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Est-ce dangereux de faire du sport dans une ville polluée ?

Ne pas faire de sport ce n'est pas bon, s’exposer à la pollution, non plus alors finalement on ne sait plus quoi faire ! Quels sont les risques de la sédentarité et de la pollution pour notre santé ? Les réponses de notre spécialiste.

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Est-ce dangereux de faire du sport dans une ville polluée ?

La question est tout à fait légitime et on peut se dire qu’il existe à la fois des risques à être sédentaire et à être exposé à la pollution urbaine.   

La sédentarité est un ennemi majeur avec pour risques principaux les maladies cardiovasculaires, les démences, le diabète de type 2, le cancer du sein chez les femmes et le cancer du côlon chez les hommes et chez les femmes.  

Face à cela, les risques liés à la pollution sont les maladies cérébro-vasculaires, les infections des voies respiratoires basses, la prématurité et le petit poids de naissance.  

Choisir entre la peste et le choléra !  

Existe-t-il des réponses scientifiques pour nous guider dans notre choix car faire du sport dans la pollution urbaine est-ce vraiment la peine ? 
Plusieurs études nous renseignent, et parmi celles-ci un travail publié dans la revue de l'Institut de veille sanitaire montre que les bénéfices du vélo pour la santé "sont largement supérieurs aux risques associés" à l'inhalation de polluants dans l'air mais également à l'exposition accrue aux accidents de la route. Selon cette étude, le système de vélos en libre-service" aurait permis, en augmentant l'activité physique des individus d'épargner 12 vies par an contre une augmentation de 0,16 décès par an dus aux accidents de la circulation et à une inhalation plus importante de polluants" durant ces trajets. (source : BEH 6 octobre 2015).

 

En outre, la pratique du vélo et de la marche bénéficient non seulement aux cyclistes et marcheurs comme on vient de le voir mais aussi à la population générale de la ville en réduisant le niveau de pollution.

D’ailleurs une étude américaine plus ancienne de 2003 (Vernez Moudon et Lee, 2003) évaluant l’impact de la marche et du vélo sur la pollution urbaine avait montré que de promouvoir une activité physique réduisait les encombrements de la circulation mais aussi la pollution.  

Parmi les déplacements, 90 % s’effectuent en automobile alors que près de la moitiés d’entre eux (46%) sont des distances courtes (<1,6 à 3,2 km) qui conviennent parfaitement à la marche ou au vélo.   

En résumé faire de l’activité physique c’est bon pour la santé du pratiquant et c’est bon pour réduire la pollution urbaine donc c’est bon pour tout le monde ! 

Comment expliquer la gêne à l’effort lors des pics de pollution ? 

Les sujets sensibles voient leurs symptômes apparaître ou s’amplifier lors des pics à la pollution. Les symptômes sont souvent une gêne respiratoire ou cardiaque, par exemple un essoufflement, des sifflements ventilatoires ou des palpitations. 

Il faut savoir que le volume d’air ventilé lors d’une séance de sport est sept à dix fois supérieur qu’au repos. Ce sont donc sept à dix fois plus de particules polluantes qui auront l’opportunité de fragiliser le système pulmonaire ou cardio-vasculaire. 

Les grèves jouent-elles sur le niveau de pollution ? 

Une étude récente (mai 2019) de l’INSEE montre qu’en cas de perturbation des transports en commun, une partie de la population se tourne vers le transport automobile : les temps de parcours sont alors plus longs, et la pollution de l’air augmente. 

Le jour de la perturbation, la concentration en monoxyde de carbone est plus élevée. Les jours suivants, la concentration en particules fines dans l’air augmente. 

D’ailleurs les admissions aux urgences pour affections aiguës des voies respiratoires supérieures sont significativement plus nombreuses. 

À l’inverse, la perturbation dans les transports induit une moindre propagation virale, due à moins d’échanges et contacts entre individus. Les admissions aux urgences pour grippe et gastro-entérite diminuent les jours suivant la perturbation.

Quels conseils donner en cas de pic de pollution ?  

  • Éviter les activités physiques et sportives intenses (dont les compétitions), autant en plein air qu’à l’intérieur pour les populations sensibles.
  • Reporter les activités qui demandent le plus d’effort.
  • Éviter les déplacements sur les grands axes routiers et à leurs abords, aux périodes de pointe.
  • Éviter les sorties durant l’après-midi.

La plus grande précaution est de mise au moindre symptôme !

On distinguera les populations vulnérables que sont le femmes enceintes, les nourrissons, les personnes âgées de plus de 65 ans, et les personnes asthmatiques ou cardiaques. 

Pour toutes les autres personnes qui veulent faire du sport en ville, les conseils sont : 

  • Pas d’utilité d’un masque, car aucun n’est efficace pour empêcher ces particules néfastes de pollution de rentrer dans nos organismes.
  • Trouver un "environnement vert" pour leur exercice quotidien, et éviter la proximité du trafic routier. Idéalement il faut choisir un endroit loin d’une rue passante, dans un parc en hauteur et bien ventilé. 
  • Éviter de faire du sport pendant les heures de pointe.
  • Souvent la pollution urbaine diminue quand il pleut ou quand il vente.
  • Consulter site météo et d’étude de la qualité de l’air de votre ville comme Air Parif

En prenant ces quelques précautions vous pourrez faire du sport en ville sans trop de gêne et même avec la pollution urbaine vous en tirerez un bénéfice pour votre santé !  

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