1. / Sexo
  2. / Troubles sexuels
  3. / Vaginisme

Quels sont les traitements du vaginisme ?

Le vaginisme correspond à une contraction musculaire très douloureuse, rendant la pénétration d'un doigt, d'un pénis ou d'un sextoy très douloureuse voire impossible. Quels traitements et thérapies peuvent être proposés aux femmes qui en souffrent ?

Rédigé le

Quels sont les traitements du vaginisme ?
Crédit photo : Kanachaifoto - Fotolia.com

Il n'existe pas de médicament pour soigner le vaginisme mais des thérapies, et éventuellement des moyens médicaux, aident les patientes à surmonter la douleur et retrouver une sexualité plus épanouie. 

Les différentes thérapies

Elles comportent l'apprentissage de l'anatomie, une sexothérapie une thérapie comportementale, psychologique et si besoin une thérapie de couple. Les interlocuteurs vers qui se tourner en cas de vaginisme sont le gynécologue, le kinésithérapeute ou la sage-femme pour la rééducation périnéale, le sexologue et le psychologue.

L'approche sexo-corporelle est tournée vers le corps. Pour modifier le réflexe de la contracture, une meilleure connaissance de l'anatomie féminine est fondamentale, car bien souvent les femmes n'ont pas conscience de leur vagin, ni de sa capacité à accueillir le pénis, un doigt ou un sextoy. Expliquer le mécanisme de la contraction réflexe aidera aussi à mieux comprendre son trouble, à ressentir ce phénomène, puis à le modifier.

Les exercices de contraction-décontraction sont recommandés en commençant par les différents muscles du corps (à l'aide d'exercices de sophrologie ou d'hypnose par exemple), et en finissant par la vulve et le périnée. 

La kinésithérapie périnéale permettra de prendre conscience de la contracture et un travail de rééducation est mis en place, avec l'apprentissage de la décontraction des muscles, et de l'électro-stimulation. 

Si ces approches ne suffisent pas, les dilatateurs vaginaux progressifs peuvent être utilisés, avec du lubrifiant. Cette technique est appelée "désensibilisation systématique" et peut aider à prendre conscience de la cavité du vagin et de sa capacité d'accueil. Les exercices sont toujours très progressifs, pratiqués en douceur et avec bienveillance. Leur but n'est pas de forcer le corps mais peu à peu de lui faire intégrer qu'il est possible de s'abandonner au plaisir sans douleur. Une psychothérapie peut aussi être nécessaire pour comprendre les ressorts psychologiques, qui ont abouti au vaginisme, et les surmonter.

En parallèle, les rapports avec pénétration ne sont pas recommandés durant la thérapie, pour les dédramatiser et ôter l'appréhension de la douleur. La sexualité sans pénétration sera enrichie par des conseils pratiques, pour élargir le répertoire sexuel. Le ou la partenaire n'est pas oublié.e dans la prise en charge et participe activement à la thérapie ;  il est fondamental qu'il ou elle ne mette pas de pression de performance (la femme culpabilise souvent, à tort puisqu'elle n'est en rien responsable). Les difficultés de couple sont elles aussi prises en compte et résolues grâce à une thérapie de couple.

Cet ensemble de moyens aboutit à réconcilier la femme qui souffre de vaginisme avec le plaisir, cet excellent anti-douleur.

Moyens médicaux et études scientifiques

Certains traitements médicaux ont été proposés : anesthésiant local, comme la lidocaïne (soit avant ou après les rapports, soit en traitement de fond) ou antidépresseurs comme l'amitryptiline, antiépileptique. Leur efficacité et leur tolérance sont variables selon les femmes. Concernant la  toxine botulique, les études manquent de méthodologie et donc de fiabilité ; la rééducation périnéale avec électro-stimulation et désensibilisation, a montré sa supériorité sur la toxine, dans un essai clinique randomisé et contrôlé (de petite taille toutefois). Les moyens médicaux ne sont donc pas recommandés en premier recours. 

La prise en charge du vaginisme se heurte à la difficulté d'évaluer les études puisqu'il est compliqué de mettre en place des études randomisées et contrôlées, avec un groupe contrôle (méta-analyse de 2018). Les résultats sont donc à considérer avec prudence et avant tout, chaque femme choisira en accord avec le professionnel de santé les thérapies qui lui conviennent le mieux et lui permettent de diminuer progressivement les douleurs.

Sources :


[1] Interventions for vaginismus. Melnik. 2012 Dec. doi: 10.1002/14651858.CD001760.pub2.