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BPCO, la bronchite du fumeur

La broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) est une grave maladie pulmonaire qui touche 3,5 millions de Français (surtout fumeurs) et en tue 17.000 chaque année (sixième cause de mortalité en France). Elle serait en passe de devenir la troisième cause de mortalité dans le monde, selon les projections de l'Association française BPCO.

Rédigé le , mis à jour le

BPCO, la bronchite du fumeur
Dossier créé le 12 septembre 2008 ; dernière mise à jour le 16 novembre 2016
Sommaire

Qu'est-ce que la BPCO ?

Marina Carrère d'Encausse et Régis Boxelé expliquent la BPCO

La BPCO, ou broncho-pneumopathie chronique obstructive, a longtemps été surnommée, à raison, "l'inconnue meurtrière". La BPCO sera en 2020 la troisième cause de mortalité en France. Et pourtant, très peu de monde connaît cette maladie, généralement confondue avec une simple bronchite. Il faut dire que les premiers symptômes de la BPCO - une toux et des crachats matinaux- sont souvent banalisés. En particulier par les fumeurs, qui pensent à un effet normal de leur consommation de tabac. Ils sont pourtant, et de loin, les premiers touchés par la maladie.

Quand on inspire, l'air riche en oxygène entre par les voies respiratoires supérieures. Il chemine ensuite dans la trachée qui parcourt la partie centrale du cou, descend dans la cavité thoracique et se divise en deux bronches. Ces deux bronches amènent l'air dans leur poumon respectif. Chacune de ces bronches se ramifie pour donner des bronchioles : de toutes petites terminaisons qui se prolongent jusqu'aux alvéoles pulmonaires.

Les alvéoles pulmonaires sont des minuscules et fragiles vésicules, en grappes, entourées par un réseau de capillaires sanguins. Chaque poumon en contient des milliers. Elles assurent, à leur surface, les échanges gazeux entre l'air et le sang. L'oxygène de l'air inspiré passe dans le sang, et le sang, lui, se "débarrasse" du dioxyde de carbone dans les alvéoles, qui sera évacué à l'expiration.

En cas de BPCO, les voies respiratoires inférieures sont enflammées. Les bronchioles se mettent à sécréter trop de mucus, leur paroi s'épaissit : leur diamètre est réduit. L'air entre dans les alvéoles mais il a du mal à sortir. Le tissu autour des bronchioles perd aussi en élasticité et plusieurs des membranes qui séparent les alvéoles sont détruites (c'est ce qu'on appelle un emphysème). C'est la raison pour laquelle les personnes souffrant d'une BPCO sont à bout de souffle.

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BPCO : causes et diagnostic

Pour poser le diagnostic de BPCO et suivre au mieux les patients, l'examen de référence est la spirométrie

Comme son nom l'indique, la broncho-pneumopathie chronique obstructive touche les bronches pulmonaires. Tout commence avec leur agression par des substances toxiques, en premier lieu le tabac, qui représente de 80% à 90% de l'ensemble des cas de BPCO. Le tabagisme passif dans l'enfance joue aussi un rôle : une exposition enfant et foetus dans le ventre de la mère augmente le risque de développer une BPCO à l'âge adulte. 

Le tabac reste la principale cause de BPCO.

Dans 10 à 20% des cas, les BPCO sont d'origine professionnelle. Elles sont notamment causées par des poussières de ciment ou de silice, ou des vapeurs de solvants. "L'exposition au fer, aux métaux ferreux, est aussi associée à la BPCO", soulignait en janvier 2016 le pneumologue Gilles Jebrak dans notre émission. En dehors du fer, "le charbon et d'autres [substances, notamment utilisées] en milieu agricole, peuvent être à l'origine de la BPCO. Il y a des tableaux de reconnaissance de pathologies agricoles (pesticides, produits toxiques inhalés...). Certains éléments utilisés pour nourrir le bétail sont aussi toxiques." "L'association du tabac et d'une exposition professionnelle (la BPCO est d'ailleurs parfois reconnue comme pathologie professionnelle) peut expliquer l'apparition d'une BPCO avec un tabagisme relativement modéré".

Certains facteurs, autres que le tabac, sont également bien connus des pneumologues : un asthme ou des infections respiratoires durant l'enfance, un petit poids de naissance ou un retard de croissance dans le ventre de la maman. L'obésité de la mère et une prise de poids excessive et précoce enfant pourraient augmenter le risque. Enfin, la pollution athmosphérique et un tabagisme dès l'adolescence sont des facteurs qui aggravent la BPCO.

Au total, la BPCO est la deuxième maladie respiratoire après l'asthme en France.

L'inconnue meurtrière

Longtemps surnommée "l'inconnue meurtrière", la broncho-pneumopathie chronique obstructive constituera en en 2020 la troisième cause de mortalité en France et dans le monde.

