Calvitie : les chercheurs font repousser les cheveux

Des chercheurs californiens sont parvenus à réactiver, sur des portions de peau humaine, les structures responsables de la production des cheveux.

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Entretien avec le Dr Pascal Reygagne, dermatologue et directeur du centre Sabouraud à l’hôpital Saint-Louis (Paris)

Des générations de chercheurs se sont échinées, en vain, à trouver un remède contre la calvitie. Si les traitements chimiques les plus performants ne font que ralentir le processus, les interventions chirurgicales ne sont pas non plus la panacée : en effet, celles-ci consistent simplement à prélever des cheveux (avec les follicules qui les produisent) à l'arrière du crâne pour les implanter sur le dessus. En somme, le nombre de nos cheveux ne peut jamais croître.

Les scientifiques rêvent depuis des années de trouver le moyen de réactiver les follicules pileux (la structure de la peau qui produit poils et cheveux), voire de forcer les cellules de la peau à se développer pour former de nouveaux follicules. Chez les souris, certaines cellules du derme, qui peuvent facilement être mises en culture, possèdent cette double capacité de génération et de régénération de follicules pileux. Malheureusement, chez l'homme, ce type de cellules perd toutes ses propriétés lorsque l'on force leur multiplication.

Une équipe californienne a analysé au niveau moléculaire la chaîne d'évènements qui entraîne la perte des capacités de ces cellules humaines. Ils ont découvert que celles-ci étaient très sensibles à la géométrie de leur environnement. Or, les cultures sont généralement réalisées dans des petits récipients en verre à fond plat... En réalisant les cultures dans des récipients sphériques, et en forçant les cellules à s'agglutiner les unes aux autres, les biologistes sont parvenus à leur faire conserver une grande partie de leurs capacités !

Sur sept cultures de cellules humaines (issues de sept donneurs) réalisées par les chercheurs californiens, cinq se sont avérées viables. Ces cellules ont été injectées entre le derme et l'épiderme de petites portions de peau humaine, elles-mêmes greffées sur des souris. Des cheveux ont bientôt commencé à pousser sur les greffons.

Avant de pouvoir proposer des injections de cellules aux chauves de toutes les nations, les chercheurs devront toutefois parvenir à maîtriser l'ensemble des éléments qui font d'un cheveu plus qu'un simple poil, à savoir leur angle de pousse, leur couleur ou leur texture... Difficile, pour l'heure, de savoir si ces différents problèmes seront aisément résolus par les scientifiques, qui n'ont probablement pas fini de s'arracher les cheveux.

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