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Gardasil® : le parquet de Paris classe l’enquête sans suite

Des patientes accusaient le vaccin contre le cancer du col de l'utérus Gardasil® d'avoir engendré des pathologies graves du système nerveux. Le parquet de Paris a conclu qu'il n'existait pas de lien direct entre ce vaccin et l'apparition de ces maladies, et a classé l'enquête sans suite.

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Gardasil® : le parquet de Paris classe l’enquête sans suite
Gardasil® : le parquet de Paris classe l’enquête sans suite

Le Gardasil®, vaccin contre le papillomavirus humain (HPV, qui peut provoquer des lésions précancéreuses au niveau du col de l'utérus), avait fait l'objet d'une plainte en novembre 2013 auprès d’un tribunal Seine-Saint-Denis. Une jeune femme de 18 ans estimait [1] que ce traitement avait provoqué une inflammation de son système nerveux central au cours de son adolescence. Cinquante femmes (atteintes de scléroses en plaques, de lupus, d'encéphalomyélites aigües disséminées ou de myofasciites à macrophages) s'étaient jointes à cette procédure.

Disponible en France depuis novembre 2006, le Gardasil® est indiqué en prévention du cancer du col de l’utérus dû à certaines infections à  papillomavirus humains (HPV). Il protège contre les souches 6, 11, 16 et 18 du HPV.

Le cancer du col de l'utérus est le onzième cancer en termes d'incidence chez la femme en France. Près de 3.000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année dans le pays et le nombre de décès liés à ce cancer est estimé à 1.000 par an.

La stratégie vaccinale déployée dans les pays industrialisés fait toutefois l'objet de nombreuses critiques au sein de la communauté scientifique.

A cette date, les études de suivi du Gardasil® montraient qu'il n'y avait pas plus de cas de maladie du système nerveux chez les adolescentes vaccinées contre le HPV que chez les autres.

Le parquet de Paris a confié les investigations aux gendarmes spécialisés dans les atteintes à l'environnement et à la santé publique (Oclaesp). Il a classé l'enquête le 26 octobre.

"Aucune pathologie n'a été reconnue comme étant en lien de causalité directe avec ce vaccin", a expliqué le 4 novembre à l'AFP une source judiciaire.

L'analyse du parquet fait écho à celle de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Elle avait assuré en septembre que les vaccins contre les infections à papillomavirus (HPV), elles-mêmes principales causes des cancers, n'entraînaient "pas d'augmentation du risque global de survenue de maladies auto-immunes". L'ANSM avait mené une étude avec l'Assurance maladie sur plus de 2 millions d'adolescentes[2].

Les avocats des plaignantes envisagent un recours

"Cette décision vient confirmer que la mise en cause du vaccin Gardasil® était sans fondement", a salué dans un communiqué le groupe Sanofi Pasteur MSD, qui commercialise le vaccin.

"Notre combat n'est pas terminé", a réagi l'avocat de 34 plaignantes, Jean-Christophe Coubris, auprès de l'AFP. Il déposera une plainte avec constitution de partie civile pour obtenir l'ouverture d'une information judiciaire et la désignation de juges d'instruction. Un recours également envisagé par Me Camille Kouchner, avocate de 16 plaignantes, qui juge la décision de classement "fort contestable". "Je regrette que le procureur n'ait pas jugé nécessaire d'ordonner des expertises sur chacune des plaignantes et ne se soit basé que sur des études publiées, notamment la dernière [de l'ANSM]", a-t-il ajouté.

Selon Me Kouchner, le lien entre le vaccin et la plupart des maladies de ses clientes "n'a même pas été analysé par l'ANSM".

 


[1] Sa plainte s’appuyait à une expertise de la Commission régionale de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux d'Aquitaine, qui retenait une imputabilité de la pathologie au processus de vaccination, mais estimait également qu'une vulnérabilité génétique avait pu jouer.

[2] Sur la base de ces travaux, l’ANSM jugeait toutefois "probable" une augmentation du risque de syndrome de Guillain-Barré, mais dans des proportions "limitées compte-tenu de la rareté de la maladie" (1 à 2 cas pour 100.000 filles vaccinées), ce qui selon elle ne remet pas en cause la balance bénéfice-risque. Elle notait que ce risque était déjà identifié dans l’autorisation de mise sur le marché (AMM) du produit.

 

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