Première mâchoire « imprimée en 3 D » implantée avec succès

L'impression en trois dimensions, une technique de production très innovante, trouve des applications en médecine. Des chercheurs de l'université d'Hasselt, aux Pays-Bas, ont implanté avec succès la première mâchoire artificielle, issue de ce procédé, chez une femme de 83 ans.

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Première mâchoire « imprimée en 3 D » implantée avec succès
Première mâchoire « imprimée en 3 D » implantée avec succès

Implanter une mâchoire, qui nous permet de parler, de manger, et qui est reliée à de nombreux nerfs, n'est pas chose facile. Mais une mâchoire inférieure artificielle, réalisée à partir de la technique d'impression 3D, a été implantée à une femme de 83 ans aux Pays-Bas. Ce procédé avait déjà été utilisé pour des parties de crânes ou de petites sections du visage, mais c'est la première fois qu'une mâchoire entière est réimplantée.

La patiente, qui souffrait d'une infection osseuse grave de la mandibule, a reçu une mâchoire artificielle en titane de 107 grammes (ce qui est un peu plus que le poids d'une vraie mâchoire).

L'intervention a permis de sauvegarder des fonctions vitales, comme la respiration, et des fonctions essentielles, comme la parole et les capacités gustatives, qui par une technique de reconstruction classique auraient été perdues… sans parler du bénéfice esthétique.

L'opération s'est déroulée il y a quelques mois, mais c'est seulement maintenant que l'équipe médicale en a fait l'annonce.

Impression… d'un objet ?

Vous connaissiez l'impression classique, mais saviez-vous que l'on pouvait imprimer des objets en trois dimensions ? Aussi appelée stéréolithographie, la technique permet de produire un objet en l'imprimant couche par couche (33 couches pour 1 mm de mâchoire), en déposant et en solidifiant de la matière. La technique était jusque là quasi exclusivement utilisée par les industriels, mais elle trouve désormais des applications en médecine, en design ou en architecture.

Une prothèse sur mesure

Dans le cas de la patiente, une modélisation en trois dimensions de la partie du squelette à remplacer a été faite. Puis, un ordinateur a "imprimé" une prothèse aux dimensions exactes pour elle. Cette prothèse "sur mesure" a ensuite pu être replacée dans son corps.

Cette technique novatrice permet une exactitude des mesures et de l'adaptation à la morphologie du patient bien supérieure, comparée à celle offerte par les prothèses faites "manuellement". Une précision qui améliore bien-sûr le confort post-opératoire du malade, mais qui facilite également le travail des chirurgiens.

Le médecin qui a dirigé l'équipe lors de l'opération a indiqué que l'utilisation de cette technique novatrice permettait de réduire de 3 ou 4 heures le temps de l'opération, contre 12 à 20 heures pour une opération de reconstruction classique. Cette première mondiale ouvre la voie à de nouvelles techniques de chirurgie esthétique et réparatrice.