Plus d'information sur la pilule du lendemain

Mal connue, la pilule du lendemain nécessite davantage d'information aussi bien pour le grand public pour que les professionnels de santé. C'est ce que réclame la Haute Autorité de Santé (HAS) dans un rapport publié le 3 mai 2013.

Rédigé le , mis à jour le

Entretien avec Catherine Rumeau-Pichon, adjointe au directeur de l'évaluation médicale (HAS)

La pilule du lendemain est utilisable après un rapport non ou mal protégé pour éviter une grossesse. Contraception de rattrapage, elle doit être prise le plus tôt possible, dans les trois jours suivant le rapport pour le lévonorgestrel et dans les cinq jours pour l'acétate d'ulipristal. 

L'efficacité est d'autant plus élevée que la prise de la pilule est précoce. Mais la Hautre Autorité de Santé (HAS) rappelle qu'il s'agit d'une contraception d'urgence et en aucun cas d'un moyen contraceptif régulier puisque son efficacité est inférieure aux autres moyens contraceptifs.

La pilule du lendemain sans ordonnance

Concernant le mode de délivrance, dans 90% des cas, il se fait directement en pharmacie et sans prescription médicale. Les collégiennes et les lycéennes peuvent en disposer gratuitement auprès des infirmières scolaires dans les collèges et les lycées, ainsi que les étudiantes dans les services de médecine préventive. La pilule est également disponible dans les centres de planning familial et les services d'urgence.

La HAS constate que son utilisation a doublé au cours des dix dernières années, avec une stabilisation depuis 2010 où 1,3 million de boîtes avaient été vendues. Ce sont les 15-19 ans qui y ont le plus recours avec 20,5% qui reconnaissent y avoir eu recours au cours des 12 derniers mois,  contre 11,1% chez les 24-25 ans et 6,7% chez les 25-29 ans.

Davantage d'informations

D'après le rapport, les principales explications de l'absence de recours à cette contraception d'urgence sont la méconnaissance de la contraception d'urgence, une perception exagérée du risque d'effets indésirables, les craintes de la stigmatisation. Ce qui met en avant la nécessité d’une meilleure information du grand public, grâce des actions en milieu scolaire mais également des professionnels de santé, avec une amélioration de leur formation.

La HAS constate toutefois qu'une prescription systématique à l'avance n'est pas systématiquement souhaitable devant l’absence de preuves sur l'impact sur le nombre de grossesses à l'échelle de la population. Ce type de prescription doit être adaptée au cas par cas, par exemple pour les femmes ayant des difficultés financières ou des difficultés d'accès à une pharmacie ainsi que celles qui voyagent à l'étranger ou qui utilisent des méthodes contraceptives peu efficaces.

Enfin, l'organisme préconise d'associer à la prescription une information personnalisée sur la contraception, mais aussi sur la prévention du sida et des maladies sexuellement transmissibles.

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