Des soins palliatifs pour accompagner jusqu'au dernier souffle

Dans les unités de soins palliatifs, les équipes soignantes mettent tout en œuvre pour prendre en charge et apaiser les douleurs des patients en fin de vie.

Anaïs Plateau
Rédigé le

"On a pas mal d’outils pour soulager les patients de leurs symptômes. Vous avez des traitements que tout le monde connait, qui sont les antalgiques classiques qui permettent de soulager la douleur mais vous avez aussi ici dans cette unité des traitements plus novateurs comme le cannabis thérapeutique ou la pompe intrathécale, c’est comme une péridurale mais permanente en quelque sorte. 

En fait, on va utiliser tous les moyens qu’on a à notre disposition pour les soulager de la douleur ou les faire mieux vivre avec la douleur", explique le Dr Roger Thay, médecin de soins palliatifs du groupe hospitalier Diaconesses Croix Saint-Simon.

Les infirmières et aides-soignantes ne supervisent que très peu de patients. Leur objectif est de rendre leur séjour le plus confortable possible. 

Vivre au rythme des patients

"On peut prendre le temps de rester une heure dans une chambre à faire des soins ou, par exemple, le matin, on ne réveille pas les patients pour le petit-déjeuner. On vit au rythme des patients", confie Emilie Flandin, aide-soignante, du groupe hospitalier Diaconesses Croix Saint-Simon.

Dans l’unité, le dialogue entre toutes les personnes au contact du patient est primordial. Chaque semaine, les infirmières, les aides-soignantes, les médecins mais aussi l'assistante sociale, la kinésithérapeute se rassemblent pour discuter de projets pour chaque patient même s’ils sont là pour peu de temps. 

L’idée est de démédicaliser au maximum. Pour cela, cette unité propose aussi de l’art thérapie. 

"Le but aussi en soins palliatifs est de redonner une place de sujet pour la personne qui ne devient plus objet de la maladie. Elle retrouve une place de parent, enfant, époux, conjoint, peu importe. Elle retrouve ce statut qu’il avait dans le monde social en dehors de l’hôpital", précise Olivia Schweitzer, art-thérapeute, du groupe hospitalier Diaconesses Croix Saint-Simon.

Accompagnement des proches

Dans l'unité, la psychologue évalue si la personne hospitalisée a bien conscience de son état de santé. Les proches sont inclus dans sa prise en charge. 

"Pendant toutes les autres années de soins, le patient a été suivi seul. Ici, c’est un autre type de prise en charge. On prend le patient dans sa globalité, dans son environnement et dans son environnement, il y a ses proches. Ça peut être le compagnon, la compagne, ça peut être la meilleure amie, les enfants, les petits-enfants", déclare Anne-Solenn le Bihan, psychologue clinicienne du groupe hospitalier Diaconesses Croix Saint-Simon.

Dans cette unité ouverte depuis plus de dix ans, le manque de moyens se fait aussi sentir. En ce moment,10 lits sur 25 accueillent des patients à cause de la pénurie d’infirmiers. En septembre, seuls 9 patients sur 136 demandes d’hospitalisation reçues ont été admis.