La BPCO est mal connue du grand public, qui pense la confond, à tort, à une simple bronchite. Selon un sondage OpinionWay de 2013 réalisé pour la Fondation du Souffle, seuls 11% des Français connaissent l'existence de cette maladie, ce qui contribue hélas à un retard diagnostique et une prise en charge tardive, lorsque la maladie s'est déjà développée.

S'il est difficile de la détecter précocement, il est tout de même possible de la dépister facilement grâce à un spiromètre, qui mesure le souffle du malade.

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BPCO : les ateliers thérapeutiques

Chaque semaine, des personnes souffrant de BPCO se retrouvent lors d'ateliers thérapeutiques

Pour apprendre à mieux gérer et connaître la maladie, des ateliers thérapeutiques sont proposés aux patients. Ensemble ils échangent sur leurs expériences de la maladie. L'objectif des ateliers est de redonner confiance à ces malades dans la gestion de leur maladie au quotidien, de leur donner des clés pour faire face quand ils ne vont pas bien...

Tester de nouvelles techniques, parler, échanger, rire... tout cela participe à améliorer la santé mais aussi le moral des malades. Un moral souvent mis à mal, puisqu'un patient sur trois souffre en effet de troubles dépressifs.

Un mal handicapant

À la longue, le poumon est atteint. La BPCO évolue alors vers une insuffisance respiratoire. Il n'y a plus assez d'oxygène dans le sang pour nourrir les organes, notamment le cerveau et le coeur.

Arrivés à ce stade de la maladie, 60% des malades sont reliés à un appareil pour respirer de l'oxygène 15 heures par jour. On appelle ça l'oxygénothérapie ou ventilation assistée.

BPCO : la prise en charge et le sport

L'importance du sport dans la prise en charge de la BPCO

La prise en charge consiste en l'arrêt du tabac ou de l'exposition aux substances responsables de la BPCO. Un médicament inhalés qui vont augmenter le diamètre des bronches (bronchodilatateurs) est prescrit lorsque les difficultés respiratoires sont gênantes ou en présence d'épisodes de bronchite fréquents. S'il n'est pas suffisant, il peut être associé à un autre bronchodilatateur et/ou à un corticoïde ("cortisone" par voie inhalée), qui diminuera l'inflammation des bronches. La vaccination contre la grippe et le pneumocoque est recommandée. 

Le sport, un traitement à part entière

Faire du sport quand on souffre de BPCO peut sembler impossible pour beaucoup. Et pourtant une activité sportive est bénéfique pour le bien-être des patients. C'est ce qu'ont montré plusieurs études : l'exercice régulier augmente la tolérance à l'effort, la qualité de vie ; il diminue l'essoufflement, les exacerbations de la maladie, le nombre et la durée des hospitalisations. Dans les formes légères, 30 à 45 minutes de marche par jour sont suffisantes. Dans les formes plus sévères, la réhabilitation respiratoire (voir paragraphe suivant) est indiquée, avec un réentraînement à l'effort. Elle est pratiquée dans les hôpitaux, les centres spécialisés, les réseaux de soins.

À Tours, l'association "L'espace du souffle" organise des cours de sport adaptés aux malades. Lors de ces cours de sport adaptés, les malades travaillent leur respiration associée à des mouvements corporels. Cela leur permet de bien prendre conscience de leur corps, de la respiration ventrale et de l'essoufflement.

Chaque posture a son importance. Elle permet au malade de renforcer leurs muscles, de retrouver leur équilibre et de travailler leur souffle. L'autre objectif des cours de sport est de redonner de l'autonomie aux patients. Si le bénéfice physique pour les patients est évident, l'impact psychologique du sport est aussi très important.

S'entraîner à respirer

Pour accompagner au quotidien les patients atteints de BPCO, certains hôpitaux proposent des séjours de réhabilitation respiratoire

Si des solutions thérapeutiques existent, le traitement le plus souvent recommandé consiste à suivre un programme de réadaptation à l'effort pour permettre de retrouver un peu d'aisance et un minimum d'activité. Il est également indispensable d'arrêter la consommation de cigarettes pour espérer retrouver ses capacités pulmonaires.

Cette réhabilitation respiratoire permet de retarder l'évolution de la pathologie, en redonnant au patient, souvent devenu sédentaire, le goût de l'activité physique, et en améliorant ainsi son souffle.

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BPCO : les femmes aussi sont concernées

La BPCO concerne autant les femmes que les hommes

Contrairement aux idées reçues, la BPCO ne touche pas que les hommes puisque un malade sur deux est une femme. Mais on le sait peu, et le diagnostic comme la prise en charge sont souvent retardés. Véronique, 47 ans, est dans ce cas.