Bientôt un vaccin contre la tourista ?

Des chercheurs de l'université de Cambridge viennent de concevoir un vaccin à même d'aider l'organisme à combattre les bactéries véhiculant la tourista et la fièvre typhoïde. Déjà expérimenté sur les souris, avec des résultats jugés encourageants par l'équipe de recherche, le vaccin pourrait entrer dans une phase d'essais cliniques sur l'homme dans le courant de l'année 2013.

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Bientôt un vaccin contre la tourista ?
La bactérie E. coli, dont certaines souches sont responsables de la tourista

Malaises, maux de ventre, nausées, vomissements, selles liquides : les symptômes de la tourista sont connus de tous les grands voyageurs. Chaque année, près de 10 millions de personnes voyageant dans les pays tropicaux sont touchés par cette "diarrhée du voyageur".

Escherichia coli (fréquemment abrégée E. coli), est une bactérie intestinale qui compose près de 80% de la flore intestinale humaine. Certaines souches d'E. coli peuvent être pathogènes et entraîner gastro-entérites, infections urinaires, méningites ou des infections sanguines. La souche d'E. coli incriminée dans la tourista s'introduit dans l'intestin humain par l'eau et la nourriture contaminées.  (Source : OMS)

Le vaccin conçu par les chercheurs de Cambridge cible les souches de la bactérie Escherichia coli responsables de cette tourista, ainsi que les salmonelles responsables de la fièvre typhoïde.

Les scientifiques ont introduit une portion d'ADN spécifique aux souches pathogènes d'E. coli dans la paroi cellulaire de salmonelles, afin que celles-ci produisent certaines protéines propres à l'E. coli. "Les salmonelles sont plus à même de survivre dans le système digestif que d'autres microbes, et engendrent des réactions immunitaires plus fortes" expliquent les chercheurs sur le site de l'Université de Cambridge, dont l'objectif avoué est de réaliser un "coup double" en stimulant à la fois une réaction immunitaire aux salmonelles et à E. coli.

Les salmonelles modifiées ont par la suite été mises en culture, et soumises à un processus de dessiccation (procédé par lequel le liquide est extrait d'une substance). Ainsi réduites "en poudre", les bactéries sont ensuite conditionnées dans une gélule en vue d'une absorption par voie orale.

Après avoir passé la barrière du système digestif, la gélule se dissout. Dans ce milieu humide, les salmonelles se réhydratent et "reprennent vie". Elles sont alors identifiées par le système immunitaire, qui déclenche le processus d'élimination adéquat. La prochaine fois que le système immunitaire rencontrera la bactérie E. coli, il saura la reconnaître et réagir rapidement pour combattre l'envahisseur.

Le professeur Nigel Slater, directeur du projet de recherche, explique avoir conçu un vaccin sous forme sèche pour éviter les problèmes de stabilisation ou de conservation, fréquents dans les pays tropicaux. Selon un communiqué de l'Université de Cambridge, les expérimentations sur les souris ont "bien fonctionné", et des essais cliniques pourraient commencer dans le courant de l'année 2013.

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