Football : le coup de genou qui met Hugo Lloris KO

Le football n'a pas la réputation d'être un sport violent. Et, pourtant ! Le gardien et capitaine de l'équipe de France, Hugo Lloris, a été mis KO au cours du match qui opposait Tottenham à Everton, à l'occasion du championnat anglais, dimanche 3 novembre 2013. Un traumatisme aux multiples conséquences. Le professeur, Jean-François Chermann, neurologue nous les explique.

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Photo ©SIPA/REX/BPI/Matt West - Vidéo : Entretien avec le Dr Jean-François Chermann, neurologue et responsable d'une consultation commotion et sport à l'hôpital Léopold Bellan (Paris)

Le KO vient de l'anglais to knock out, littérairement traduit par "faire sortir en frappant". Bien que cette expression prenne tout son sens dans les sports de combat, le KO n'épargne aucune autre discipline sportive, y compris le football. Ces derniers temps, plusieurs joueurs de football ont été victimes de ce type de choc responsable de commotions cérébrales. Le dernier en date est donc le KO subi par Hugo Lloris, le 3 novembre 2013, à la 80e minute au cours du match qui l'opposait à l'équipe anglaise Everton.

En rugby, le délai du retour au jeu s'évalue en fonction de la gravité du KO technique.

  • Niveau 1 : lorsque le joueur ne manifeste ni perte de connaissance, ni amnésie durant moins de 30 minutes. Aucun délai particulier n'est prescrit.
  • Niveau 2 : lorsque le joueur subit une perte de connaissance de moins d'une minute, d'une amnésie ou d'autres symptômes de plus de 30 minutes mais durant moins de 24h. Le délai de reprise est d'une semaine.
  • Niveau 3 : lorsque le joueur souffre d'une perte de connaissance de plus d'une minute ou d'une amnésie supérieure à 24h ou des symptômes présents encore à sept jours. Le délai de reprise est de deux semaines.

"Un coup sur la tête"

"Le KO est un coup sur la tête qui provoque des troubles neurologiques se caractérisant par des commotions et des lésions", explique le professeur Jean-François Chermann, neurologue. En effet, lorsqu'il y a un choc, le cerveau se balance dans le cerveau. Il se cogne contre les parois de la boîte crânienne, générant ainsi des lésions du lobe frontal.

Après l'accident, "le joueur souffre du syndrome post commotionnel qui se manifeste par des maux de têtes, une instabilité, des insomnies, de la fatigue, une irritabilité ou encore une somnolence", précise le neurologue. "Mais dans 80% des cas, ces symptômes se résorbent en moins de cinq jours", rassure le spécialiste.

Hugo Lloris s'est projeté sur le sol. Sa tempe a été violemment percutée de manière involontaire par le genou gauche d'un joueur de l'équipe adverse. Le capitaine de l'équipe de France, alors complètement sonné, est resté au sol pendant un certain temps. Une perte de connaissance manifestée par seulement 10% des cas.

Pas de retour sur le terrain pour Hugo Lloris

Après avoir repris ses esprits, Hugo Lloris a refusé de céder sa place, malgré l'interdiction de l'équipe médicale présente sur place. Plus de peur que de mal, une fois rétabli, le gardien de but a empêché quelques minutes plus tard Deulofeu d'ouvrir le score à la 87e minute.

Selon le professeur Chermann, "le joueur ne doit repartir sur le terrain sous aucun prétexte en raison des risques encourus". En effet, le joueur peut souffrir d'un trouble de la mémoire et sémantique (trouble du langage). "Dans ce cas de figure, Hugo Lloris était atteint du syndrome de l'automate, autrement dit, il était sous pilote automatique, c'est-à-dire qu'il a gardé ses réflexes de jeu."

Mais, le plus dangereux est de subir une seconde commotion. Dans des cas très rare, la multiplicité de commotions peut être responsable sans aucune explication d'un œdème cérébral, allant jusqu'au décès. D'autre part, avec une reprise après un état de KO, le sportif perd ses capacités physiques sur le terrain, l'exposant à d'autres blessures dues au manque d'attention provoqué par le choc.

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