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La littérature érotique féminine, un genre nouveau

Rédigé le 20/04/2017 / 0

G. Un nom qui rend un hommage au point G et qui en dit long sur les désirs de cette nouvelle collection érotique. Libérer la littérature érotique et la placer sous le drapeau de l'épanouissement sexuel féminin. Adieu aux fantasmes masculins issus du X et à la new romance mais place à un genre nouveau, qui s'affranchit des codes classiques de la littérature érotique.

Les éditions La Musardine, maison libertine, et Octavie Delvaux, auteur de Sex in the kitchen, ont lancé un pari avec cette nouvelle collection. Enfin des textes écrits par des femmes pour des femmes. Misandre ? Peut-être…

"Mais depuis le début de la littérature érotique, c'est l'inverse : les textes sont écrit par des hommes pour des hommes, s'exclame Octavie Delvaux. Avant Histoire d'O, aucune femme n'avait écrit dans ce domaine. Et Histoire d'O était pour son amant, donc écrit pour exciter un homme. La première femme qui a écrit pour son plaisir personnel et sans penser à un homme, est Françoise Rey (NDLR : auteur de romans érotiques)."

Il était donc temps d'inverser la tendance et il fallait le côté provocateur et taquin d'Octavie pour la mettre en mots libertins… "Je trouvais que c'était une bonne idée de revendiquer et cela n'interdit pas aux hommes de le lire !"

Des textes écrits par les femmes pour les femmes

D'emblée, la collection propose des textes revendiquant une "sexualité féminine épanouie et assumée, forme de féminisme moderne." Elle dit adieu à certains fantasmes masculins, très représentés dans la littérature érotique jusqu'à présent, comme le culte du pénis ("les femmes aiment les pénis, mais elles ne sont pas en adoration", s'amuse la jeune femme). Des fantasmes qui rappellent la pornographie et ne plaisent pas forcément aux femmes, si l'on en croit la directrice de la collection.

On est loin de la new romance, ces romans relatant une histoire d'amour parsemée d'érotisme light.  Ce genre censure les scènes explicites et reproduit toujours le même schéma : un homme plus puissant initiant une oie blanche aux joies du sexe et imposant sa domination. "Je trouve cela misogyne, commente Octavie. Cela ne va pas vers l'avancée dans l'émancipation sexuelle féminine et les rapports de couple !" Au contraire, G lève le voile des fantasmes féminins, dans toute leur richesse : "Il y a une pluralité de la fantasmagorie féminine, parfois une vraie envie d'aller chercher dans le sale et le dégradant, ça fait partie de ce que les femmes ont envie de lire – pas uniquement bien sûr."

La forme est elle aussi différente : "les femmes vont plus dans le détail, analyse Octavie. Elles écrivent des scènes de sexe plus longues et détaillées, où l'on sent la montée du désir, la dissection des sensations et des pensées." Les livres ne renient pas les sentiments qui émergent, la passion qui dévaste, le mécanisme de frustration qui exacerbe le désir : "les auteures vont moins censurer les choses de l'ordre des sentiments, on sait que l'on parle à des interlocutrices qui nous comprennent"…

Revendiquer une sexualité épanouie et libre

"Il est temps que les femmes revendiquent une sexualité complète, épanouie, qu’elles placent leur plaisir au même niveau, voire plus haut, que celui de leur partenaire masculin", s'exclame la directrice de collection. Et avec la collection G, Octavie Delvaux insuffle un vent de liberté sexuelle à la littérature érotique. Au plus grand plaisir des femmes… et pourquoi pas des hommes !

A lire chez G :

  • Parties communes, Anne Vassivière. La Musardine. 16€ ou 9€ au format epub.