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Sucre : gare à l'addiction !

La consommation de sucre provoque-t-elle la même addiction qu'une drogue dure ? Le potentiel addictif du sucre est prouvé. On pourra peut-être à l'avenir expliquer l'épidémie d'obésité chez les adolescents, habitués dès l'enfance à manger et à boire beaucoup trop sucré.

Rédigé le , mis à jour le

Sucre : gare à l'addiction !

- Chronique de Solveig Darrigo -
 

Est-ce que l’appréciation du goût sucré est "innée" dès l’enfance ?

Oui, cette appréciation du goût sucré a été mise en évidence chez les nourrissons depuis très longtemps, mais elle serait déjà acquise in utero ! Par contre, tout le monde n’a pas la même sensibilité au goût sucré : il existe des différences génétiques, culturelles et selon l’âge.

Les boissons sucrées ne sont pas dosées au même taux selon le pays de commercialisation. Le goût pour le sucré est très prononcé à la naissance et pendant l’enfance (jusqu’à l'âge de 15 ans environ), mais cela diminue à l’âge adulte puis se stabilise ensuite.

Si le bébé aime déjà le goût sucré à la naissance, cela signifie qu’il a déjà un rapport affectif avec le sucre. Peut-on en déduire que c’est un besoin ?

Tout à fait, il y a un lien qui se fait très tôt entre goût sucré et plaisir : c’est un besoin physiologique, car notre corps a besoin de l’énergie que procure le sucre mais aussi du plaisir que procure cette consommation de sucre ! Notre cerveau reçoit un message de satisfaction = plaisir gustatif (et donc libération de neurotransmetteurs).

Mais ce plaisir déclenché par le goût sucré, peut-il devenir dangereux ? Et conduire à une dépendance au sucre ?

Disons que les aliments sucrés font du bien, donc on s’oriente plus facilement vers ce type d’aliments (le goût sucré correspond aux sucres "rapides" et non aux féculents). L’attirance pour le sucré est vérifiée, mais aussi pour les aliments à forte densité énergétique, très gras et très sucrés, qui attirent et "soulagent" un stress/angoisse. Mais selon une analyse récente, aucune véritable addiction au sucre n’existe chez l’homme.

La vraie dépendance se caractérise par :

- une avidité : une perte de contrôle de soi ;
- une tolérance : il faut toujours consommer plus pour obtenir l’effet désiré ;
- des symptômes de sevrage : manque à l’arrêt.

Or :

- la préférence pour le goût sucré diminue avec l’âge ;
- le sucre n’entraîne pas de développement de tolérance : il n’est pas nécessaire d’en consommer toujours plus pour obtenir l’effet recherché ;

- les obèses n’ont pas un goût plus marqué pour le sucré que les personnes de poids normal ;

- l’obésité augmente tandis que la consommation de sucre reste stable depuis 40 ans ;

- certaines personnes utilisent la nourriture (pas un aliment en particulier, ni forcément un goût sucré) comme une drogue/toxique, pour se "remplir", mais il s’agit alors d’un comportement pathologique type boulimique ;
- jamais de symptôme de sevrage observé à l’arrêt d'une consommation d'aliments sucrés (contrairement à la nicotine par exemple).

Est-ce qu’en se privant justement du goût sucré et d’aliments sucrés (comme dans certains régimes amaigrissants), on ne risque pas d’exacerber son envie de consommer des produits sucrés ?

Les interdits et les régimes très restrictifs favorisent la frustration et donc des effets pervers non négligeables de compensation ! Supprimer les sucres provoque en plus une dégradation de l’humeur : le cerveau se nourrit essentiellement de sucre !

Cela augmente donc le risque de troubles du comportement alimentaire…

Conseils nutritionnels pour gérer notre "goût pour le sucré" :

  • Préférer la modération aux interdits : surtout chez les enfants. Mieux vaut leur apprendre à consommer le sucre que leur dire que "ce n’est pas bon pour la santé".
  • Apprendre à manger sucré "consistant" : attention aux sucres liquides dans les boissons, qui ne calment pas l’appétit ; il faut mâcher.
  • Apprendre à lire les étiquettes : elles induisent parfois en erreur et entraînent une consommation plus élevée ; "sans sucre ajoutés" ou "à teneur réduite en sucres" ou "sans sucre" n’ont pas les mêmes signification ! Les produits Light : peuvent être une "aide" mais en aucun cas une solution.
  • Réserver les boissons sucrées aux occasions particulières : jus de fruits ou sodas (idem au plan calorique d'ailleurs !) ne remplacent pas l'eau !
  • Intégrer le plaisir sucré dans un "contexte favorable" : éviter le côté nomade, la TV et tout élément perturbateur et "se poser" pour manger un dessert.
  • Ne pas focaliser sur le sucre : si on veut réduire les calories !

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