Une visite de pré-retraite pour les salariés les plus exposés

Depuis le 1er octobre, les salariés qui ont occupé des postes à risques pour leur santé ou leur sécurité, bénéficient d’une visite médicale de fin de carrière avant leur départ à la retraite.

Camille Leclercq
Rédigé le , mis à jour le

Ce sont les derniers coups de volant pour Denis, qui sera à la retraite dans quelques mois. 

"Physiquement en travaux publics tout est pénible. On pose des bordures, on met du mortier, on se met à genou. C’est physique, c’est sûr, avec mon âge et mon corps... quand je rentre à la maison, j’aime bien mon fauteuil" explique Denis Hohweyer, 59 ans.

Prévenir les maladies professionnelles

De mécanicien à chef de chantier en passant par conducteur de poids lourds, Denis a enfilé plusieurs casquettes. Plus de 40 ans de service, du stress et un corps mis à rude épreuve.  

Avant la retraite, Denis doit honorer un dernier rendez-vous avec la médecine du travail. Une heure d’échange pour revenir sur toute sa carrière. 

L’objectif est d'effectuer une traçabilité des risques encourus susceptibles de provoquer des maladies professionnelles. Parmi eux la manutention, le travail en hauteur, des expositions à l’amiante, au plomb ou encore à des agents cancérigènes.

Un suivi post-professionnel

"Cette visite médicale est importante parce qu’on sait que malheureusement certaines pathologies arrivent de façon très différées après la retraite. Il est important que le relai ou le suivi de santé, qui s’arrête avec le service de santé au travail, soit pris avec le médecin traitant", explique le Dr Céline Abraham-Deboom, médecin du travail au pôle Santé Travail à Lille.

Le médecin de Denis sera informé d’une exposition à l’amiante, aux rayons UV et à des carburants. Il pourra ainsi mettre en place des tests de dépistage, en temps et en heure.  

Tous les employés en suivi renforcé sont concernés. Des ébénistes aux garagistes en passant par les soudeurs. Ils représentent 16% des salariés du régime général.