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Quels sont les organes cibles du coronavirus?

Poumons, nez, reins, cœur, testicules… les cellules de nombreux organes et tissus du corps humain possèdent des récepteurs qui facilitent la fixation et l’infiltration du coronavirus.

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Quels sont les organes cibles du coronavirus?
Image d'illustration. Crédits Photo : © Shutterstock / Marko Aliaksandr

Le coronavirus touche le nez, les poumons… mais pas seulement. De nombreux organes sont de potentielles cibles du SARS-CoV-2, selon des chercheurs du Centre allemand pour les maladies neurodégénératives (DZNE) et de l’université américaine Cornell. Ils publient leurs résultats dans la revue scientifique Cell Reports le 3 septembre 2020.

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Récepteurs cellulaires et protéines à la loupe

Pour réaliser cette étude, les chercheurs spécialisées en biologie moléculaire, génétique et biotechnologie ont traqué les facteurs cellulaires qui pouvaient jouer un rôle dans l’infection au coronavirus.
Ils se sont principalement appuyés sur 28 gènes qui contiennent l’information nécessaire à la fabrication de trois types de facteurs :

  • des récepteurs présents à la surface des cellules (ou récepteurs cellulaires) qui permettent au virus de s’y accrocher et d’y pénétrer, comme le célèbre récepteur ACE2 ;
  • des protéines présentes dans les cellules, dont le virus a besoin pour se multiplier ;
  • des protéines qui, au contraire, bloquent la pénétration du virus dans les cellules.

Un "champ de bataille" dans le nez

Une fois ces 28 gènes identifiés, ils ont étudié leur activité dans environ 400.000 cellules humaines provenant de différents types de tissus : muqueuse nasale, poumons, intestin, cerveau, organes reproducteurs masculins et féminins ou encore placenta. Leurs résultats fournissent une carte des facteurs potentiellement liés à la maladie dans l’ensemble du corps humain.

Première zone sensible, que les chercheurs qualifient de "champ de bataille" : la muqueuse nasale, où les cellules présentent à la fois des facteurs qui facilitent l’infection (comme le récepteur ACE2) et d’autres qui inhibent l’entrée du virus. "Il semble donc que le contact du virus avec la muqueuse nasale entraîne une lutte à la corde. La question est alors de savoir qui sera le vainqueur" commente le docteur Vikas Bansal, co-auteur de l’étude, dans un communiqué du DZNE.

Fait intéressant, "le niveau d'expression des facteurs d'entrée dans le tissu nasal humain se modifie avec l'âge" précise-t-il par ailleurs. "Cela pourrait être une raison pour laquelle les personnes âgées sont plus susceptibles d'être infectées par le CoV-2 du SRAS", interprète le chercheur.

De multiples portes d’entrée

Mais le virus ne se limite pas aux voies respiratoires supérieures. Selon les chercheurs, les intestins, les reins, les testicules et le placenta sont des zones sensibles potentielles car ces organes possèdent à la fois des récepteurs cellulaires et des protéines qui facilitent l’entrée du virus dans les cellules.
Des récepteurs cellulaires facilitants l’entrée du SARS-CoV-2 sont aussi observés dans les poumons, le cœur, et le système nerveux central à savoir le cerveau et la moelle épinière.


Représentation des différents organes cibles du SARS-CoV-2 et des cellules spécifiques à chaque organe portant des récepteurs facilitant le passage du virus. Schéma inspiré de la figure présentée par Singh et al. 2020. https://doi.org/10.1016/j.celrep.2020.108175.

Vers de nouveaux traitements ?

L’objectif, derrière cette étude ? Identifier les potentiels facteurs facilitants l’infection pour imaginer des traitements efficaces contre le covid. "Même si le virus infecte d'abord le système respiratoire, il est essentiel de pouvoir prédire où il pourrait aller ensuite. Cela permet de développer des thérapies", explique le docteur Vikas Bansal. Prochaine étape, donc, pour les scientifiques : s’inspirer de ces résultats pour imaginer de nouvelles manières de bloquer l’entrée du coronavirus dans les cellules.

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