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L’obésité, un facteur de risque confirmé dans les formes graves de Covid-19

Une étude française montre qu’il existe un lien entre l’obésité et des formes sévères du Covid-19. Les personnes obèses infectées par le coronavirus auraient plus de risque d’être hospitalisées voire d’être admises en réanimation.

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L’obésité, un facteur de risque confirmé dans les formes graves de Covid-19
Image d'illustration. Crédits Photo : © Shutterstock / Aleona

L’obésité joue-t-elle un rôle dans la survenue de formes sévères du Covid-19 ? A priori oui, selon des chercheurs des Hospices Civils de Lyon et du CHU de Lille qui publient une nouvelle étude dans la revue The Lancet Diabetes and Endocrinology. Selon eux, l’obésité, définie comme un indice de masse corporelle (IMC) supérieur ou égal à 30, est un "facteur de risque d’évolution défavorable" de la maladie.

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25% des patients Covid hospitalisés sont obèses

Tout est parti d’un constat : dans les services d’hospitalisation et de réanimation du Covid-19, les médecins ont compté un nombre important de patients souffrant d’obésité.

Pour expliquer cette observation, les chercheurs ont collecté les données de 340 patients hospitalisés au CHU de Lyon pour une forme sévère et confirmée du Covid-19. Ils les ont comparés à la population générale française et aux données de 1.210 patients non-Covid admis en réanimation au CHU de Lyon entre 2007 et 2019.
Résultat : sur les 340 personnes hospitalisées au CHU, 85 (soit 25%) présentaient une obésité. Soit 35% de plus que la population générale, qui compte 15% d’obèses en France. Pire, dans les services de réanimation, les médecins comptent 35% d’obèses. Dans ces unités, "les sujets souffrant d’obésité sont deux fois plus nombreux que dans la population générale" observent les auteurs de l’étude.

Ces chiffres confirment les données d’une autre cohorte de 124 patients hospitalisés au CHU de Lille, analysées une seconde fois et incluse dans cette nouvelle étude.

Un risque accru d’admission en réanimation

"Cette étude rapporte une association significative entre la prévalence de l’obésité et les formes sévères du Covid-19, y compris les formes critiques, et suggère que l’obésité pourrait être un facteur de risque d’évolution défavorable de la maladie, augmentant le risque d’admission en réanimation", concluent les médecins dans leur publication.

Mais attention, pour le moment, cette étude comporte encore des zones d’ombre. Tout d’abord, ces recherches n’ont pas encore permis d’évaluer d’autres facteurs possibles comme la charge virale, les données biologiques des patients, ou d’autres maladies liées à l’obésité. Autre limite pointée par les auteurs de l’étude eux-mêmes : certains des patients inclus dans cette étude sont toujours hospitalisés, dans un état qui n’est pas encore stabilisé et pourraient donc prochainement devoir être admis en réanimation.

Renforcer la prévention et l’accès au soin des obèses

Des études sur un plus grand nombre de patients, incluant la durée d’hospitalisation et la mortalité, sont donc "nécessaires pour confirmer que l'obésité est un facteur de risque de COVID-19 grave".

Quoi qu’il en soit, si les personnes obèses sont plus exposées aux formes graves de la maladie, les chercheurs appellent à un renforcement des "mesures de prévention à leur intention", voire à une priorisation de "l’accès au soin, à la vaccination et aux futurs traitements pour ces patients".

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