Vers un test respiratoire de la tuberculose ?

Vers un test respiratoire de la tuberculose ?

Des chercheurs ont annoncé la mise au point préliminaire d'un test respiratoire pour détecter rapidement la plupart des cas de tuberculose, dans un article publié mardi 23 septembre 2014 par la revue scientifique Nature.

La rédaction d'AlloDocteurs
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Le test n'a pour l'instant été expérimenté qu'en laboratoire et chez des lapins. Il permet de détecter les cas de tuberculose sensibles à l'isoniazide, l'un des antibiotiques les plus couramment utilisés pour traiter la tuberculose.

Les méthodes actuelles de détection du bacille de Koch (BK), la bactérie responsable de la tuberculose, passent par des tests sanguins ou des examens au microscope qui ne sont pas extrêmement fiables et nécessitent une confirmation microbiologique pouvant prendre plusieurs semaines.

Un résultat rapide, mais pas toujours fiable

Des chercheurs de l'université de New Mexico à Albuquerque (USA) ont développé un test respiratoire capable de détecter la présence de BK sensibles à l'isoniazide, grâce à l'analyse de l'air expiré par le sujet, par spectrométrie de masse, technique qui permet de détecter et d'identifier des molécules en mesurant leur masse.

Chez des lapins infectés par la tuberculose, un tel test est devenu positif en l'espace de 5 à 10 minutes après l'administration d'un isoniazide spécial, avec un marqueur spécifique. Aucune réaction n'a en revanche été observée chez des lapins non infectés par le bacille.

Un résultat négatif ne peut toutefois pas complètement écarter une tuberculose, notent les chercheurs, dans la mesure où certaines souches du bacille de Koch sont résistantes à l'isoniazide et donc ne réagissent pas en présence de cet anti-tuberculeux.

Prévenir les souches multirésistantes

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), environ 3,7% des nouveaux cas de tuberculose dans le monde sont dus à des souches multirésistantes à l'isoniazide et à la rifampicine (autre antibiotique de premier recours contre la tuberculose), mais la proportion peut atteindre 20% des patients déjà traités.

S'ils sont validés par des tests cliniques chez l'homme, ces tests respiratoires devraient, selon les chercheurs, faciliter le travail des médecins et permettre la mise en route rapide de traitements.

En 2012, 8,6 millions de personnes ont développé la tuberculose dans le monde et 1,3 million en sont mortes, selon l'OMS

Source : Rapid in vivo detection of ​isoniazid-sensitive Mycobacterium tuberculosis by breath test Nature Communications 23 September 2014 doi:10.1038/ncomms5989

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