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Les aidants familiaux aussi ont besoin d'aide

On estime qu'ils sont plus de trois millions à venir en aide à un proche dépendant, malade ou handicapé. Ces personnes sont ce qu'on appelle les aidants familiaux. Quelles sont les solutions pour ne pas arriver à un point de rupture ? Comment s'en sortir au quotidien ?

Rédigé le , mis à jour le

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Les aidants familiaux aussi ont besoin d'aide
Sommaire

S'occuper de ses proches

Vivre avec son conjoint atteint de la maladie d'Alzheimer

Être aidant familial, c'est aussi s'occuper de ses proches qui deviennent dépendants avec l'âge...

Quand il s'agit du conjoint, on ne peut que se demander comment subsiste le couple quand la maladie d'Alzheimer a détruit presque toute communication. Simone et Charles Arnold sont deux jeunes retraités parisiens de 68 et 69 ans qui vivent ensemble depuis 40 ans. On a diagnostiqué la maladie d'Alzheimer à Charles en 2003. Aujourd'hui, il vit toujours à la maison avec sa femme, mais la relation dans le couple a beaucoup changé.

Former les aidants familiaux

Les ateliers ont notamment pour objectif d'améliorer les relations aidants-aidés

Des repas à la toilette en passant par le casse-tête des démarches administratives, les aidants familiaux s'occupent de tout, et souvent arrivent à un épuisement physique et moral.

Devenir aidant familial ne s'improvise pas. Connaître les bons gestes et les bonnes attitudes permet d'éviter cet épuisement. Les associations d'aidants ont compris ce besoin de formation.

Aider les aidants

Explications avec Sophie Sigrist

Un aidant familial est d'un recours précieux pour toutes les personnes immobilisées à court, moyen ou long terme. Mais le rapport aidé-aidant n'est pas simple. L'un ne veut pas être une charge pour son entourage, l'autre n'a que sa bonne volonté et un stress affectif parfois difficile à gérer.

Un soutien psychologique pour les aidants familiaux

De nombreux aidants familiaux vivent une détresse psychologique

Certaines associations de malades, comme l'Association France-Alzheimer, proposent des groupes de parole ou un soutien psychologique pour soulager les aidants familiaux.

Eviter l'épuisement

Ce service fonctionne grâce aux subventions du Conseil général

Les aidants familiaux sont souvent au bord de l'épuisement physique et psychologique. Pour leur permettre de se reposer, une solution encore méconnue se développe dans le Nord-Pas-de-Calais. L'association Interm'aide propose aux aidants de partir se reposer pendant que des aides à domicile veillent nuit et jour sur leur proche malade.

Ce service, en grande partie subventionné par le Conseil général, est facturé 100 euros à l'aidant familial. Cette prestation permet à l'aidant familial de reprendre des forces pour mieux assumer son rôle d'aidant.

Congés, aides financières : quelles solutions pour les aidants ?

Crédit photo : ©Peter Maszlen - Fotolia

En France, plus de la moitié des aidants ont une activité professionnelle. Il leur est donc parfois difficile de concilier travail et disponibilité auprès du malade. Mais des solutions sont possibles.

Quand on travaille, la première question qui se pose est de savoir comment se libérer du temps pour s'occuper de son proche ? Il n'est tout d'abord pas conseillé de jongler avec ses RTT et ses congés, car le repos reste nécessaire et il faut savoir se préserver. Le mieux est de prendre un congé spécifique pour se libérer du temps auprès du malade.

Le congé de proche aidant

Il existe plusieurs types de congés. Tout d'abord, le congé de proche aidant. Ce droit est ouvert à tous les aidants, qu'il s'agisse du conjoint ou d'un ami, peu importe qu'ils aient ou non un lien de parenté avec la personne aidée. Toutefois, le congé de proche aidant est destiné uniquement aux salariés du privé et il est non rémunéré. C'est donc l'équivalent d'un congé sans solde, de trois mois maximum, avec possibilité d'aménager en temps partiel, renouvelable sur un an et l'employeur ne peut vous le refuser. Il vous garantit également le retour à votre poste de travail.

Le congé de solidarité familiale

Le congé de solidarité familiale est destiné davantage aux personnes qui accompagnent un proche en fin de vie. C'est la condition pour y avoir droit. Il peut être pris de façon continue ou à temps partiel sur une durée de trois mois maximum, renouvelable une fois. Pendant ce temps, l'entreprise ne vous paie pas mais vous pouvez recevoir une allocation journalière d'accompagnement. Elle s'élève à 56,10 euros par jour. Il suffit de faire une demande auprès de la Sécurité sociale.

Le congé de présence parentale

Il existe aussi un congé spécifique aux parents qui s'occupent d'un enfant malade. Pour cela, l'enfant doit être âgé de moins de 20 ans, être gravement malade, accidenté ou handicapé. Ce congé se présente sous la forme d'un stock de 310 jours que l'on peut prendre sur une période de trois ans. Il est non rémunéré mais il est possible de bénéficier d'une allocation, dont le montant s'élève à 43,70 euros si on vit en couple, et à environ 51 euros si l'on est parent isolé.

Il est aussi possible de donner ses jours de congés à un collègue qui en a besoin, dont l'enfant est gravement malade. Ce don peut être anonyme et sans contrepartie.

Outre la prise de congés, il y a aussi la question de la rémunération. Le proche aidant est parfois obligé de diminuer ou d'arrêter son activité professionnelle. Il n'existe pas de statut officiel d'aidant donnant droit à une rémunération. Mais plusieurs possibilités peuvent être envisagées. Tout dépend du type d'aides financières, dont bénéficie la personne malade. Il existe deux grandes catégories.

L'aide personnalisée d'autonomie (APA)

Si votre proche bénéficie de l'aide personnalisée d'autonomie (APA), il/elle peut employer une ou plusieurs personnes pour l'aider dans sa vie quotidienne : il peut s'agir d'un petit enfant, d'une soeur... En aucun cas, l'APA ne peut être destinée à rémunérer le conjoint. Le montant est calculé en fonction du degré de dépendance de la personne aidée. En 2019, le salaire brut d'un aidant salarié s'élève à 13,78 euros de l'heure.

La prestation de compensation du handicap (PCH)

L'autre catégorie d'aide est destinée aux adultes en situation de handicap. Dans ce cas, l'aidé touche la prestation compensation handicap (PCH). Cet argent peut servir à payer une tierce personne : une auxiliaire de vie mais aussi un conjoint, un parent, un enfant... L'aidant est alors rémunéré par le biais des chèques Cesu.

Salarier un proche

Si la personne aidée ne bénéficie d'aucune de ces aides financières, elle a toutefois le droit, si elle en a les moyens, de salarier un proche pour s'occuper d'elle. L'aidé devient particulier employeur d'un proche, lui-même salarié.

Dans tous les cas, salarier un proche est une décision qui n'est pas anodine, et qui peut avoir des conséquences sur la qualité des relations entre aidé et aidant. Cette décision doit être prise de façon concertée et éclairée. Si l'aidant le fait par obligation, il risque d'être maltraitant avec son proche.

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