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Les enfants produisent davantage d’anticorps contre le covid, selon une nouvelle étude

Les enfants de moins de 10 ans fabriquent plus d’anticorps anti-covid que les adolescents et les adultes, selon une importante étude. Ce résultat expliquerait pourquoi les enfants porteurs du coronavirus développent peu de symptômes.

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Les enfants produisent davantage d’anticorps contre le covid, selon une nouvelle étude
Image d'illustration. Crédits Photo : © Shutterstock / ShineTerra

Davantage d’anticorps anti-covid chez les enfants que chez les adultes. C’est le résultat d’une étude publiée le 22 mars dans la revue scientifique JAMA. Selon les chercheurs de l’université de Cornell à New York (États-Unis) qui signent ces travaux, les enfants âgés de moins de dix ans ont des taux d’anticorps plus élevés que les adultes et que les adolescents après une infection au coronavirus.

Un constat qui pourrait en partie expliquer pourquoi les enfants sont moins touchés par les formes symptomatiques du covid-19.

31.426 tests sérologiques analysés

Car les anticorps sont des molécules du système immunitaire naturellement produits par l’organisme quand il rencontre un virus. Ces anticorps spécifiques à ce virus permettent de le reconnaître et de le détruire.

Dans cette étude, les chercheurs ont analysé 31.426 tests sérologiques. Ces tests, qui mesurent la présence d'anticorps dans le sang, ont été réalisés à New York entre le 9 avril et le 31 août 2020 sur 1.194 enfants et adolescents et 30.232 adultes. Ils se sont concentrés sur les tests positifs indiquant donc une infection passée au covid-19.

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Plus d’anticorps avant 10 ans

Selon leurs résultats, les enfants âgés de un à 10 ans ont développé un niveau médian d'anticorps IgG (pour immunoglobulines G, la classe d'anticorps la plus présente dans le sang), "significativement plus élevé" que chez les adultes.

Par ailleurs, les niveaux d'anticorps IgG les plus bas ont été observés chez les jeunes adultes de 19 à 30 ans, avant de remonter avec l'âge, pour des raisons "qui restent peu claires", selon les auteurs.

Deux fois moins chez les ados

Des analyses plus poussées ont été réalisées sur un nombre restreint de tests sanguins : 126 échantillons prélevés chez des enfants, adolescents et jeunes adultes. L’objectif de ces analyses était de mieux comparer la réponse immunitaire entre ces populations.

Résultat : le niveau médian d'anticorps IgG s'est révélé deux fois plus élevé chez les enfants entre un an et 10 ans que chez les adolescents (11 à 18 ans). Et eux-mêmes présentaient un niveau deux fois plus élevé que les jeunes adultes (19 à 24 ans). Autrement dit, le niveau d’anticorps diminuait avec l’âge.

Plus d’anticorps donc moins de cas sévères

"Nos résultats suggèrent que les différences dans les manifestations cliniques du covid-19 chez les patients pédiatriques (les enfants, ndlr) comparées à celles des patients adultes, pourraient en partie être dues à une réponse immunitaire liée à l'âge", écrivent les auteurs.

"Nos données pourraient expliquer en partie le niveau globalement plus bas de symptômes et de cas sévères de la maladie chez les enfants infectés", ajoutent-ils. Car plus il y a d’anticorps, plus la réponse immunitaire est forte et donc plus le virus est efficacement combattu.

Fermer les écoles ?

Autre point à noter : la proportion de tests sérologiques positifs était similaire chez les enfants, les adolescents et les adultes. Cela suggère que les enfants, même s'ils en tombent moins malades, "pourraient représenter un réservoir important de transmission" du covid-19, notent les auteurs.

Ce qui interroge à nouveau sur la nécessité de fermer les écoles dans les zones où le virus circule le plus. Pour le professeur Arnaud Fontanet, épidémiologiste et membre du Conseil scientifique, "maintenir les établissements ouverts revient à prendre un risque" car "si l’immense majorité des enfants ne fait pas de complications cliniques, ils exposent leurs proches ayant des comorbidités ou leurs grands-parents", explique-t-il le 21 mars dans le Journal du Dimanche. Autrement dit, "l’école est le talon d’Achille assumé du dispositif actuel", résume le spécialiste.

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