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Amour et sexualité : ah, que les femmes sont compliquées !

3 404 femmes hétérosexuelles ont répondu à un questionnaire de 187 points, sur leur sexualité, décrivant dans le menu détails leurs fantasmes, orgasmes, excitations mais aussi déceptions. L'ouvrage intitulé "Les femmes, le sexe et l'amour - 3 000 femmes témoignent", paru aux éditions Les Arènes, est la suite en quelque sorte d'un précédent livre, sur la sexualité des hommes.

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Amour et sexualité : ah, que les femmes sont compliquées !

Philippe Brenot est psychiatre, sexologue, et dirige les enseignements de sexologie et de sexualité humaine à l’université Paris-Descartes.
Il était l'invité du "Magazine de la santé", le 15 juin 2011, pour son ouvrage Les hommes, le sexe et l'amour.

Les femmes, le sexe et l'amour

Pourquoi avoir choisi de s’intéresser à la sexualité des couples ?

Philippe Brenot : "Il n’existe aucune étude sur l’intimité de la sexualité dans le couple. Avec des confrères chercheurs, nous avons voulu y remédier. Nous sommes regroupés au sein d’une association, l’Observatoire des couples, afin de réfléchir ensemble à l’évolution de cette entité qu’est le couple.

"Vous savez, cette notion n’existe que depuis une cinquantaine d’années seulement. Avant, ne prédominait qu’un seul modèle, celui du couple-famille : plusieurs générations cohabitaient sous le même toît. Un foyer au sein duquel les grands-parents étaient les maîtres à penser en ce qui concerne notamment l’éducation des enfants.

"Depuis, nous nous sommes autonomisés, de nos parents d’une part, mais aussi de nos descendants. La grande nouveauté aujourd’hui, c’est que le couple est capable de se séparer de ses enfants, pour s’offrir du bon temps à deux. Avant, la sexualité de nos ancêtres s’arrêtait au premier enfant. Désormais, la dimension érotique perdure tout au long de la vie."

90 % des hommes disent atteindre l’orgasme à chaque rapport sexuel, contre seulement 16 % pour les femmes. Est-ce à dire que la gente féminine est frustrée ?

P.B. : "Non, les femmes ne sont pas frustrées. Mais elles sont soumises au diktat de l’orgasme masculin. Je m’explique : il existe une grande assymétrie en terme de jouissance, entre les hommes et les femmes. Lors du premier rapport sexuel, 74 % des garçons disent atteindre l’orgasme, qui est quasi-systématique avec l’éjaculation. Contre 6 % des filles seulement. Et 40 % d’entre elles avouent être déçues lors de cette première expérience.

"Pourquoi ? Parce que la jouissance masculine se résume dans sa grande majorité à l’éjaculation. Les hommes ne comprennent pas toujours l’intérêt des caresses, et des préliminaires qui sont pourtant nécessaires chez leurs partenaires. Ils n’ont pas conscience que la sexualité de la femme est différente de la leur. Et finalement, c’est la femme qui se soumet le plus souvent aux besoins de l’homme, à savoir l’éjaculation et la jouissance. Tout cela se fait de manière tacite, et dans un intérêt commun : ne pas mettre en péril le couple."

71 % des femmes confient avoir des fantasmes. Quels rôles ces fantasmes jouent-ils dans la sexualité des femmes ?

P.B. : "Les fantasmes sont plus fréquents et nécessaires chez la femme que chez l’homme. Le mâle lui, est très visuel. On le voit dans l’addiction de certains aux films pornographiques. Les femmes, elles sont dans l’imaginaire. Et les fantasmes sont un réservoir du désir qui permet d’accéder à une phase d’excitation.

"Or, la recette d’une bonne sexualité, c’est un maximum d’excitation et un maximum de détente. L’un sans l’autre, ça ne marche pas. Il peut nous arriver d’être excités mais tendus. Ou détendus mais pas très excités. Pour finir, je dirais que cette étude que nous venons de publier devrait nous alerter sur la nécessité de nos jours à mieux éduquer nos enfants à la sexualité. Aujourd’hui, ils n’ont droit qu’à 4 heures dans le secondaire, et cela consiste essentiellement à parler contraception. Et rien sur la sexualité. C’est dommage."

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