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L’Ecosse fixe un prix minimum pour l’alcool, et les résultats sont encourageants

Depuis l’entrée en vigueur de la mesure en 2018, les Ecossais achètent en moyenne 1,2 unité d’alcool de moins par semaine.

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L’Ecosse fixe un prix minimum pour l’alcool, et les résultats sont encourageants
© Visual Hunt

Les addictologues le répètent depuis des années : selon eux, la seule mesure qui peut fonctionner en matière de lutte contre l’alcoolisme, c’est l’encadrement des prix. L’Ecosse a donc décidé, en 2018, de fixer un prix minimum à l’unité d’alcool. Aujourd’hui, une unité coûte 50 centimes de livres (environ 60 centimes d’euros). Des chercheurs de l’Université d’Edimbourg ont mesuré l’impact de cette nouvelle réglementation, en étudiant la consommation des Ecossais entre 2015 et 2018. Leurs résultats sont parus dans le BMJ le 25 septembre.

Une baisse de 7,6%

Les auteurs de l’article ont compté le nombre d’unités achetées en magasin, par semaine, pour près de 5.000 Ecossais. Celui-ci a chuté de 7,6%. En moyenne, les Ecossais achètent désormais 1,2 unité par semaine de moins qu’avant 2018, l’équivalent d’une demie pinte de bière. C’est deux fois plus que ce à quoi les chercheurs s’attendaient. Cette baisse est encore plus impressionnante chez les gros buveurs : désormais, ils achètent deux unités de moins par semaine. Les plus fortes baisses se voyaient dans la consommation de bière, de spiritueux et de cidre.

Avant cette réglementation, les Ecossais achetaient en moyenne plus de 14 unités par semaine, la limite recommandée. L’étude a étudié les habitudes de 5.000 foyers écossais et de 60.000 foyers anglais entre 2015 et 2018. En Angleterre, où il n’existe pas de prix minimum, la consommation d’alcool a légèrement augmenté.

Cependant, les chercheurs notent que leur étude exclut la consommation dans les pubs, dans les bars et dans les restaurants, où environ un quart du volume de boissons est acheté. L’équipe précise par ailleurs qu’en l’absence de données pour l’année 2019, il est impossible de savoir si cette baisse s’est maintenue. "Peut-être qu’elle est moins importante, mais je pense que nos résultats sont suffisamment clairs pour montrer que fixer un prix minimum est efficace et devrait être appliqué au reste du Royaume-Uni" conclut le Pr Peter Anderson, qui a mené l’étude.

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