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Notre-Dame : l’association Robin des Bois porte plainte contre X

Le Monde révèle que l’association porte plainte pour "mise en danger de la personne d’autrui". Elle dénonce "l’inertie des pouvoirs publics" après l’incendie de Notre-Dame, qui aurait relâché près de 400 tonnes de plomb dans l’air.

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Notre-Dame : l’association Robin des Bois porte plainte contre X
© Pompiers de Paris

Des "carences fautives ayant pour conséquences la mise en danger délibérée de la personne d’autrui et la non-assistance à personne en danger". C’est ce que reproche aux pouvoirs publics l’association Robin des Bois après l’incendie de Notre-Dame. D’après son porte-parole Jacky Bonnemains, près de 400 tonnes de plomb ont en effet été relâchées dans l’air, sans que la Mairie de Paris, l’Agence régionale de santé (ARS) d’Île-de-France ou la préfecture de police ne prennent conscience de l’urgence de la situation. L’association a donc décidé de déposer une plainte contre X le 26 juillet, révèle Le Monde.

Une "inertie des pouvoirs publics"

"En trois mois, nous avons accumulé assez de preuves de l’inertie des pouvoirs publics pour décider de saisir la justice", a développé Jacky Bonnemains dans les colonnes du Monde. Il dénonce notamment des mesures de protection des habitants insuffisantes. Le 19 juillet pourtant, l’ARS la préfecture de police et la Mairie avaient organisé un point presse, à l’occasion duquel elles avaient affirmé que les niveaux de plomb présents aux alentours de la cathédrale n’étaient pas préoccupants. "La santé de la population a été préservée", avait alors déclaré Aurélien Rousseau, directeur de l’ARS.

À la fin du mois d’avril déjà, deux semaines après l’incendie, Robins de Bois s’inquiétait de l’absence de réaction concrète des pouvoirs publics. Comme Jacky Bonnemains l’expliquait à Allodocteurs.fr, "tous les riverains sont concernés, en priorité ceux qui ont ouvert leur fenêtre au moment de l’incendie et ceux qui étaient sur leur balcon". De plus, "les badauds qui se trouvaient à proximité de l’incendie sont susceptibles d’avoir été touchés par des résidus toxiques de plomb" ajoutait-il.

Enfin, les vents tourbillonnants ayant dispersé les poussières et le phénomène ayant perduré avec les pluies et les sécheresses successives, "les riverains ont aussi pu ramener chez eux des poussières déposées sur leurs chaussures" nous avait assuré Jacky Bonnemains. Il existe donc, selon lui, un vrai risque de migration du plomb dans les sols des appartements.

"Les autorités de santé doivent organiser un dépistage"

"Si des personnes ont inhalé du plomb, les autorités de santé doivent organiser un dépistage pour vérifier les taux de plomb dans leur sang" réagissait pour sa part la Dre Mady Denantes, médecin généraliste spécialiste du saturnisme. Les femmes enceintes, les jeunes enfants et les femmes en âge de procréer devraient être les premiers concernés, selon la praticienne. Celle-ci s’inquiétait notamment du risque de petites intoxications chez les enfants, qui peuvent avoir des conséquences sur leur développement psychomoteur.

De leur côté, l’ARS, la Mairie et la préfecture ont répété avoir pris des mesures adéquates. Dans un communiqué commun publié fin avril, elles ont conseillé aux riverains de nettoyer leurs meubles avec des lingettes. Puis, le 18 juillet, elles ont dévoilé une cartographie des niveaux de plomb aux alentours de la cathédrale. Le 24 juillet enfin, ​les pouvoirs publics ont décidé de fermer deux écoles parisiennes, qui accueillaient 180 enfants pendant l'été, en raison d'une concentration de plomb trop élevée.

À l’heure actuelle, ont sait que jusqu’à 500.000 microgrammes de plomb par mètre carré ont été retrouvés sur le parvis de Notre-Dame, et que 20.000 µg de plomb par mètre carré ont été retrouvés autour de la place Saint-Michel.

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