1. / Blogs
  2. / 100% psycho-sexo

100% psycho-sexo

100% psycho-sexo

Infarctus : le sexe, une activité physique comme une autre

Rédigé le 22/09/2015 / 2

Cette étude va rassurer les personnes ayant eu un infarctus : à elles les galipettes sans stress ! S'il y a de nombreuses études sur l'activité physique après un infarctus, leur nombre est plus restreint à propos de l'activité sexuelle. Or une étude portant sur plus de 500 patients, confirme que faire l'amour n'est pas plus risqué que prendre l'escalier ou marcher rapidement.

Il s'agit d'une recherche allemande, publiée dans Le Journal of the American college of cardiology (Journal du collège américain de cardiologie) et intitulé "Sex do not increase heart attack risk".

Après un infarctus, les patients sont souvent inquiets à l'idée de faire l'amour. Fatigue, dépression, médicaments pour le cœur altérant l'érection ou la libido,… plusieurs raisons parasitent souvent la spontanéité et le bon déroulement de la sexualité.

Certaines histoires entretiennent cette crainte, comme le président Félix Faure mort dans les bras de sa maîtresse soi-disant au cours d'une fellation divine (et mortelle). Mais il faut savoir que l'activité sexuelle est comparable au fait de monter deux étages (sortez vos chronomètres, 20 marches en 10 secondes) ou à la marche rapide (à 3 à 6 km à l'heure sur une surface plane). Avec le ou la partenaire habituel(le) – on fait toujours plus d'effort avec un nouvel amant…- et dans des circonstances classiques, sans se lancer dans des pratiques acrobatiques ou farfelues.

Un déclencheur improbable de l'infarctus

Les auteurs de l'étude allemande suivirent 536 patients souffrant d'une atteinte cardiaque et âgés de 30 à 70 ans, et évaluèrent leur activité sexuelle dans les 12 mois précédant l'infarctus. Ils déterminèrent ensuite l'association entre la fréquence de l'activité sexuelle avec les évènements cardio-vasculaires, tels que la crise cardiaque, l'accident vasculaire cérébral.

Seuls 0,7% des participants à l'étude avaient fait l'amour dans l'heure qui précéda l'infarctus, contre 78% plus de 24 heures avant. 14,9% des patients n'avaient pas eu de rapport sexuel dans la période de suivi, 4,7% seulement en avaient 1 fois par mois, plus d'1/4 moins d'une fois par mois et 55% se laissaient tenter par la bagatelle, une fois ou plus par mois. De plus, 100 troubles cardiaques survinrent dans les 10 ans de suivi sans qu'aucun soit lié à la sexualité.

Le Dr D. Rothenacher, l'auteur principal, estime qu'"il semble très improbable que l'activité sexuelle soit un facteur déclenchant pertinent de la crise cardiaque".

Trop pudiques et concentrés sur la vie de leurs patients, les cardiologues n'ont pas l'habitude d'aborder spontanément le sujet. Ce que confirme le Dr Dillinger, cardiologue : "spontanément on ne parle pas de la sexualité. On leur conseille de ne pas faire d'activité physique dans le mois qui suit l'infarctus et on les pousse ensuite à bouger, en l'absence d'angine de poitrine, car ils ont souvent peur de le faire."

En pratique

"Il faut considérer que c'est une activité physique comme une autre, explique le cardiologue. Et il y a beaucoup d'études sur l'activité physique en revanche !" La reprise doit se faire progressivement, en évitant un effort violent d'emblée.

La fédération de cardiologie recommande d'attendre jusqu'à 6 semaines, précisant que le risque est diminué si la personne pratique une activité physique régulière et prend ses médicaments protecteurs du cœur sans oubli.

La vie sexuelle n'est pas encore une priorité dans les consultations de cardiologies. Or retrouver le plaisir sexuel, c'est se sentir à nouveau vivant…  Espérons qu'un jour, faire l'amour rentrera dans les conseils prodigués aux patients, au même titre que pratiquer une activité sportive !