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Confinement : comment bien gérer sa consommation d'alcool ?

Avec les Skypéros ou les "apéros vidéos", la consommation d'alcool risque d'augmenter durant le confinement. Quels sont les repères à ne pas dépasser et comment gérer sa consommation ? Quels recours thérapeutiques lorsque l'on est alcoolique ?

Rédigé le , mis à jour le

Confinement : comment bien gérer sa consommation d'alcool ?
Crédits Photo : © Pixabay / nastogadka

Le confinement, l'inquiétude liée à la pandémie, le climat anxiogène sont des facteurs favorisant l'absorption d'alcool. "L'alcool est un euphorisant et un anxiolytique, il ne faut pas l'oublier, estime le Dr Bernard Basset, président de l'ANPAA. Certaines personnes peuvent être en difficulté et peuvent trouver facile de se réfugier dans l'alcool, ça peut être une tendance. Il y a une incitation à tromper l'ennui pour ceux qui ont du mal à s'adapter et les personnes désœuvrées peuvent augmenter leur consommation."

Le confinement peut aussi freiner la consommation d'alcool

Mais l'addictologue se veut modéré et estime que ce n'est qu'une tendance et que ce contexte peut jouer dans les deux sens : "Beaucoup de gens travaillent encore, les soignants, ceux qui approvisionnent et distribuent, les caissières,... ne sont pas dans le confinement. D'autres télétravaillent et ont besoin d'une concentration identique à celle en temps ordinaire. Et il y a moins d'accès aux boissons alcoolisées. Il faut faire ses courses dans des conditions plus compliquées, on doit faire des priorités dans ses achats et ça peut limiter les achats de boissons alcoolisées."

Selon le médecin, d'un côté les gens dépendants vont maintenir leur niveau de consommation, car ils ne peuvent pas l'arrêter brutalement devant les risques de sevrage. De l'autre, ceux qui travaillent ou télétravaillent ne sont pas incités à modifier leurs habitudes.

Comment gérer sa consommation d'alcool ?

Si les apéros vidéos se multiplient, certains repères sont importants à rappeler : " il faut déjà évaluer sa consommation, en prendre conscience et la comparer aux repères : au maximum 10 verres par semaine, 2 par jour et pas tous les jours et faire attention qu'elle ne s'en écarte pas", rappelle le président de l'ANPAA. 

De plus, le verre d'alcool peut tout à fait être échangé contre un jus de fruit ou d'eau : "on peut faire des rdv vidéo sans pour autant boire de l'alcool ! confirme le Dr Basset. Ce qui compte c'est de maintenir le lien social et la convivialité, même dans des conditions particulières. On prend tous des nouvelles de nos proches, de nos amis, et ces témoignages d'affection n'ont pas besoin de la consommation d'alcool pour être exprimés ou reçus !"

Quelles aides pour les personnes alcooliques ?

Les personnes dépendantes à l'alcool peuvent se retrouver en difficulté en cette période. Différentes aides sont toujours possibles : "Il y a des mouvements d'entraide, comme Alcool assistance, Alcooliques anonymes, Les amis de la santé, énumère le Dr Basset. Toutes ces associations maintiennent des liens et leur activité à distance. En ce moment, c'est très important d'échanger à la fois avec des soignants et avec des groupes d'entraide et de soutien pour passer cette période difficile...."

Les téléconsultations avec un professionnel de santé sont également maintenues sur le territoire ."L'association nationale de prévention en alcoologie et en addictologie s'est organisée immédiatement pour répondre aux besoins, estime le président de l'association. Nous arrivons à assumer 85% des consultations habituelles, par téléphone ou vidéo. Nous maintenons le lien avec les personnes en difficultés qui nous faisaient confiance auparavant."

Les proches sont également mis à rudes épreuve et peuvent trouver des conseils et une aide précieuse sur les sites cités plus haut ou encore Alcool info service. Consulter un professionnel de santé, par téléconsultation, peut aider à passer un cap douloureux.

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