Dopage : Frank Schleck positif aux diurétiques

Frank Schleck, coureur cycliste luxembourgeois, arrivé troisième du Tour de France en 2011, a été forcé de quitter la course après un contrôle antidopage positif. La substance retrouvée dans son sang est un diurétique, considéré comme un produit masquant.

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Dopage : Frank Schleck positif aux diurétiques

Normalement utilisés pour traiter l'hypertension arterielle, les diurétiques sont interdits dans le sport car ils peuvent avoir une influence positive sur les performances des athlètes dans trois situations :

  • Lorsqu'il s'agit d'un sport comportant des catégories de poids, les diurétiques peuvent être utilisés pour perdre rapidement des kilos en éliminant l'eau de l'organisme. Ainsi, un athlète peu se retrouver dans une catégorie inférieure sans avoir perdu de masse musculaire.
  • Les diurétiques sont considérés comme des produits masquants car ils favorisent l'élimination par l'urine d'autres produits dopants, comme les anabolisants, par exemple.

  • Enfin, ils améliorent la dilatation des voies respiratoires, ce qui favorise la ventilation et permet à un athlète d'améliorer sa vitesse, mais uniquement pour des efforts de une à cinq minutes. Au-delà, dans des activités physiques intenses et prolongées, comme les étapes du Tour de France, les diurétiques, en augmentant la déshydratation du corps, pénalisent la performance.

Cependant, ils sont considérés par les autorités antidopage comme des "substances spécifiées". Cela signifie que si on arrive à démonter que le produit n'a pas été pris dans le cadre de la performance sportive, mais dans le cadre d'un traitement annexe, la sanction peut être modulée.

Selon le Dr Jean-Pierre Mondenard, médecin du sport spécialiste du dopage et auteur du livre Tour de France : Histoires extraordinaires des géants de la route, "prendre un diurétique dans une étape du Tour de France est un non-sens physiologique mais avec, en plus, un risque élevé de se faire épingler par la patrouille antidopage". En effet, les diurétiques font partie des substances les plus détectées par les contrôles antidopage. Selon lui, si un coureur prend intentionnellement une telle substance, il sait qu'il s'expose aux conséquences d'un test positif et à des mesures disciplinaires.

Dans ce cas, Frank Schleck, qui "conteste formellement" les accusations à son encontre, risque une sanction allant du blâme à une suspension de deux ans.

Cette affaire est la deuxième liée au dopage depuis le départ du Tour 2012, après l'interpellation du coureur français Rémy Di Grégorio.

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