Gardez la banane après la ménopause

La consommation d'aliments riche en potassium (bananes, pommes de terre, haricots blancs) apparaît réduire sensiblement le risque d'accident vasculaire cérébral (AVC) chez les femmes de plus de 50 ans, selon une étude de grande envergure publiée ce 5 septembre 2014 dans la revue Stroke.

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Gardez la banane après la ménopause
La banane est un des aliments les plus riches en potassium (cc-by-sa Steve Hopson)

De nombreuses études récentes soulignent l'intérêt de la consommation de potassium dans la réduction de la tension artérielle. En revanche, peu de données éclairaient jusqu'à présent sur la capacité d'un tel régime à prévenir la survenue d'accidents vasculaires cérébraux ou, plus généralement, d'allonger l'espérance de vie.

Afin de clarifier ce point, des épidémiologistes de l'Albert Einstein College of Medicine, dans l'état de New York, ont analysé les dossiers médicaux de 90.137 femmes âgées de 50 à 79 ans, suivies sur une moyenne de 11 ans (dans le cadre du programme Women's Health Initiative Observational Study).

En prenant en compte de nombreux facteurs (associés tant aux modes de vie qu'au profil et à l'âge des participantes), les chercheurs ont constaté un certain nombre de faits très en faveur des régimes riches en potassium.

Réduction importante du risque d'AVC pour les non-hypertendues

Ainsi, pour les femmes ne souffrant pas d'hypertension, le risque d'AVC ischémique (diminution de l'apport sanguin artériel au cerveau) est inférieur de 12% à 40% lorsqu'on compare le quart de la cohorte de femmes ayant l'alimentation la plus riche en potassium avec le quart dont le régime est le moins riche.

Selon les chercheurs, "une consommation élevée de potassium d'originaire alimentaire(1) apparaît bénéfique avant que l'hypertension artérielle se développe", aucun effet notable n'ayant pu être mesuré chez les femmes déjà hypertendues.

A noter que l'impact du potassium sur les AVC de type hémorragique n'a pas pu être mesuré, trop peu de femmes ayant été victimes de ce type d'attaque durant le temps de l'étude pour qu'une conclusion statistiquement valide puisse être formulée.

Un bénéfice global pour toutes

Pour l'ensemble des participantes de l'étude, le risque de décès (toutes causes confondues) à 11 ans était réduit de 5% à 15% chez les plus grandes consommatrices de potassium, comparées aux moins grandes consommatrices.

"Le département américain de l'Agriculture recommande que les femmes mangent au moins 4700 mg de potassium par jour", note Sylvia Wassertheil-Smoller, principale auteure de l'étude. "Mais seulement 2,8% des participantes à notre étude ont atteint ou dépassé ce niveau. La recommandation de l'Organisation mondiale de la santé pour les femmes est plus faible : 3510 mg ou plus. Pourtant, seulement 16,6% des participantes atteignent ou dépassent ce seuil."

La chercheuse rappelle toutefois que si l'augmentation de l'apport en potassium apparait une bonne idée "pour la plupart des femmes après la ménopause", "certains patients ont trop de potassium dans le sang, ce qui peut être dangereux pour le cœur". "Les gens devraient consulter leur médecin pour déterminer s'ils sont ou non en carence", insiste-t-elle.

Principale limite de l'étude : la consommation journalière en sel des participantes n'a pas été prise en considération. De ce fait, l'éventuelle importance de l'équilibre entre le taux de sodium et de potassium dans le sang n'a pas pu être analysée.

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(1) La question des compléments alimentaires n'a pas été étudiée par les chercheurs.

Source : Potassium Intake and Risk of Stroke in Women With Hypertension and Nonhypertension in the Women's Health Initiative, A. Seth, S. Wassertheil-Smolle et coll. Stroke, 5 sept. 2014, doi:10.1161/STROKEAHA.114.006046

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