Bulletin de santé du 22 août 2011

Le maintien de la vigilance orange canicule jusqu'à mardi, le recyclage des médicaments en question, les Français plutôt favorables à l'euthanasie, une étude sur les dégâts du "binge drinking" aux Pays-Bas... C'est l'information médicale du jour.

La rédaction d'AlloDocteurs
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Canicule : l'alerte maintenue jusqu'à mardi

La chaleur qui s'est abattue sur la moitié sud de la France ce week-end a peut-être contribué à la mort d'une vieille dame en Haute-Garonne, mais les services d'urgence ne semblent pas avoir connu de pic d'activité.

Il s'agissait du premier week-end de canicule de l'été 2011 et selon Météo-France, sans doute du dernier.

Une octogénaire est morte dans la nuit de vendredi à samedi à Balma, près de Toulouse. Mais comme elle avait coutume de dormir avec une couverture et de faire marcher son chauffage à pleine puissance en toutes saisons, il est assez aléatoire d'imputer son décès à la canicule, a indiqué le sous-préfet de la Haute-Garonne Bernard Bahut.

Les personnes âgées figurent parmi les plus vulnérables à ces grosses chaleurs, comme l'a rappelé la canicule mortelle de 2003.

Cependant, malgré le maintien ou le placement de 12 départements du Sud-Ouest et du Centre-Est en état de vigilance orange dimanche 21 août, on restait très loin de la canicule de 2003 en ce qui concerne l'intensité, la durée et le bilan humain.

Dans le Gers, le Lot-et-Garonne ou le Tarn-et-Garonne en état de vigilance, on ne relevait aucun surcroît d'activité dû à la canicule au SAMU, dans les hôpitaux ou chez les pompiers, selon les préfectures concernées.

On voulait croire que le déclenchement du niveau 2 du plan canicule, les alertes de Météo-France et la diffusion de l'information par les médias avaient porté leurs fruits.

Cependant, cela n'aura pas empêché des comportements jugés "irresponsables" par le sous-préfet de la Haute-Garonne, comme ce père qui, dans la nuit de samedi à dimanche, a laissé son enfant de 7 ans dormir dans la voiture pendant qu'il buvait au bar.

Météo-France a maintenu la vigilance orange jusqu'à lundi au moins dans 5 départements autour de Toulouse (Haute-Garonne, Gers, Lot-et-Garonne, Tarn et Tarn-et-Garonne) et 7 autour de Lyon (Rhône, Ain, Allier, Isère, Loire, Puy-de-Dôme, Saône-et-Loire). Les températures resteront au-dessus des normales saisonnières, mais baisseront doucement selon Météo-France. La canicule devrait prendre fin mardi 23 août sur le Sud-Ouest, et mercredi 24 août sur le Centre-Est.

Source : AFP

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    • Canicule Info Service
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Médicaments : le recyclage en question

Une équipe de chercheurs de l'université de Stanford, à Paolo Alto, en Californie, s'est penchée sur la question du recyclage des médicaments déjà présents sur le circuit thérapeutique. Son objectif ? Dénicher le médicament ayant une efficacité méconnue sur certaines pathologies en dehors de son indication !

Utiliser un médicament en dehors de son indication n'a rien d'innovant. L'exemple le plus abouti étant le Viagra®, aujourd'hui prescrit pour les dysfonctionnements érectiles, mais à l'origine développé pour traiter l'hypertension et les douleurs de poitrine. Plus récemment, le Mediator®, commercialisé depuis 1975 pour traiter du diabète, a ces dernières années été utilisé et prescrit en dehors de son indication, en  tant que coupe-faim pour les personnes en surpoids, conduisant au "scandale Mediator".

Pour mener à bien cette étude, dont les premiers résultats sont parus dans la revue scientifique Science Translational Medicine, les chercheurs ont utilisé une base de données des National Institutes of Health regroupant les résultats de milliers d'études génomiques sur un large éventail de sujets. Y sont notifiés des changements dans l'activité des gènes dans des tissus malades ou en réponse aux médicaments.

Les chercheurs ont œuvré sur 100 maladies et 164 médicaments. Ils ont créé un programme informatique afin de trouver des médicaments et des maladies qui pourraient avoir des effets génétiques qui s'annulent. Ainsi, si une maladie augmente l'activité de certains gènes, le programme a tenté de la faire correspondre avec un ou plusieurs médicaments qui diminuent l'activité de ces gènes.

