Une ministre révèle son cancer pour ''faire évoluer le regard de la société''

La ministre de la Famille, Dominique Bertinotti, révèle avoir souffert d'un cancer du sein diagnostiqué il y a neuf mois, dans un entretien au journal Le Monde daté du 23 novembre 2013.

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Une ministre révèle son cancer pour ''faire évoluer le regard de la société''
Une ministre révèle son cancer pour ''faire évoluer le regard de la société''

Lorsque le cancer a été diagnostiqué lors d'une mammographie de routine fin février 2013, et un traitement de chimiothérapie, chirurgie et radiothérapie prescrit, Dominique Bertinotti, 59 ans, n'a informé ni le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, ni sa ministre de tutelle, Marisol Touraine, indique-t-elle.

Après sa première séance de chimiothérapie, le 2 mars 2013, elle a juste demandé un rendez-vous à François Hollande, relate-t-elle. Elle lui a dit : "j'ai un cancer. Je suis entré dans une phase de traitement. Je souhaite que cela reste strictement entre nous".

La loi sur l'ouverture du mariage et de l'adoption aux couples homosexuels, qu'elle a portée avec sa collègue de la Justice, Christiane Taubira, allait alors entamer son parcours parlementaire.

Portant une perruque, la ministre a continué d'assurer ses fonctions, organisant son agenda en fonction des séances de chimiothérapie.

Dominique Bertinotti vient d'effectuer cette semaine une dernière séance de radiothérapie avant "la quille", a-t-elle précisé au journal.

Faire évoluer le regard de la société

Elle dit avoir choisi de parler maintenant "pour aider à faire évoluer le regard de la société sur cette maladie dont le nom est terriblement anxiogène. Pour montrer qu'on peut avoir un cancer et continuer une vie au travail. Pour que les employeurs comprennent que la mise en congé longue maladie n'est pas forcément la meilleure des solutions".

Elle est également sortie du silence "pour qu'il y ait moins de peur, plus de compréhension. Pour qu'on réfléchisse sur les inégalités face au coût des traitements de confort, comme le vernis spécial pour les ongles ou la perruque, qui sont si importants".

"Serais-je restée silencieuse si je n'avais pas été une femme politique ? Je ne sais pas. Personne ne peut dire comment on va entrer dans la maladie. Instinctivement, je ne voulais pas mettre le cancer au centre", déclare-t-elle.

 

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