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Vincent Lambert : son neveu dénonce un sadisme médical pour les proches

Les traitements qui maintenaient Vincent Lambert en vie ont été suspendus le 3 juillet. Son neveu, François Lambert supporte mal ces jours d’attente.

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Vincent Lambert : son neveu dénonce un sadisme médical pour les proches
Vincent Lambert : son neveu dénonce un sadisme médical pour les proches

L'issue est proche dans l'affaire Vincent Lambert, mais l’heure n’est pas encore à l’apaisement pour son neuveu François Lambert, favorable à l’arrêt des traitements depuis le début du déchirement familial.

"Sadisme"

"Malheureusement, ce n'est pas une euthanasie, sinon ça irait plus vite, ça serait un petit moins sadique de mon point de vue. Et on donnerait un petit peu plus de droits aux patients", a-t-il expliqué au micro de RTL, alors qu'il s'apprêtait à rendre visite à son oncle. "Pour ne pas être accusé d'une euthanasie, il faut que ça dure le plus longtemps possible, a-t-il déploré, dénonçant une "loi (qui) laisse beaucoup de marge aux médecins et très peu aux patients".

Joint par allodocteurs.fr, François Lambert a expliqué le choix du mot "sadisme". "Il y a un sadisme global vis-à-vis des proches de la part des médecins "léonettistes". C’est un terme que je trouve très approprié. Depuis le début, ils sont persuadés de faire preuve d’humanisme. Et là, on nous montre un corps qui dépérit à petit feu. Un corps dont on sait qu’il va mourir de la sédation." Une situation qu'il trouve douloureuse pour lui et peu respectueuse de son oncle. "Même si le patient ne ressent pas de souffrance, ce n’est pas neutre de faire cela à son corps."

"Paisibilité"

Le Dr Jean-Marie Gomas, président du conseil scientifique de la société de soins palliatifs, réfute complètement l’idée de sadisme. Tout est fait, selon lui, pour favoriser une fin paisible. Pour le patient, mais aussi pour les proches à son chevet. "Le malade sédaté, si la situation est bien conduite, est détendu et n’a pas de mouvements parasites ou de soubresauts. Il y a une paisibilité et un confort, et l’accompagnement peut se faire dans le calme."

Le médecin défend aussi la place qui est donnée au temps dans la fin de vie. "Avant la prise de décision d’arrêt des traitements, les médecins prennent en effet leur temps. Ce temps correspond à de la prudence, et il est dans l’esprit de la loi. Ce temps semble toujours trop long à ceux qui veulent que ça aille vite, et trop court à ceux qui ne veulent pas que les choses se produisent."

"Il y a un mystère de la fin vie"

Impossible de prédire quand le décès de Vincent Lambert interviendra. Après la décision d’arrêt des traitements et l’administration de la sédation profonde et continue, pour éviter toute souffrance, l’équipe médicale accompagne le patient vers la mort. "On accompagne la défaillance des organes... Il y a une sorte de mystère de la fin de vie, admet le Dr Gomas. Des gens survivent longtemps sans boire et sans manger, d'autres meurent très vite. Et on ne sait pas précisément pourquoi. Il y a un déterminisme biologique, une longévité et une résistance des organes qui n’est pas toujours prévisible. "

"Il y a une ambivalence humaine autour de cette temporalité, qui ne peut pas être contrôlée", affirme le médecin, même si il admet que "certains médecin ont la main lourde sur l'administration des sédatifs, ce qui accélère la survenue du décès. Il y a alors une intentionnalité de donner la mort."

 

 

 

 

 

 

 

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