Au Hockey, le cerveau ne reste pas de glace

Les résultats d'une étude du cerveau d'un ancien hockeyeur professionnel, Derek Boogaard, décédé à l'âge de 28 ans, montre des signes précoces d'une maladie neurodégénérative liée à un traumatisme crânien répété.

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Au Hockey, le cerveau ne reste pas de glace

En 277 matchs dans la LNH (la ligue professionnelle de Hockey), Boogaard a marqué trois buts, mais a surtout écopé de 589 minutes de pénalités et aurait participé à 61 combats en saison régulière. Il aurait livré en tout et pour tout 174 combats au cours de sa carrière professionnelle…

Boogaard n'avait plus joué depuis le 9 décembre 2010, en raison de blessures liées à ses combats, dont une commotion cérébrale.

Ce Derek Boogaard était donc un dur à cuire. Un vrai. Adepte des bagarres sur la glace, autorisées dans ce sport et seulement sanctionnées par 5 minutes de mise à pied.

Mais à 28 ans, le gaillard canadien s'est éteint à son domicile en mai 2011, des suites d'une surdose accidentelle d'alcool et d'oxycodone, un antidouleur. Sa famille a fait don de son cerveau à la recherche.

Et selon les premiers résultats de ces recherches, le cerveau de Boogaard montrait les premiers signes de l'encéphalopathie traumatique chronique (ETC), une maladie dégénérative.

Une maladie qui ne peut être diagnostiquée qu'à titre posthume, mais les scientifiques croient pouvoir établir des liens avec certains symptômes comme la perte de mémoire, l'impulsivité, les sautes d'humeur et même la dépendance.

Les scientifiques ont indiqué à la famille du bagarreur qu'ils avaient été étonnés d'examiner un cerveau aussi endommagé chez un homme de 28 ans. En raison des dommages qui se sont répandus à l'ensemble de son cerveau, Boogaard aurait pu souffrir de démence vers l'âge de 50 ans.

Si les chercheurs estiment que le lien entre coups reçus au cerveau et cette maladie n'est pas clairement établi, les doutes grossissent à mesure que ce genre d'études aboutissent.

Pendant deux ans avant sa mort, Boogaard avait d'autres problèmes, souligne le rapport comme la toxicomanie, l'instabilité émotionnelle et des problèmes de comportement, de même que des problèmes de mémoire à court terme et de désorientation.

Le docteur McKee, du Centre médical Bedford au Massachusetts (USA), qui a mené des recherches sur le cerveau du hockeyeur, a déjà réalisé l'analyse des cerveaux de plus de 70 anciens athlètes. Plus de 50 d'entre aux ont montré des signes d'ETC, dont 14 des 15 anciens joueurs de football Américains professionnels, ainsi que des joueurs de football collégiaux, de hockeyeurs, des lutteurs ou encore des boxeurs professionnels…

 

Source : "Ice hockey's hard knocks may not lead to brain injury", Chelsea Whyte, NewScientist, 20 décembre 2011

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