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Mysimba® : le nouveau médicament coupe-faim qui inquiète la France

Un médicament anti-obésité, produit par le laboratoire américain Orexigen Therapeutics, a reçu le feu vert de l'Agence européenne du médicament (EMA) en décembre dernier. Une décision qui fait polémique en France.

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Mysimba® : le nouveau médicament coupe-faim qui inquiète la France

Le Mysimba® est la combinaison de deux principes actifs. La naltrexone, déjà utilisée pour traiter la dépendance à l'alcool et aux opiacés, et le bupropion, prescrit comme antidépresseur et pour le sevrage tabagique. Ces molécules permettent de diminuer l'envie de nourriture et d'augmenter la dépense calorique. Si en plus le patient a de bonnes pratiques alimentaires, il peut espérer perdre 5 à 10% de son poids en un an.

Après plusieurs années d'hésitation liée à la crainte d'éventuels risques cardiaques, l'agence américaine Food and Drug Administration (FDA) a finalement approuvé le médicament en septembre. L'Agence européenne du médicament (EMA) a quant à elle donné son feu vert le 19 décembre 2014. Dans son communiqué, elle précise tout de même que le Mysimba® ne sera disponible que sur prescription et qu'il est réservé à des adultes obèses ou en surpoids dès lors qu'ils ont un ou plusieurs autres facteurs de risques comme de l'hypertension ou un taux élevé de cholestérol. L'agence reconnaît que "des incertitudes subsistent en ce qui concerne les résultats cardiovasculaires à long terme".

Echaudée par le scandale du Mediator, le médicament des laboratoires Servier utilisé comme coupe-faim qui s'est révélé très dangereux, l'Agence française du médicament (Ansm) a émis des réserves face à la décision de l'EMA. "La France a voté contre cet avis estimant que la sécurité du produit n'était pas suffisamment établie", indique l'Ansm dans un communiqué.

La revue indépendante française Prescrire a réagi à l'annonce de l'EMA en déplorant "une recommandation inacceptable qui doit être rejetée" portant sur un médicament contenant du bupropion, une molécule proche des amphétamines.

Le feu vert de l'EMA doit désormais être formellement approuvé par la Commission européenne avant une commercialisation effective dans chaque Etat membre.

Depuis plus de 60 ans, les traitements anti-obésité mis sur le marché ont tous été retirés à cause de leurs effets secondaires.