Ski : prévenir les traumatismes crâniens

Durant les vacances d'hiver, les urgentistes sont souvent sollicités en raison des accidents de ski et notamment des traumatismes crâniens… Mais comment repérer ces traumatismes ? Comment réagir face à un accident ? Et surtout comment les prévenir ?

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Ski : prévenir les traumatismes crâniens

Sur les pistes, le port du casque est fortement recommandé pour les enfants et souvent obligatoire dans les écoles de ski. Les débutants ont en effet deux fois plus de risques d'avoir un accident que les skieurs confirmés. Le port du casque leur est fortement conseillé, car il permet de diviser par deux le risque de traumatisme crânien en cas de collision.

Le traumatisme crânien n'est pas la blessure la plus fréquente au ski, mais c'est la plus dangereuse. Il s'agit d'une lésion du cerveau provoquée par un contact brusque entre la matière cérébrale et la boîte crânienne lors d'un choc.

On distingue plusieurs types de traumatismes crâniens. La commotion cérébrale, qui se manifeste par une courte perte de connaissance. La contusion cérébrale, où des saignements du cerveau entraînent un oedème. Enfin, la boîte crânienne peut avoir été fracturée ou fissurée par le choc.

Face à un accident, il faut d'abord assurer la protection du suraccident en balisant avec ses skis en amont du lieu de l'accident. Si le patient est inconscient, il faut vérifier qu'il respire et éviter tout mouvement. Théoriquement, mise en position latérale de sécurité, mais dans ce cas particulier, la bascule prudente de la tête en arrière est préférable pour ne pas risquer d'aggraver d'éventuelles lésions.

Si le patient est conscient, mais a des douleurs ou un comportement anormal, il faut également alerter les secours et ne pas mobiliser la victime. Seuls les traumatismes peu violents, sans symptômes ne nécessitent pas de consultation. En revanche, une surveillance s'impose pour vérifier qu'aucun symptôme n'apparaît dans les 24-48 heures.

Un examen neurologique sera nécessaire et peut-être même un scanner. Soit le patient a des symptômes à l'examen, et un scanner est indiqué car il permet de voir l'intérieur du crâne qui nous intéresse ; soit il n'y a pas d'anomalies à l'examen, et le scanner n'est pas indiqué. Votre médecin décidera…. Il ne sert à rien, voire il est dangereux, de réaliser des examens irradiants s'ils sont inutiles.

Pour éviter un traumatisme crânien ou du moins en limiter les conséquences, la meilleure des prévention reste la prudence avec un comportement adapté sur les pistes : maîtriser sa vitesse, respecter les autres usagers,… Mais un moyen simple existe : c'est le port d'un casque. Encore faut-il un casque adapté. Un casque qui ne tient pas bien, ne protège pas totalement. Il ne doit pas glisser lors des mouvements de la tête, il faut ajuster les sangles et il existe même de nouveaux systèmes qui permettent de caler la tête au maximum à l'arrière du crâne.

D'après l'Association des médecins de montagne, qui publie chaque année un bilan de l'accidentologie des sports d'hiver, le traumatisme crânien représentait 3,3 % des lésions en 2011. Un chiffre en augmentation malgré la prévention. Le port du casque pour les enfants de moins de 11 ans est pourtant passé de 15 % en 2005 à 95 % en 2011. Les médecins de montagne préconisent donc le port d'un casque quel que soit l'âge et invitent les adolescents et les adultes à adopter plus largement cette pratique.

Le casque doit être confortable, aéré et conforme. Une norme européenne – la norme EN 1077 -  doit être mentionnée sur le casque. Les casques pour le ski ou le surf des neiges ne sont en effet pas les mêmes que les casques pour le vélo par exemple. Donc il ne faut pas utiliser le casque pour tous les sports, les exigences de sécurité et donc la conception des casques sont très différentes. Et après une chute ou en cas de choc, on change de casque pour assurer une protection maximale.

Enfin, ne pas oublier également les conseils de prévention de base : échauffement, prudence, matériel adapté (fixations, chaussures,...).

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