Les plus pauvres, plus vulnérables face au cancer

Les plus pauvres, plus vulnérables face au cancer

Si de manière générale la mortalité par cancer diminue, les personnes défavorisées continuent de souffrir et mourir de cette maladie davantage que les autres. Mauvaises conditions de vie, tabagisme accru, dépistage et suivi médical défaillants... Autant de raisons qui rendent les plus pauvres davantage susceptibles de développer un cancer.

La rédaction d'AlloDocteurs
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"Les inégalités sociales ne cessent de s'aggraver face au cancer", déplore l'Institut National du Cancer (INCa) qui organise demain un colloque à ce sujet.

Pourtant en 2008, l'Institut de Veille Sanitaire (InVS) mettait déjà en lumière le "rôle majeur du cancer dans les inégalités sociales de mortalité en France" dans un rapport. L'année suivante, le Plan national contre le cancer 2009-2013 faisait figurer parmi ses trois grands thèmes une meilleure prise en compte des "inégalités de santé pour assurer plus d'équité et d'efficacité dans l'ensemble des mesures de lutte contre les cancers". Mais la situation n'a pas évolué depuis, selon le Pr Agnès Buzyn, présidente de l'INCa, avec des "progrès et innovations qui profitent avant tout aux plus favorisés".

Faible niveau d'études, plus fort risque de cancer

"La corrélation entre un faible niveau d'études et un plus fort risque de cancer n'a cessé d'augmenter ces vingt dernières années", a précisé Agnès Buzyn lors d'un point presse. "Un cadre a une espérance de vie de six ans supérieure à celle d'un ouvrier, et même de sept ans quand on prend en compte l'espérance de vie sans incapacité", a expliqué Jean-Baptiste Herbet, chargé du département Recherches en sciences humaines et sociales de l'INCa.

Les catégories socioprofessionnelles les plus défavorisées, en plus d'avoir un risque accru de développer un cancer, sont victimes d'inégalités "à tous les stades du cancer : dépistage, accès au soin et mortalité".

Même une fois guéris, ils ont plus de difficultés à retrouver un emploi lorsqu'ils l'ont perdu.  "Une personne qui occupe un emploi d'exécution a 62% de chances de retrouver un travail deux ans après la maladie, contre 78% pour les cadres."

Demain, le 4 décembre 2012, professionnels de santé, représentants d'associations de malades, décideurs institutionnels et chercheurs se réuniront pour étudier comment corriger ces inégalités et éviter qu'elles ne surviennent. Le président de la République, François Hollande, prononcera le discours de clôture de ce colloque, à la Cité universitaire de Paris.

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