Les chercheurs ont ensuite testé en laboratoire certaines de leurs prédictions. La cimétidide, un anti-ulcéreux qui devrait agir contre le cancer du poumon, a bien inhibé la croissance de ces cellules tumorales chez la souris, tandis que le topiramate, un anticonvulsivant qui devrait améliorer les symptômes de la maladie inflammatoire du côlon, a bien réduit les dommages sur le côlon sur un modèle murin de la maladie. Ces résultats suggèrent que ces deux médicaments pourraient recevoir une nouvelle indication pour traiter le cancer du poumon ou les MICI (maladies inflammatoires chroniques de l’intestin).

Cette étude, si elle s'avère complètement fiable, pourrait permettre une certaine économie de temps et d'argent, puisque que l'on estime qu'il faut en moyenne 15 ans et 800 millions de dollars pour découvrir et introduire sur le marché un nouveau médicament. Or le recyclage de médicaments déjà sur le circuit permettrait d'éviter la longue procédure liée aux rigoureux tests de sûreté exigés par les Agences du médicament.

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Sondage : près d'un Français sur deux favorable à l'euthanasie active

Près d'un Français sur deux (49 %) estime que la loi devrait autoriser les médecins à mettre un terme à la vie de personnes atteintes de maladies incurables alors que 45 % y sont favorables "dans certains cas seulement", indique un sondage Ifop sans préciser quels sont ces cas.

Ce sondage paru samedi 20 août 2011, dans le quotidien Sud-Ouest, marque une légère augmentation du nombre des Français favorables à l'euthanasie active puisque, selon l'Ifop, 36 % d'entre eux l'approuvaient "absolument" en octobre 2010, ce qui représente "une progression de 13 points en 10 mois seulement".

Cette évolution note l'Ifop, "n'est sans doute pas sans rapport avec la mise en examen, le 12 août 2011, du Dr Bonnemaison", urgentiste à l'hôpital de Bayonne soupçonné d'avoir abrégé au cours des 5 derniers mois la vie d'au moins 5 patients âgés.

L'affaire a relancé le débat sur l'euthanasie et suscité un vaste mouvement de soutien au Dr Bonnemaison sur internet.

Toujours selon Ifop, ce sont les "seniors" qui sont majoritairement favorables à une révision de la loi : 56 % parmi les 50-64 ans et 48 % chez les 65 ans et plus. Tout en se disant globalement acquis à une légalisation de l'euthanasie active, les moins de 35 ans apparaissent un peu plus réservés : 41 % seulement d'entre eux se déclarent "absolument en faveur d'une évolution de la législation".

Source : AFP, Sud-Ouest

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Le "binge drinking" fait des dégâts

De nombreuses études montrent une alcoolisation croissante des adolescents, faisant du "binge drinking" un véritable problème de santé publique en Europe. La consommation d'alcool deviendrait de plus en plus excessive et concernerait des adolescents de plus en plus jeunes.

Ainsi, aux Pays-Bas, d'après les résultats d'une étude parue dans le European Journal of Pediatrics, 56 % des adolescents avant 12 ans et 93 % avant 16 ans ont bu au moins une fois, et 16 % et 78 % de façon régulière. L'enquête a été conduite entre 2007 et 2009, auprès des services d'urgences enregistrant les cas d'intoxication éthylique de 11 à 17 ans. Le nombre d'adolescents admis a augmenté de 203 cas en 2007 à 245 en 2008 et 365 en 2009, soit une augmentation de 80 % en 3 ans. La drogue la plus souvent associée était le cannabis (7,5 % des cas), avec une prévalence moindre que dans la population générale (aux Pays-Bas le cannabis est légal à partir de 18 ans).

Au total, il existe une augmentation inquiétante de l'intoxication éthylique des adolescents. Les auteurs de l'étude préconisent de porter l'âge légal d'achats de boissons alcoolisées aux Pays-Bas de 16 à 18 ans.

En France, l'augmentation, entre 2004 et 2007, d'environ 50 % chez les moins de 15 ans et les 15-24 ans des ivresses graves nécessitant une hospitalisation, a entrainé l'interdiction de vendre ou d'offrir de l'alcool aux moins de 18 ans (loi du 22 juillet 2009).

Source : Bouthoorn S et coll.
"Adolescent alcohol intoxication in Dutch hospital centers of pediatrics"
European Journal of Pediatrics
, 2011, vol. 170  

 

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