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Des propositions d'experts pour diminuer les violences sexuelles

Un rapport d'experts propose des pistes pour améliorer la prévention des violences sexuelles, mais également l'accompagnement et le suivi des auteurs.

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Des propositions d'experts pour diminuer les violences sexuelles
Des propositions d'experts pour diminuer les violences sexuelles

Lorsque l’on parle de violences sexuelles, on pense très légitimement à la prise en charge des victimes, gravement et durablement atteintes sur les plans tant physiques que psychologiques.

Hélas, la question de la prévention de ces violences, ainsi que celle de la prise en charge des auteurs une fois qu’ils sont passés à l’acte, restent insuffisamment débattues dans la société. En juin dernier, des experts issus des sphères judiciaires, médicales, psychiatriques et associatives se sont réunies pour faire un point sur vingt ans d’actions. Un rapport présentant leurs conclusions et leur préconisation va être remis au gouvernement dans les jours prochains.

Enquête de Santé "Pédophilie, crime ou maladie ?", diffusée le 01/10/2013. 

  • Prévenir le passage à l’acte des auteurs

L’un des principaux volets d’action du rapport est celui de la prévention. Les personnes qui ne sont pas encore passées à l’acte, "doivent pouvoir se voir proposer des mesures d’écoute, d’accompagnement et de soins", jugent les spécialistes.

Concernant les atteintes sur mineurs, les experts estiment nécessaire d’évaluer l’efficacité des réseaux d’écoute pour les pédophiles. Dans cet esprit, un numéro vert unique à destination "des personnes présentant une attirance sexuelle pour les enfants" doit être créé en juin 2019.

Concernant l’émergence, avant l’âge adulte, des comportements à risque liés au passage à l’acte, les experts appellent à la création de structures dédiées, qui suppléeraient ou se substitueraient aux dispositifs de pédopsychiatrie actuels. Les programmes scolaires doivent, selon eux, intégrer des questions aujourd’hui taboues liées au rapport à la sexualité et au plaisir sexuel, notamment afin de libérer la parole.

Les auteurs du rapport suggèrent également qu’une prévention spécifique soit proposée aux enfants qui ont un rapport problématique à la sexualité, compte-tenu de leur âge (emploi d’un vocabulaire relatif à la pornographie, attouchements, etc.)

  • Améliorer la formation des professionnels en contact avec les agresseurs

Un volet important du rapport concerne également la formation des professionnels en contact avec les auteurs de violences sexuelles, depuis le commissariat jusqu’aux établissements psychiatriques, en passant par les magistrats, les infirmiers, les éducateurs sociaux ou les partenaires associatifs. Concernant le volet psychiatrique, les experts jugent notamment que la formation universitaire est aujourd’hui très lacunaire sur ces questions, y compris en niveau Master. La pédophilie serait, typiquement, un sujet particulièrement peu abordé dans l’enseignement des psychologues.

L’objectif est de permettre à l’ensemble des acteurs qui participent au suivi des auteurs (ou des auteurs potentiels) de "violences sexuelles" de bien identifier ce que recouvre cette expression, et d’être au fait des ressources disponibles pour les aider dans leur mission de prise en charge.

Pour les magistrats, une clarification de certaines subtilités dans la terminologie des condamnations s’imposerait également. En effet, des "obligations de soins" et des "injonctions de soin" sont parfois prononcées de manière indifférenciée, alors que les secondes sont plus spécifiques en termes de suivi et d’évaluation.

  • Des moyens supplémentaires pour que les plaintes aboutissent

En 1998, la loi a instauré un dispositif de prévention des récidives, par une prise en charge "mêlant l’approche sociale et un dispositif de soins". Hélas, le nombre d’auteurs susceptibles de bénéficier de ce dispositif "est très faible". En effet, le nombre de condamnations n’excède guère, pour le viol, le millier par an (1.012 en 2016). Un chiffre dérisoire, alors que certaines enquêtes estiment à 800.000 le nombre annuel de victimes de violences sexuelles sur le territoire, avec un viol commis toutes les sept minutes.

Le rapport note que sept plaintes au parquet sur dix sont classées "sans suite", en raison de l’impossibilité fréquente de caractériser les faits dans les critères retenus par la loi. "Des moyens doivent être trouvés pour encourager les victimes à se faire connaître « utilement », c’est-à-dire que, dans le recueil des faits et les moyens de preuve requis, les plaintes ou les signalements puissent aboutir à ce que les auteurs [des violences] entrent dans le dispositif [de prise en charge]."

la rédaction d'Allodocteurs.fr

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