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Une enquête française dans les centres de dépistage rapide du VIH

Alors que près de 7.000 personnes découvrent leur séropositivité chaque année, l'étude Flash Test est allée enquêter au cœur des centres de dépistage rapide du VIH et dresse un portrait du public touché.

Rédigé le , mis à jour le

Une enquête française dans les centres de dépistage rapide du VIH
Une enquête française dans les centres de dépistage rapide du VIH

Lancés en 2010, les centres de dépistage rapide du VIH ont largement contribué à l'augmentation du nombre de tests ces dernières années (+7% entre 2011 et 2013). L'étude "Flash Test 2013" menée par l'Institut national de Veille sanitaire (InVs) est allée enquêter dans ces structures, lieu d'accueil et d'écoute. Pendant une semaine, sur les quatre régions françaises les plus touchées (Ile-de-France, PACA, Rhône-Alpes et Guyane), 8.713 personnes ont été questionnées sur leurs modes de vie.

Le dépistage rapide en pratique

Une goutte de sang recueillie au bout du doigt et 30 minutes plus tard le résultats sont là. Le test de dépistage rapide peut être fait à partir de trois mois après une relation sexuelle à risque. Il est gratuit et effectué dans des locaux associatifs, sur des lieux de vie et de rencontre, en cabinet médical ou encore en centre de dépistage anonyme et gratuit.

En savoir plus : Sida Info Service 

Le dépistage rapide cible les populations à risque

Premier constat : les personnes dites "à risque" sont les plus présentes dans ces centres. Homosexuels masculins, personnes d'origines étrangères et usagers de drogues injectables principalement. Loin des clichés, ces personnes sont pleinement conscientes d'être potentiellement en danger puisque deux tiers d'entre elles déclarent avoir déjà fait un dépistage. Un chiffre qui monte à 80% pour les hommes ayant eu des rapports homosexuels.

Parmi les 8.713 personnes testées, 48 ont découvert leur séropositivité au cours de la semaine d'enquête, soit 5,5 pour 1.000. Un taux deux fois plus élevé que dans les laboratoires classiques... Le test de dépistage rapide attire davantage, puisqu'il est souvent réalisé hors cadre médical, par des associations par exemple. Plus étonnant : 64% des personnes qui ont découvert leur séropositivité pendant cette semaine se faisaient régulièrement dépister… Les tests, aussi importants soient-ils, ne remplacent donc pas la prévention active (port de préservatif, matériel d'injection de drogue stérile, …)

Le dépistage généralisé peut-il être efficace ?

Le succès du dépistage rapide reste contrasté puisque le nombre de personnes ignorant leur séropositivité est stable : 30% des séropositifs s'ignorent, rappelle l'InVs. Et la découverte est de plus en plus tardive, 43 ans en moyenne selon l'étude. "Les nouvelles recommandations préconisent de proposer un test de dépistage à l'ensemble de la population âgée de 15 à 70 ans, hors notion d'exposition à un risque de contamination ou caractéristique particulière", explique la Haute Autorité de Santé (HAS) sur son site. D'où la notion de "dépistage généralisé", souhaitée par les autorités de santé.

En ligne de mire : les médecins généralistes, clés de voute de l'orientation vers un centre de dépistage. Pourtant, selon l'HAS, ils sont encore trop peu à le prescrire massivement. Selon le Flash Test, seuls 12% des personnes avaient été orientées vers le dépistage rapide grâce à un professionnel de santé, contre 20% grâce à des associations. Selon le BEH, la solution résiderait certainement dans un dépistage ciblant chaque communauté. Une méthode mise en place depuis plus de 4 ans par l'association Aides. 

Source : Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire de l'Institut National de Veille Sanitaire, rapport de l'expérimentation Flash Test 2013 (24 novembre 2014)

En savoir plus sur le dépistage du VIH :