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Narcolepsie et H1N1 : un début d'explication

Une équipe de chercheurs vient d'apporter une explication à la hausse de l'apparition de cas de narcolepsie suite à l’injection du vaccin contre la grippe A (H1N1). Ces travaux ont été publiés le 1er juillet 2015 dans la revue Science Translational Medicine.

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Narcolepsie et H1N1 : un début d'explication
Narcolepsie et H1N1 : un début d'explication

Suite à la campagne de vaccination contre la grippe A (H1N1), des cas de narcolepsie se sont développés chez un petit nombre de personnes ayant reçu une dose du vaccin Pandemrix® (GSK). 4,1 millions de personnes ont été vaccinées en France par ce vaccin.

La narcolepsie est un trouble du sommeil caractérisé par une somnolence excessive au cours de la journée, avec des accès de sommeil incontrôlables. Elle peut s'accompagner de pertes soudaines du tonus musculaire (cataplexie).

Elle est observée en moyenne chez 25 à 50 personnes pour 100.000 personnes dans le monde et chez 20 personnes pour 100.000 en France.

En savoir plus : 

En 2013, une étude publiée dans la revue British Medical Journal (BMJ) avait établi un lien entre le vaccin Pandemrix® et l’augmentation des cas de narcolepsie chez les enfants et les adolescents en Grande-Bretagne.

Le double jeu des anticorps

Dans une nouvelle étude, des chercheurs apportent une explication de ce lien. Partant du constat que la narcolepsie entraîne une perte de neurones de l’hypothalamus, impliqué dans la régulation du sommeil, ils ont cherché un lien entre ces neurones et le virus responsable de la grippe A. Ce lien pouvant être un peptide (un morceau de protéine), présent à la fois à la surface du virus et des neurones de l’hypothalamus.

Ils ont alors fouillé les bases de données scientifiques à la recherche du suspect… et bingo ! Les chercheurs ont trouvé le parfait candidat : un peptide présent à la surface du récepteur de certains neurones de l’hypothalamus était très semblable à celui présent à la surface du virus. Or, ces récepteurs s’occupent justement de transmettre les messages de l’hypocrétine, une molécule qui aide à la régulation des cycles de veille et de sommeil.

Le vaccin, en entraînant la production d’anticorps dirigés contre le virus, aurait donc entrainé la production d’une légion d’anticorps capables de se fixer sur les neurones de l’hypothamus. Ce faisant, ils auraient bouché l’accès à l’hypocrétine, l’empêchant d’exercer son action de régulation du sommeil, ou entraînant même la destruction de ces neurones.

"Des preuves convaincantes"

Pour tester leur hypothèse, les chercheurs ont ajouté en laboratoire du sérum de patients finlandais atteints de narcolepsie et vaccinés avec le Pandemrix® à des cellules présentant ce récepteur à l’hypocrétine. Résultat : les anticorps des patients finlandais se sont liés à ces récepteurs pour 17 échantillons sur 20.

"Les chercheurs ont apporté des preuves convaincantes et fourni une explication plausible de ce qui s’est produit ", a déclaré Pasi Penttinen, à la tête du programme sur l'Influenza au Centre européen de contrôle et de prévention des maladies.

Ces résultats doivent désormais être confirmés par une étude portant sur un plus grand nombre de personnes.

Source : Antibodies to influenza nucleoprotein cross-react with human hypocretin receptor 2. Syed Sohail Ahmed. Science Translational Medicine. Juillet 2015. doi : 10.1126/scitranslmed.aab2354

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