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Cellules souches : la médecine de demain ?

Véritables pépites d'or pour les scientifiques, les cellules souches pourraient un jour guérir des maladies aujourd'hui incurables. Leur intérêt : elles peuvent devenir indifféremment des cellules de la peau, du coeur, de la vessie,… presque sur simple demande !

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Cellules souches : la médecine de demain ?
Cellules souches : la médecine de demain ?
Sommaire

Une cellule souche, qu'est-ce que c'est ?

Qu'est-ce qu'une cellule souche ?

Les cellules souches promettent des avancées médicales importantes, elles pourraient un jour guérir des maladies aujourd'hui incurables. Une cellule souche est une cellule capable de se renouveler et de donner naissance à plusieurs types cellulaires. Une capacité à l'origine de la thérapie cellulaire. Le but : utiliser des cellules souches pour réparer les tissus et les organes endommagés dans l'organisme.

Au sein de l'organisme adulte, il existe de nombreux types de cellules souches : peau, foie, muscle, sang… Ce sont des cellules souches adultes. Elles participent au renouvellement des tissus. Dans la moelle osseuse, en se multipliant, les cellules souches adultes donnent naissance à des cellules qui vont se différencier en cellules sanguines, en globules blancs et en plaquettes.

L'avantage des cellules souches adultes, c'est qu'on peut les prélever directement sur le malade, les cultiver et les réinjecter. Il n'y a pas de risque de rejet et ne posent pas de problème sur le plan éthique. En revanche, elles ont une capacité de différenciation limitée. Si on reprend l'exemple de la moelle osseuse, une cellule souche peut se différencier en globules rouges, globules blancs et en plaquettes mais elle ne pourra pas se différencier en cellule cardiaque ou neuronale.

Chez l'embryon, d'autres cellules souches existent. Elles sont dites totipotentes, elles ont une capacité de différenciation illimitée. Elles peuvent aussi bien devenir des cellules du cerveau, des poumons que des cellules du foie. Elles sont en plus, faciles à cultiver et capables de proliférer indéfiniment. Mais leur origine embryonnaire pose un problème éthique. En France, l'Agence de biomédecine peut autoriser, à titre dérogatoire, pour cinq ans, la réalisation de recherches à finalité thérapeutique sur l'embryon.

Une alternative existe, ce sont les cellules souches pluripotentes induites. Les chercheurs prélèvent des cellules adultes et inversent le processus de différenciation. Les cellules subissent une sorte de cure de jouvence, une reprogrammation qui leur permet à nouveau de se multiplier pour donner naissance à n'importe quel type de cellules. Pour le moment, ce type de cellules souches ne peut être utilisé sur des patients. Le système de reprogrammation utilise certains virus qui pour le moment, risquent de déclencher un cancer.

Cellules souches : sésame de la recherche

Vierges. La particularité et l'avantage des cellules souches est qu'elles ne sont pas encore spécialisées. Elles sont comme vierges. Elles ont gardé la capacité à se transformer en différents types de cellules - muscle, peau, cerveau - en fonction de l'environnement dans lequel elles se trouvent, et ce à l'infini.

Leur naissance. Elles apparaissent dans les premiers jours après la fécondation, les cellules embryonnaires entre le cinquième et le huitième jour, et les cellules souches adultes après le huitième jour. L'avantage de ces dernières est qu'elles restent présentes dans le corps tout au long de la vie. Ainsi, on peut les prélever à tout moment dans la moelle osseuse, le muscle ou encore le foie.

Problématique éthique. Les recherches sur les cellules souches embryonnaires sont très encadrées. En effet, certaines personnes considèrent qu'un embryon de quelques cellules est déjà un être vivant qu'on ne doit pas manipuler. Malgré tout, la loi française a autorisé ces recherches jusqu'en 2011.

Soigner à partir de cellules souches : la thérapie cellulaire

Tout l'enjeu pour les chercheurs est de s'assurer que les cellules souches deviendront bien ce qu'on attend d'elles. C'est essentiel si on veut les utiliser en clinique, c'est-à-dire en thérapie cellulaire.

La thérapie cellulaire a commencé avec deux applications : la greffe de peau d'abord. A partir d'un petit prélèvement, il est possible de cultiver les cellules de la peau pour obtenir une surface de plusieurs mètres carrés. Une technique très utile pour soigner les grands brûlés.

L'autre application historique est la greffe de moelle osseuse. Quand on greffe une moelle à un patient atteint d'un cancer du sang par exemple, ce sont les cellules souches présentes dans le greffon qui vont servir à fabriquer de nouveaux globules blancs et rouges.

Bébés-bulles : l'espoir des thérapies géniques

Les cellules souches peuvent aussi venir en aide aux bébés-bulles. Ces enfants nés sans défenses immunitaires vivent dans un environnement stérile pour éviter toute infection.

Un des espoirs pour que ces enfants quittent leur bulle sans danger est la thérapie génique. Lors du dernier essai thérapeutique conduit par le Pr Fischer, la thérapie génique a permis de corriger le déficit de l'immunité chez plusieurs jeunes patients.

La thérapie génique consiste à utiliser des cellules souches du patient pour corriger le gène défectueux en laboratoire. Cette nouvelle version du gène est ensuite insérée dans un virus rendu inoffensif. Lorsque le virus rentre en contact avec une cellule, il transmet le gène ainsi corrigé dans le patrimoine génétique de l'enfant.

Sur les neuf nourrissons traités lors du dernier essai thérapeutique, sept ont aujourd'hui un système immunitaire renforcé. Une victoire pour le Pr. Alain Fischer, le père de la thérapie génique. Même si pour lui, il est trop tôt pour parler de guérison : "Cette thérapie génique a permis de corriger leur déficit immunitaire, donc ils vivent dans de bonnes conditions. On a beaucoup d'espoir que l'effet dure des années… mais il vaut mieux parler de correction stable que de guérison".

Aujourd'hui, 60 enfants dans le monde ont pu sortir de leur bulle grâce à la thérapie génique. Et cette méthode est déjà testée pour soigner d'autres maladies génétiques rares.

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