Sarah Hébert abandonne sa traversée de l'Atlantique

Sarah Hébert, jeune windsurfeuse de 27 ans, en avait fait le pari : elle deviendrait la première femme à traverser l'Atlantique sur une planche voile. Mais des problèmes de santé et de mauvaises conditions météorologiques l'ont forcée à abandonner. Elle avait récemment subi l'implantation d'un défibrillateur cardiaque.

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Sarah Hébert abandonne sa traversée de l'Atlantique

Sarah Hébert dans "Le Magazine de la santé", sur France 5, le 19 janvier 2012, avant le début de sa traversée de l'Atlantique

Partie le 22 février 2012 du Sénégal sur une planche "grand public", elle comptait rejoindre la Guadeloupe en 25 jours, simplement assistée d'un catamaran suiveur. Nous l'avions reçue avant son départ pour nous parler de son aventure, sur le plateau du "Magazine de la santé", le 19 janvier 2012.

Le défi aurait été audacieux pour n'importe quelle sportive de haut niveau. Mais il l'était d'autant plus pour elle, qui s'était fait implanter un défibrillateur cardiaque, ou pacemaker,  il y a six mois, suite à la découverte fortuite d'une sévère arythmie cardiaque.

Quand le corps dit "stop"

La jeune femme a malheureusement du renoncer. D'après son service de presse, Sarah avait rencontré, ces derniers jours, de multiples difficultés.

Physiquement tout d'abord, elle avait vécu dimanche 4 mars une alerte. Victime de vertiges, à la limite de la perte de connaissance, avec un symptôme de représentation spatiale altérée, elle s'était vue dans l'obligation d'appeler le bateau qui la suivait pour pouvoir se reposer à bord.

Mais à cette grande faiblesse se sont ajoutées des conditions météorologiques exécrables qui ont empêché la championne de reprendre convenablement des forces. La houle et les vents violents ont perturbé son sommeil, jamais récupérateur.

Le staff médical à terre, joint par téléphone satellitaire, a estimé que la jeune femme souffrait d'anémie, un manque de fer qui ne pouvait pas être prise en charge à bord.

"Une part de risque dans tout ce que l'on fait"

Déraisonnable, pour la championne, de se lancer dans une telle épopée avec un défibrillateur ? En cas de malaise, le défibrillateur envoie un choc électrique au cœur qui peut provoquer de graves malaises, voire une perte de connaissance. Sans compter que la jeune femme avait embarqué son stock de bétabloquants, qu'elle est contrainte de prendre quotidiennement.

"Il y a eu une bataille médicale entre plusieurs spécialiste, à ce sujet", admettait-elle sur le plateau du "Magazine de la santé", en janvier dernier. "Certains médecins m'ont soutenue, d'autres moins." Mais la jeune femme avait tenu à mener à bien son projet. "Mon cardiologue, qui me suis depuis 5 ans, m'a confirmé qu'il était 300 % derrière moi. J'aurai son portable en mer si jamais un problème survient. Et de toutes façons, il y a une part de risque dans tout ce que l'on fait", avait-elle ajouté.

Haut les cœurs !

Malgré son échec, Sarah Hébert ne regrette rien, et ne remet pas en cause sa préparation. "Je ferai l'analyse de tout ceci une fois reposée, mais je sais déjà que ni ma préparation, ni mon matériel, ni le cœur que j'ai mis à l'ouvrage ne peuvent être remis en question", a-t-elle déclaré à l'AFP.

Bien que déçue, Sarah voit déjà ce que l'expérience lui a apporté de bénéfique. Et relativise. "Il faut parfois simplement accepter ses limites, celle du corps qui dit stop, pour s'éviter le pire. J'ai appris sur moi, sur l'océan et le grand large. Toute cette expérience me sera utile à l'avenir pour relever de nouveaux défis".