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Fantasme : normal ou anormal ?

Rédigé le 17/11/2014 / 0

Les sexologues ont beau répéter que la normalité n'existe pas en sexualité, on se demande toujours si l'on est normal, si l'on fait assez l'amour ou encore si nos fantasmes sont normaux. Pour répondre à cette dernière question, Christian Joyal, professeur titulaire au Département de psychologie de l'Université du Québec, a cherché des réponses auprès de la population générale. Les résultats ont été publiés le 31 octobre 2014 dans le Journal of Sexual Medicine.

Le fantasme anormal est bien défini :   il implique un partenaire non consentant, une souffrance ou la jouissance nécessite impérativement la réalisation du fantasme. Mais comment définir un fantasme normal ? En cherchant la réponse à la source, autrement dit en interrogeant des personnes lambda…

Comme la majorité des études à propos des fantasmes normaux ont été réalisées auprès d'étudiants, les auteurs ont donc demandé à 1517 adultes (799 hommes et 718 femmes, avec un âge moyen de 30 ans) de leur confier ce qui les émoustillaient à l'aide d'un questionnaire… D'après l'auteur, Christian Joyal, " comme on le soupçonnait, il y a beaucoup plus de fantasmes communs que de fantasmes atypiques."  Et leur nature est très variée, incluant des fantasmes considérés comme inhabituelles, tels que le voyeurisme, la soumission ou encore le fétichisme. D'après les auteurs, seuls 2 fantasmes étaient statistiquement rares, la pédophilie et la zoophilie.

Des différences hommes/femmes

Les hommes en ont davantage que les femmes et les rapportent avec plus de facilité. L'idée du triolisme, de sexe oral, de regarder leur femme avoir un rapport avec un autre homme leur fait de l'effet….  La majorité de la gent masculine aimeraient bien réaliser certains de leurs fantasmes, alors que les femmes  les distinguent bien de leurs souhaits.

Ces dames restent plus romantiques que ces messieurs puisqu'elles sont plus nombreuses à inclure le partenaire amoureux dans leurs fantaisies érotiques ou à rêver d'une plage isolée… Elles sont nombreuses (30 à 60% d'entre elles) à fantasmer à l'idée d'être forcée à avoir un rapport, d'être tapée sur les fesses, d'être attachée (plus étonnant, la soumission sexuelle fait également fantasmer plus de la moitié des hommes interrogés). Lorsqu'ils sont en couple, les hommes sont davantage stimulés par l'idée d'une relation extra-conjugale que les épouses.

Et Christian Joyal avoue toutefois été intrigué par "le nombre non négligeable de fantasmes masculins particuliers, concernant par exemple le sexe anal chez les hétérosexuels et l'idée de regarder sa partenaire avoir une relation sexuelle avec un autre homme. Il reconnaît un biais à son étude : les personnes qui répondent à ce type d'enquête sont moins coincées que la population générale…

Le Dr Joyal oriente désormais ses recherches vers certains phénomènes de société, comme la compréhension du phénomène éditorial 50 nuances de Grey. Vous serez tenus au courant du résultat !

Source : Joyal, Christian. Cossette, Amélie et Vanessa Lapierre. What exactly is an unusual sexual fantasy, Journal of Sexual Medicine, 31 octobre 2014.