à la natation dans un petit lac voisin.

Un raid au coeur des dunes

Vincent Barresi, lui aussi enfant du handicap, puisqu’il a été un enfant malade, paraplégique depuis 1963. A 63 ans, retraité de l'Education nationale, il a toujours une pêche d’enfer et décide donc d'emmener ceux qui lui ressemblent dans son sillage.

Sa passion pour la moto est encore toute fraîche. Elle remonte à 1995, date à laquelle il rencontre un médecin qui lui prête un side-car aménagé pour passer le permis moto. Vincent est conquis. Il décide donc d’emmener jusqu'en Afrique, au départ de Lyon, dix enfants handicapés ou malades, dans cinq side-cars et huit 4X4. Une idée de motard complètement folle! Il crée pour cela l'association "Les Enfants d'abord, les Enfants à bord".

En 2006, le staff de la première édition est au complet : dix enfants, cinquante accompagnateurs, dont une équipe médicale (médecin, infirmière, aide-soignante et kiné), et, bien sûr, toute la tribu familiale. Le concept repose sur le fait qu'au moins un des parents doit se joindre à l'aventure. Tous les enfants sont acceptés, de six à vingt ans, quel que soit leur handicap, à condition d’avoir un avis médical favorable. Cette aventure humaine et solidaire est ouverte à tous. Les participants sont renouvelés chaque année.

Une vie passée au service des autres a permis à Vincent Barresi d’être distingué par le Cercle National des Bénévoles, en recevant les Palmes d’Or du Mérite bénévole, le 12 février dernier.

À l'assaut de l'Himalaya

Il n'y a donc aucune limite donc pourquoi ne pas s’attaquer à l’Himalaya. En 2012, le docteur Pascal Duboc a mené quatre jeunes de 18 à 20 ans, handicapés moteurs, dans l'Himalaya, à l'aide de joëlettes. Son message ? Prouver que le handicap n'en est pas un ! Pourtant, trois des jeunes sont en coquille, sans aucune autonomie.

Cette aventure implique, en amont, l'ensemble de l'équipe pédagogique de l’institut Saint-Jean de Dieu, à Paris. L’enseignant a préparé les jeunes à la découverte du pays. Les orthophonistes ont amélioré l'élocution en prévision des coups de fil à la famille. Les ergothérapeutes ont travaillé la préhension du matériel photo ou de la tenue du stylo pour que chaque jeune puisse réaliser son propre carnet de bord... A terme, cette aventure est également destinée à nourrir un partenariat franco-népalais entre deux établissements spécialisés dans l'éducation d'adolescents handicapés moteur.

Des associations réalisent le rêve des enfants handicapés

Sans aller jusqu’à des défis aussi intenses, il existe de nombreuses associations qui s’impliquent pour réaliser le rêve d’enfants handicapés. Des rêves certes un peu moins excentriques comme rencontrer sa star préférée, nager avec les dauphins, conduire un tractopelle… Les hôpitaux et centres d’accueil  ont bien compris le bénéfice de tels projets. Le principal, ce n’est pas forcément d’en faire des tonnes mais d’ouvrir un coin de ciel bleu.

Toutes ces associations fonctionnent en relation avec les lieux de soins pédiatriques. Ce sont souvent même les hôpitaux qui font la démarche de contacter leurs bénévoles lorsqu’ils jugent qu’un enfant ne va pas très bien et en aurait besoin. La grande majorité des demandes ne viennent pas des familles mais des professionnels de santé. Et la plupart des projets sont systématiquement validés au préalable par les médecins référents de l’enfant. Ces rêves et défis s’inscrivent pleinement dans le parcours soin. On a aujourd’hui pleinement pris conscience que tout ce qui est bon pour le moral participe au bien-être et à la guérison.

Mais même pour rêver, le nerf de la guerre c’est l’argent… Toutes ces associations fonctionnent grâce aux dons privés et au mécénat. Alors n’hésitez pas à leur filer un petit coup de main. Les dons sont déductibles des impôts. Payer moins d’impôts, c’est pas le rêve de tout le monde ?