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La chronique du handicap

La chronique du handicap

Conduire avec un handicap : ça roule !

Rédigé le 20/04/2015 / 1

Aujourd'hui, la technologie en matière d'automobile permet le retour à l'autonomie et, selon le handicap, un vaste panel d'adaptations est proposé qui portent sur les pédales, le système de freinage, l'accélération. Il existe même un joystick qui commande l’accélération, le freinage et la direction. Voici quelques explications.

Voici cinq véhicules.

Véhicule numéro 1)

On voit sur ce parking, des véhicules aménagés pour les personnes en situation de handicap et nous allons commencer par cette petite voiture qui se nomme Elbee.

Elbee : (POUR LES PERSONNES QUI NE PEUVENT PAS CE TRANSFERER, ILS SONT TOTALEMENT AUTONOME DANS LEURS DEPLACEMENTS)

  • Quadricycle lourd pour conduite en fauteuil roulant
  • Accès en marche arrière par l’avant du véhicule.
  • Fauteuil manuel ou électrique.
  • 2 places : 1 fauteuil roulant + une place assise.
  • Range bagage arrière.
  • Homologué pour la conduite en fauteuil avec permis B1 (à partir de 16ans)
  • Vitesse de pointe : 80km/h
  • La personne en fauteuil roulant rentre en marche arrière à l’intérieur du véhicule et le
  • fauteuil est bloqué grâce au système d’encrage automatique

 

Véhicule numéro 2)

Nous sommes sur le même principe que la petite voiture mais cette fois-ci nous rentrons par l'arrière.

Skoda Yeti Mobility : (POUR LES PERSONNES QUI NE PEUVENT PAS CE TRANSFERER, ILS SONT TOTALEMENT AUTONOME DANS LEURS DEPLACEMENTS)

  • Conducteur et/ou passager avant en fauteuil roulant manuel ou électrique + 2 places assises à l’arrière.
  • Décaissement intérieur de l’arrière jusqu’au poste avant conducteur et passager.
  • Accès en fauteuil roulant électrique ou manuel, par le hayon arrière à l’aide d’une rampe repliable.
  • Ouverture électrique du hayon et de la rampe arrière à l’aide d’une télécommande.
  • Le fauteuil roulant se positionne sur une embase de fixation automatique.

Véhicule numéro 3)

Là, nous attaquons un gros dossier puisque ce véhicule se conduit sans toucher le volant ni les pédales.

Mercedes classe V 250 :

Les adaptations :

  • Hayon sous plancher pour permettre l’accès en fauteuil roulant directement à l’intérieur du véhicule.
  • Siège pivotant pour un transfert à l’intérieur du véhicule.
  • Joystick avec support  permettant de gérer la direction, l’accélération et le freinage.
  • Passage de vitesse via une télécommande.
  • Accoudoir à gauche pour commander : clignotants, klaxon, régulateur, frein à main, vitres conducteur et passager ainsi que  l’ouverture de  portail  garage.

Véhicule numéro 4)

Un peu dans le style de ce véhicule, on a réalisé un prototype pour permettre à un jeune tétraplégique de conduire. Cette idée, un peu folle, est née de la rencontre entre Thomas Veillon, tétraplégique depuis l’âge de 15 ans, et Pascal Candotto, PDG de la société ACA spécialisée dans l'aménagement de véhicules. Ils ont adapté et testé ce prototype dont nous voyons quelques photos.

La voiture se conduit avec un joystick que Thomas manie avec son menton. Les marches arrière et avant se font grâce à une commande occipitale, et tout le reste est géré par la voix. C’est une première mondiale !

http://www.aca-france.com/accueil.php

Véhicule numéro 5)

Voici enfin une moto à trois roues, le Can-am, adaptée pour une personne paraplégique ou amputé d'une ou deux jambes.

Où peut-on passer son permis de conduire ?

Les conditions d’accès au permis de conduire restent un problème car il existe peu d'auto-écoles spécialisées qui disposent des aménagements nécessaires.  Selon le département, on en trouve une à cinq seulement. Mais, attention, le prix du permis de conduire est deux fois à trois fois supérieur à un permis classique. Encore une fois, double peine !

Pour toute question relative à la conduite des personnes handicapées, il faut s’adresser à un organisme dédié…Il s'agit du CEREMH. Il propose, notamment, la liste des auto-écoles spécialisées mais aussi celle des adaptations sur véhicules et renseigne sur toutes les aides financières. Il fournit également la liste des CRF (Centres de rééducation fonctionnelle) préparant à la conduite, une soixantaine en France. C’est vraiment le référent incontournable sur cette question.

Comment réactualiser son permis lorsque le handicap survient alors qu’on en est déjà titulaire ?

Le candidat doit passer devant la commission médicale de la sous-préfecture, qui déterminera s’il est apte ou non à la conduite, en donnant un avis définitif ou temporaire. 

Le CEREMH procède également à des évaluations avant cet examen qui permettent de déceler les inaptitudes.

Mais, une fois qu’on a son permis, c’est la galère pour se garer...

Il faut faire une demande, auprès de la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées), de carte européenne de stationnement. Il faut s’y prendre à l’avance, même avant d’avoir son permis car ça peut prendre des mois. Ensuite, il faut trouver les places de stationnement réservées et là ce n’est pas une mince affaire car elles sont régulièrement occupées par des automobilistes peu scrupuleux, sans parler du trafic et des vols de cartes. Rien qu'à Paris, il y aurait 25 000 cartes de stationnement falsifiées. Un vrai business…

Le site handicap.fr a mis au point une application bien utile sur PC et smartphone géolocalise tous les emplacements réservés aux personnes handicapées dans toute la France. 58 000 places sont ainsi recensées dans plus de 640 villes.

Et puis, bonne nouvelle depuis novembre 2014 pour les conducteurs handicapés, en effet, les députés ont voté la gratuité du stationnement pour les personnes handicapées dans toute la France, sur toutes les places, même non réservées. Plus besoin de passer pas l’horodateur mais, attention, ce privilège est une fois encore réservé aux titulaires de la carte européenne de stationnement.

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